vendredi 27 novembre 2020
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« On n’est pas là pour servir de punching ball » : les travailleurs sociaux veulent se faire entendre

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Ce mardi, les travailleurs sociaux ont fait valoir leur droit de retrait. Ils ont débrayé une heure pour interpeller le public et les autorités sur les violences qu'ils subissent.

Publié le 10/11/2020 à 10:57 - Mise à jour le 10/11/2020 à 11:01
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Ce mardi, les travailleurs sociaux ont fait valoir leur droit de retrait. Ils ont débrayé une heure pour interpeller le public et les autorités sur les violences qu'ils subissent.

Cette action intervient en réaction à l’agression d’une travailleuse sociale. Une agression de plus, une de trop : « La semaine dernière, une collègue à nous s’est fait agressée. (…) C’est un peu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase parce qu’on est confrontés depuis plusieurs mois voire années à des agressions de plus en plus fréquentes : agressions physiques, agressions verbales. Le jour où notre collègue s’est faite agressée, pas moins de trois incidents ont été relevés, explique Claudine Laugrost, responsable de subdivision. On ne fait pas un métier facile. On n’est pas aimés des gens parce que le social ça fait peur. En même temps on est là aussi pour protéger les enfants. Si on fait ce travail c’est aussi pour ça et pas pour se faire agresser. »

Lire aussi : Les travailleurs sociaux disent « ça suffit » aux violences qu’ils subissent

Les travailleurs sociaux demandent « un peu de reconnaissance de la population, pour dire « on n’est là pour vous aider, on n’est pas là contre vous ». On est là aussi pour interpeller les décideurs : qu’ils s’aperçoivent un peu de la difficulté de nos missions. Ils pensent qu’aider c’est facile, qu’on distribue des aides et puis c’est bon. Mais non. On travaille avec des humains, avec des gens en difficulté donc forcément qui sont à bout de nerf. Il faut les comprendre la population. Mais on n’est pas là pour leur servir de punching ball. »

« Il faut les comprendre la population. Mais on n’est pas là pour leur servir de punching ball. »

Claudine Laugrost, responsable de subdivision

La jeune femme qui a été agressée explique que, suite à un signalement de l’hôpital durant la grossesse de la mère, les enfants ont été placés chez leurs grand-parents paternels : « Elle consommait de l’ice, elle n’avait pas de suivi de grossesse. Et donc on est arrivés, on est intervenus, et le jugement a fait que les enfants étaient placés chez les grands parents paternels après la naissance de bébé. »

« Nous, nous sommes là pour pouvoir faire des rencontres entre la mère et les enfants pour que ça se passe bien, dans un endroit neutre. On a choisi le Fare Tama Hau. La première visite s’est passée il y a deux ou trois semaines. Ça s’était très bien passé avec madame. Elle était très ouverte, elle faisait ce qu’il fallait pour les enfants. Du coup on a décidé de maintenir une deuxième visite pour le lundi 2 novembre. »
Mais ce jour là, la mère n’est plus aussi coopérative : « Cette journée là j’étais toute seule pour la visite, avec les trois enfants. Dès le début je vois que madame n’est pas comme la première fois. Elle est très fermée. »

« Je reçois le premier coup au buste alors que j’ai le bébé de 5 mois au bras.« 

Travailleuse sociale agressée

La mère devient agressive, la travailleuse sociale tente d’apaiser la situation et d’expliquer. Sans succès. Voyant que les enfants ont cessé de jouer pour suivre la conversation qui devient houleuse, elle décide de partir. « Je commence à ranger et là, son agression vient sur moi. Je ne fais pas attention, je prends les enfants, on s’en va. Et en attendant que ma collègue vienne nous chercher, (…), je vais dans le centre de documentation et je demande à madame de partir. Et là elle n’entend pas, ne veut pas, continue ses insultes. Je la laisse m’insulter. Je lui demande de partir, elle ne veut pas. Là j’essaie de la pousser doucement pour pouvoir fermer la porte. Je reçois le premier coup au buste alors que j’ai le bébé de 5 mois au bras. Je lui montre ce qu’elle vient de faire, que c’est dangereux pour le bébé. Madame s’en fiche complètement. Elle ne voit pas la gravité du geste. Donc je mets bébé en sécurité avec la documentaliste, je vais face à madame. Je lui demande de partir. Elle continue ses insultes. J’essaie de refermer la porte et là je reçois deux coups au visage. Là je m’énerve, je veux répondre et elle a eu l’intelligence de partir. »

Cette agression n’est malheureusement pas la première subie par les travailleurs sociaux mais « c’est la première fois que je reçois des coups », relève la jeune femme. « On reçoit beaucoup de familles très en colère. Bien sûr ce sont des familles dans la souffrance, qui ont un vécu, tout ce qu’ils connaissent c’est l’agressivité. Nous on est là pour les aider. »

« Ce n’est pas le premier fait, pas la première insulte, pas la première agression.« 

Travailleuse sociale agressée

Elle salue le geste de ses collègues : « C’est un très beau geste de la part de la direction, de tout le monde. Ça permet de dénoncer une réalité qu’on connait. (…) C’est dommage que ça arrive après cet acte-là. Ce n’est pas le premier fait, pas la première insulte, pas la première agression. Mais mieux vaut tard que jamais. «  La jeune femme n’est pas encore titulaire mais cet épisode ne l’a pas fait renoncer à son rêve de devenir assistante sociale : « Quand on aime son métier, vous savez… »

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