mercredi 10 août 2022
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Nucléaire : près de 2 000 personnes à la marche pacifique du 2 juillet

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Il y a 56 ans, le 2 juillet 1966, Aldébaran explosait au-dessus de Moruroa. Une date que l’association Moruroa e Tatou, l’Église protestante maohi et l’association 193 commémoraient aujourd’hui. Près de 2 000 personnes se sont retrouvées dans les rues de Papeete pour dénoncer les préjudices des essais nucléaires réalisés en Polynésie.

Publié le 02/07/2022 à 17:08 - Mise à jour le 03/07/2022 à 11:24
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Il y a 56 ans, le 2 juillet 1966, Aldébaran explosait au-dessus de Moruroa. Une date que l’association Moruroa e Tatou, l’Église protestante maohi et l’association 193 commémoraient aujourd’hui. Près de 2 000 personnes se sont retrouvées dans les rues de Papeete pour dénoncer les préjudices des essais nucléaires réalisés en Polynésie.


Après avoir traversé la ville de Papeete, les membres de l’association Moruroa e tatou, de l’Église protestante maohi et tous ceux qui se sont joints à leur cortège, se sont installés dans les jardins de Paofai. L’événement est organisé par le 3ème arrondissement, donc les paroisses de Moorea. Des milliers de personnes étaient vêtues de blanc, une feuille de bananier à la main, pour une marche pacifique. “La couleur blanche symbolise la paix. Et la feuille de bananier symbolise aussi la paix dans la culture du peuple maohi. (…) On n’est pas anti-français. D’ailleurs, en 2021, on a fait un pas envers la France en lui demandant pardon malgré ce qu’elle a fait à notre peuple et ce que nous subissons aujourd’hui. C’est pour cela que nous n’avons pas de banderole ou de panneaux contestataires. Car si l’on veut respecter l’autre, il faut que l’on se respecte” indique François Pihaatae, président de l’Église protestante maohi.

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Les plus jeunes ont eux-aussi été sensibilisés à la cause. “Je suis là pour louer le Seigneur. Grâce à lui, on est tous ici réunis” confie Temehani Pae, membre de la paroisse Te Rau Olive Tipaerui.

L’association 193 a de son côté pris possession de la place Tarahoi. Elle a lancé un appel à la mobilisation des habitants des îles. À Maupiti, l’association s’enorgueillit d’avoir réussi à faire passer plusieurs dossiers. “Nous avons installé plus de 300 ballons avec un numéro dessus. Les ballons rouges sont tous les dossiers déclarés défavorables ou en voie de justice. Les ballons bleus, qui sont un peu plus d’une centaine, représentent les dossiers qui ont reçu une offre d’indemnisation. Et ces dossiers favorables avoisinent environ 1,2 milliard d’offres. C’est donc quelque chose qui avance. Et les ballons noirs rappellent que nous avons accompagné des gens qui sont décédés entre-temps” précise Auguste Uebe-Carlson, président de l’association 193.

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Ces rassemblements ont pour motivation de dénoncer les 193 tirs nucléaires réalisés en Polynésie, et de rappeler à la France qu’elle ne doit pas oublier les préjudices subis par les Polynésiens et qu’elle doit faire avancer les dossiers d’indemnisation des victimes encore en attente.

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