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Nucléaire : un centre de mémoire pour « transmettre la connaissance », Moruroa e tatou veut plus

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Publié le 24/01/2018 à 9:53 - Mise à jour le 24/01/2018 à 9:53
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Deux ans après la visite de François Hollande et sa reconnaissance du fait nucléaire en Polynésie, un nouveau pas vers la mémoire vient-il d’être franchi ? La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, l’affirme.

Ce mercredi soir, l’ultra-marine a installé le comité de pilotage du projet de l’institut d’archives et de documentation sur le fait nucléaire inscrit dans l’Accord de l’Elysée. Annick Girardin a déclaré à propos de cet institut :

« Les Polynésiens veulent qu’on partage une mémoire. Il est créé pour les générations qui viendront, pour transmettre la connaissance de l’histoire de la Polynésie et du fait nucléaire. »

La première réunion du comité de pilotage a eu lieu dans les bâtiments du haut-commissariat avec les acteurs de l’Etat et du Pays et les associations, qui composent ce comité. Le point principal abordé ce mercredi : l’emplacement de l’institut.

Il devrait être installé dans le bâtiment de l’ancien commandement de la marine. La vente de cet ensemble foncier, qui appartient à l’armée, a été gelée par la ministre. Une partie où la totalité des bâtiments sera dédiée au projet d’institut. La ministre des Outre-mer a ajouté :

« C’est un emplacement qui est symbolique qui devra être visité par tous ceux qui viendront en Polynésie. Pour que vraiment ce soit mieux connu et qu’on reconnaissance partout ce fait nucléaire et que l’on puisse aussi le faire entrer dans les livres d’école des Polynésiens et des Polynésiennes mais aussi des petits français. C’est l’histoire de la France. »
 

Annick Girardin

Annick Girardin a insisté sur le fait que cet institut devait être porté par tous et pour tous. La ministre souligné l’importance du rôle des associations dans ce projet. Selon elle, ce centre de mémoire n’aura pas de sens s’il n’est pas porté par les associations.

Le président de l’association de vétérans du centre d’expérimentations du Pacifique (CEP), Moruroa e Tatou, Roland Oldham, souhaite que les paroles laissent place aux actes. Les discussions sur ce centre de la mémoire ont trop traîné.

Voilà plus de 10 ans que le président en entend parler. Présent lors de l’installation du comité de pilotage, il a regretté qu’aucune date n’est était annoncée par la ministre. Surtout, il s’inquiète qu’aucune précision sur le financement de l’institut n’ait été dévoilée par le Pays comme par l’Etat. Il s’agace :

« Malheureusement, je l’ai vu aujourd’hui dans les documents, on reprend les mêmes discussions qu’on a eu il y a 10 ans. Il y a beaucoup de choses qui manquent de précision. Quand est-ce que l’Etat va commencer ? Les aspects financiers ne sont toujours pas clairs. Il faut que ce centre de mémoire soit l’histoire des Polynésiens et non pas l’histoire de la bombe propre par les militaires… »
 

Roland Oldham

Face à ces critiques, la ministre a expliqué que depuis les annonces faites par Hollande en 2016, un coup d’accélérateur a été donné à cette reconnaissance du fait nucléaire.

Annick Girardin a affirmé est venue pour poser des actes, et non pas faire des promesses :

« Quand on connaît la date des essais nucléaires, oui il y a eu du temps qui est passé. Mais je vous demande juste de reconnaître qu’entre les mots de François Hollande, l’accord de l’Elysée, et aujourd’hui, que les choses se sont accélérées. Cette composition montre bien qu’on est dans la volonté de travailler ensemble et le plus vite possible. »

En outre, Annick Girardin a rappelé que les travaux du Civen ( Comité d’indemnisation des victimes du nucléaire) avaient repris à la mi-janvier et que son budget avait été doublé « pour que les indemnisations puissent être faites les plus rapidement possible. »

Objectif de la ministre des Outre-mer : une ouverture de cet institut avant la fin du quinquennat du président Macron. Roland Oldham reste sceptique. 

Rédaction web avec Thomas Chabrol et Jeanne Tinorua 

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