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Oscar Temaru : “S’il y avait un État de droit, il n’y aurait pas eu les essais nucléaires chez nous”

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Publié le 24/03/2019 à 11:21 - Mise à jour le 24/03/2019 à 11:21
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Le Tavini Huiraatira était en séminaire le week-end dernier pour préparer son congrès qui aura lieu le 15 juin à Faa’a. L’occasion de faire un bilan des 42 ans du Parti indépendantiste, ses forces et faiblesses avant les prochaines échéances électorales. Une centaine d’élus et de cadres du parti bleu ciel, ont échangé sur la ligne politique et l’avenir du Parti. Oscar Temaru, le président du Tavini Huiraatira, était notre invité dimanche soir.

Quelle synthèse dressez-vous, de ce séminaire ?
“Il y a eu plusieurs ateliers : l’un sur le choix de société, sur ce que nous vivons aujourd’hui et ce que nous souhaitons pour l’avenir de notre pays, sur l’organisation du parti, sur les moyens du parti, sur la communication du parti… Un document va être imprimé et distribué à tous.”

L’État de droit et la souveraineté, c’est le combat fondamental du Tavini Huiraatira depuis 1977, mais la population et le gouvernement n’en veulent pas si on s’en réfère aux élections. Pourquoi selon vous ?
“C’est pas que les gens n’en veulent pas. On nous laisse pas assez le temps pour expliquer à la population. Quand vous prenez par exemple un pays comme la Chine, qui était l’un des pays les plus pauvres, et qui est aujourd’hui avec le rule of law (…) Tout le monde sait ce qui se passe dans le pays. Alors que dans notre pays, les décisions sont prises à 20 000 kilomètres d’ici. Il faut que les gens comprennent ça. Si on veut que tout le monde ait du travail, si nous voulons vivre dans une société prospère, si nous voulons mettre en place l’économie durable, il faut que nous ayons ce qu’on appelle un État de droit. Cela n’existe pas dans notre pays. S’il y avait un État de droit, il n’y aurait pas eu les essais nucléaires chez nous. On fait des manifestations et tout contre les essais, mais on oublie qu’il n’y a pas l’État de droit dans ce pays.”

Le combat contre le nucléaire était aussi le cheval de bataille de Roland Oldham, décédé il y a quelques jours. Au-delà d’avoir été l’un de ses collaborateurs, vous étiez aussi de vrais amis…
“Oui bien sûr, nous avons créé ensemble Moruroa e tatau, mais je ne savais pas qu’il était atteint de cette maladie. Si j’avais su, je lui aurai conseillé de quitter l’association, et qu’elle trouve un autre président. Parce que tout ça c’est le combat qu’il a mené, c’est le stress… (…) Je lui aurai proposé carrément de changer de mode de vie et d’alimentation. Il aurait pu s’en sortir parce que je sais pertinemment que la médecine conventionnelle n’a pas les moyens pour guérir ces maladies chroniques.”

Le prochain scrutin, ce sont les Européennes. Est-ce que le parti va y participer ?
“Nous en avons parlé hier soir, et c’est justement pour cela que j’invite tout le monde, les partisans de tel ou tel parti politique, ceux qui sont pour, ceux qui sont contre l’accession de notre pays à la souveraineté… Voilà un moment où on pourra décider de l’avenir de notre pays. C’est-à-dire participer à cette élection avec un bulletin maohi nui et nous enverrons un courrier au Haut-commissaire qu’on comptabilise ces bulletins. Mais la décision n’a pas encore été prise. Donc une grande réunion sera organisée à Faa’a au motu Ovini samedi 30 mars à 17 heures. J’invite tout le monde à venir à participer.”

Mais c’est quoi le but, puisque cela n’a rien à voir avec les élections européennes ?
“C’est une stratégie. Bien sûr, vous me direz que ça sera des bulletins nuls, moi je vous dis une chose, s’il y a 1 000 bulletins nuls, cela n’aura pas d’incidence. Mais s’il y a 100 000 bulletins nuls, ça commencera à compter.”

La polémique sur les bateaux de pêche chinois continue d’enfler sur les réseaux sociaux. Votre parti souhaite préserver nos ressources marines et minières. En tant qu’élu, craignez-vous, malgré les assurances du consulat de Chine ou du Haut-commissariat, que nos ressources soient pillées ?
“Il faut dire d’abord une chose, le statut du pays ne nous permet pas d’avoir le contrôle total de tout ce qui se passe dans les eaux internationales. Quand on parle de 5 millions de kilomètres carrés, c’est dans la zone territoriale des 12 000, au-delà des 12 000, des 150 000, nous sommes dans la zone économique exclusive (ZEE), c’est-à-dire que tout le monde peut venir pêcher. Il y a des accords entre différents pays, quels sont les accords entre la France et la Chine, nous le salons pas. C’est pour ça également que c’est indispensable que nous soyons un État souverain, que nous puissions nous aussi avoir notre mot à dire dans cette zone économique (…).

Après 42 ans à la tête de votre parti, pensez-vous à la relève ? Des jeunes sont-ils prêts à vous succéder ?
“Le Pays a été réinscrit sur la liste des Pays à décoloniser depuis 2013, nous avons droit de citer à New York, c’est un nouveau parti qui se met  en place. Alors place aux jeunes bien-sûr, mais il faudra que les jeunes soient demandeurs.”

Justement, vous êtes prêt à partir ?
“Ah oui ! Mais quand il y aura quelqu’un qui pourra me succéder… C’est une lourde charge, ce n’est pas facile… ce n’est pas un parti politique comme n’importe quel parti politique. (…) C’est la population et les membres du parti qui décideront.”
 

Rédaction web avec Tauhiti Taunia Mu-San

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