Opération Halte à la prise de risques : « On n’est pas dans un cirque, on est sur la route »

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Ce samedi 13 mai, à l'Université de la Polynésie française (UPF), se tenait de 7 heures à 15 heures la cinquième session de l'année de l'opération "Halte à la prise de risques sur les routes". Une journée de sensibilisation et de prévention sur la sécurité routière.

Publié le 13/05/2023 à 15:32 - Mise à jour le 13/05/2023 à 17:43

Ce samedi 13 mai, à l'Université de la Polynésie française (UPF), se tenait de 7 heures à 15 heures la cinquième session de l'année de l'opération "Halte à la prise de risques sur les routes". Une journée de sensibilisation et de prévention sur la sécurité routière.

Ces séances sont ouvertes à tous les jeunes de 17 à 25 ans non titulaires du permis de conduire : « Le but, c’est de leur faire gagner des formations complètes au permis de conduire grâce à l’appui financier du haut-commissariat et de nos partenaires locaux » précise le capitaine Daniel Christmann, officier adjoint sécurité routière au Commandement de la gendarmerie de Polynésie. Les inscriptions sont gratuites et se font sur Internet.

Six séances sont organisées chaque année depuis 2005, dont une sur Moorea. En moyenne, plus de 130 jeunes participent à ces journées de prévention et de sensibilisation aux dangers de la route.

Un chef de la gendarmerie intervient lors de la séance. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Car depuis le début de l’année 2023, on compte déjà 15 morts, un trop lourd bilan : « Le problème avec la prévention et la sensibilité, c’est qu’on n’a pas de résultat chiffré. On ne peut pas savoir si on a sauvé des vies ou pas, mais il faut continuer de faire passer des messages. ‘Halte à la prise de risques’ a commencé en 2005, on devait être entre 50 à 60 morts dans l’année. L’année dernière, on est arrivé à une trentaine de morts. Il y a quand même une baisse significative du nombre d’accidents et du nombre de tués et de blessés sur les routes. Mais il y en aura toujours trop. 15, depuis début 2023, c’est déjà trop. Il y en avait 10 à la même époque l’année dernière. Mais des morts auraient pu être évités s’ils avaient respecté le code de la route, c’est-à-dire le port du casque, le fait de l’attacher, le fait de respecter les limitations de vitesse, le fait de ne pas circuler en inter-file entre les voitures et également d’avoir un permis de conduire quand on utilise un deux-roues. Car ce n’est pas parce qu’on sait bouger un deux-roues qu’on respecte le code de la route. On n’a pas de permis, on ne connait pas le code de la route, on ne sait pas comment se comporter sur la route. Et chaque personne doit penser à partager la route. On n’est pas tout seul. Il y a des vélos, des piétons, des voitures, des camions… Chacun a son espace, et si on le partage un minimum, peut-être qu’on aura beaucoup moins de tués, de blessés et d’accidents. Il ne faut pas oublier qu’on a des accidents matériels tous les jours » rappelle le capitaine Daniel Christmann.

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Plusieurs intervenants sont présents à chaque séance : cela va de l’association des autoécoles, au chirurgien qui opère les blessés de la route, en passant par le chef de gendarmerie, par le Cosoda (comité des sociétés d’assurance), ou encore par le témoignage poignant d’une victime de la route ayant été blessée en deux-roues.

À l’issue de la conférence, chaque participant effectue un quiz lui permettant, selon son résultat, de décrocher des lots, dont le financement de son permis de conduire. « Je suis assez choquée par les images que j’ai vues. Ce sont souvent des jeunes en deux-roues qui ont des accidents parce qu’ils ne se protègent pas, ils roulent en sens inverse etc. » confie Tacha, une participante. « Ce qui est très choquant, ce sont les images que le docteur présente, les blessures… il y a beaucoup de sang, on voit les os… C’est quand même marquant. (…) C’est important d’avoir le permis, pour décrocher un travail notamment, et pour pouvoir se déplacer » ajoute Hotunui, un autre participant.

« On n’est pas dans un cirque, on est sur la route. On a qu’une vie et il suffit de se rater une fois pour que ce soit fini »

Charles Belli, chirurgien orthopédiste, intervenant aux séances « Halte à la prise de risques sur les routes »

Des images chocs nécessaires pour la prise de conscience, indique le docteur Charles Belli, chirurgien orthopédiste : « Si on veut faire passer un message sur la dangerosité de la route, il ne faut pas montrer des gens qui ont juste une entorse de cheville. La réalité, c’est des membres arrachés et des vies perdues. (…) Tous les accidents, c’est des comportements délirants, des accidents qui auraient pu être évités, des casques non portés, des dépassements de file de voiture à grande vitesse. Ce ne sont pas des accidents accidentels, mais expérimentaux. On n’est pas dans un cirque, on est sur la route. On a qu’une vie et il suffit de se rater une fois pour que ce soit fini ».

La dernière session de l’année aura lieu le samedi 17 juin.

> Plus d’informations sur les prochaines séances ICI

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