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Nuisances sonores à l’aéroport de Tahiti-Faa’a : le ras-le-bol de certains riverains

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Ne pouvant plus supporter les nuisances sonores causées par les avions de voltige de l’aéroport de Tahiti-Faa'a, l’association Te Ora Hau a adressé un courrier au Président du Pays ainsi qu’au Haut-commissaire de la République en Polynésie pour leur demander d'agir. L’aéroclub qui gère ces appareils dit, lui, avoir des solutions à proposer.

Publié le 14/07/2020 à 17:25 - Mise à jour le 22/07/2020 à 10:49
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Ne pouvant plus supporter les nuisances sonores causées par les avions de voltige de l’aéroport de Tahiti-Faa'a, l’association Te Ora Hau a adressé un courrier au Président du Pays ainsi qu’au Haut-commissaire de la République en Polynésie pour leur demander d'agir. L’aéroclub qui gère ces appareils dit, lui, avoir des solutions à proposer.

Les membres de l’association Te Ora Hau n’en peuvent plus. Ils disent ne plus supporter les nuisances sonores causées par les appareils de voltige qui décollent depuis des années du tarmac de Faa’a. « Il y a un gros sentiment d’injustice et une souffrance physique. Pourquoi cette voltige aérienne depuis des années alors qu’elle a été interdite en Nouvelle-Calédonie depuis 33 ans ? Pourquoi elle est interdite au-dessus des agglomérations en France ? (…) Ici, on continue de subir les allées et descentes de ces avions, de ces vieux coucous ! Il y a des accélérations, des décélérations, des remises de gaz… C’est stressant au possible, et cela fait des années que ça dure » s’insurge l’un des membres.

> La pétition pour lutter contre les nuisances sonores de l’association Te Ora Hau

L’association a donc interpellé par courrier les autorités du Pays et de l’État. Un courrier resté à ce jour sans réponse. « Les courriers ont été faits à Edouard Fritch. Et on attend aussi les réponses du Haut-commissaire parce que si c’est l’État qui gère l’aéroport, ce sont les règles de la France qui doivent s’appliquer et il faut faire quelque chose. (…) On a besoin d’une réponse » poursuit le riverain. « Hors période Covid, c’est une pollution sonore qui est quasiment continue puisqu’il y a environ un avion qui atterrit ou décolle toutes les 15 minutes. (…) On a rencontré il y a neuf mois le service d’État à l’aviation civile, et malheureusement depuis, malgré nos nombreuses relances, on n’a pas eu de retour, on n’a pas pu les rencontrer. C’est pour ça qu’il y a un mois, l’association a adressé un courrier au Haut-commissaire et au Président du Pays. Et on attend qu’ils reprennent le dossier en main » ajoute Yann Rival, membre de l’association Te Ora Hau.

Des mesures en métropole pas appliquées en Polynésie

« Cet aéroport est situé en plein milieu d’une agglomération, et malheureusement, jusqu’à présent, l’environnement de l’aéroport n’est pas suffisamment pris en compte pour limiter la pollution sonore, et donc on demande à ce que les mesures qui sont prises en métropole dans ce type de configuration soient appliquées ici, en Polynésie. Comme les procédures à moindre bruit qui est une manière d’atterrir et de décoller qui réduit considérablement le bruit, des dispositifs pour réduire le bruit lors des essais moteurs, et on demande comme c’est le cas dans la plupart des aéroports avec ce type de configuration, qu’il y ait une commission de consultation environnement qui soit mise en place avec tous les acteurs de l’environnement de l’aéroport, les associations, des entreprises qui travaillent sur l’aéroport, des riverains… afin qu’on puisse véritablement parler de l’environnement de l’aéroport et des mesures à mettre en œuvre contre la pollution sonore » explique Yann Rival. Tout le monde sait que l’aéroport est un outil indispensable pour le développement de la Polynésie. On demande simplement à ce que les mesures qui sont appliquées dans la plupart des aéroports métropolitains soient appliquées en Polynésie pour réduire la pollution sonore de l’aéroport de Tahiti-Faa’a » .

« On n’est pas contre les avions, on n’est pas contre l’aéroport. »

Yann Rival, membre de l’association Te Ora Hau

Du côté du président de l’aéroclub UTA – Les Ailes du fenua, plusieurs mesures ont déjà été mises en place afin de limiter les nuisances sonores. « On se met à la place des habitants de Faa’a. On est sur la plateforme depuis plus de 40 ans et l’aéroport existe depuis plus de 60 ans. On est une association où on fait des formations de pilote, et il y a déjà des choses qui ont été mises en place pour éviter les nuisances sonores. Alors il y a toujours des choses à faire, mais on a déjà réfléchi à essayer le plus possible de pas déranger les habitants. La tour de contrôle fait de son mieux pour éviter justement ce genre de choses, et avec l’aviation civile et l’aéroport, il y a des choses qui sont prévues. Il y a encore des améliorations à prévoir mais il y a déjà des choses » déclare Dany Dana, président de l’aéroclub UTA – Les Ailes du fenua. « On ne fait pas voltige ici, mais il est très important d’avoir un avion de voltige pour que les pilotes de ligne et les pilotes privés puissent s’entraîner. On sera bien content si un jour un pilote de ligne sauve une centaine de personnes parce qu’il a fait de la voltige. Pour moi, c’est une valeur ajoutée ici d’avoir un avion de voltige sur la plateforme. Ce n’est pas pour faire de bruit, c’est vraiment de l’entraînement » tient-il à ajouter.

« On n’est pas là pour embêter les gens, mais pour vivre en bonne intelligence. »

Dany Dana, président de l’aéroclub UTA – Les Ailes du fenua

L’investissement dans l’électrique pour limiter le bruit

« On va acheter un avion électrique. C’est innovant, et cet avion va faire pratiquement zéro bruit » confirme Dany Dana. « On doit trouver des solutions ensemble, et avec cette association, il serait intéressant de se voir. On n’est pas là pour embêter les gens, mais pour vivre en bonne intelligence. Il y a toujours des solutions » conclut le président de l’aéroclub.

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