mercredi 25 novembre 2020
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Nouveaux cas de Covid-19 : « Bien sûr qu’on peut gérer » déclare Edouard Fritch

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Mercredi soir, une rencontre a eu lieu entre partenaires sociaux et représentants de l'Etat et du Pays. Une rencontre mouvementée, d'où les syndicats sont ressortis estimant avoir "perdu leur temps".

Publié le 13/08/2020 à 10:23 - Mise à jour le 14/08/2020 à 11:40
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Mercredi soir, une rencontre a eu lieu entre partenaires sociaux et représentants de l'Etat et du Pays. Une rencontre mouvementée, d'où les syndicats sont ressortis estimant avoir "perdu leur temps".

« Nous sommes des tourneurs en rond. Ça fait trois heures que nous tournons en rond. J’ai beaucoup de travail. Je n’ai pas de temps à perdre. Et je ne comprends pas pourquoi ces syndicalistes disent que nous tournons autour du pot. Des questions ont été posées, j’ai répondu à leurs questions, j’ai préparé mes réponses sur différentes questions importantes », a déclaré le président du Pays Edouard Fritch mercredi soir à sa sortie de l’entretien avec les partenaires sociaux.

Sur la rentrée scolaire :

« Pouvez-vous reporter la rentrée ? C’est non. Je ne veux pas reporter la rentrée puisque plus de 80% des enfants étaient présents ce matin donc 80% des parents étaient d’accord. Pourquoi reporter alors qu’on a pris du retard sur les programmes ? Effectivement le port de masque : il faut obliger tout le monde à porter un masque. (…) Je ne peux pas obliger un gamin de 3 ans à porter un masque. C’est criminel d’obliger un enfant à le faire », estime le président.

Sur la quatorzaine pour les nouveaux arrivants :

« La quatorzaine… Je leur ai dit, « écoutez, vous devez partir en France pour travailler bien sûr. Avant d’aller travailler, vous restez 14 jours à l’hôtel, ensuite vous allez travailler. Vous revenez en Polynésie, je vous mets 14 jours, qui est pour ? Plus personne n’est pour ! ». Il faut être raisonnable. Nous avons une durée de séjour des touristes qui varie entre 7 et 10 jours. Vous allez coller une quatorzaine à ces gens là ? Enfin, il faut être sérieux ! Ou nous voulons effectivement relancer l’activité du pays, aller tour doucement, parce qu’on va très doucement aujourd’hui. Les hôtels ne se remplissent que difficilement, les avions se remplissent difficilement, mais il faut reprendre l’activité parce qu’il faut sauver nos emplois. On l’a dit : il y a quoi ? 17, 18 familles qui vivent de l’hôtellerie. Aujourd’hui qu’est-ce que je fais de ces familles ? Je vais les laisser crever la bouche ouverte ? Je ne peux pas. »

Peut-on gérer l’explosion de nouveaux cas de covid-19 ?

« Bien sûr qu’on peut gérer. On fait la chasse à ces gens-là. Bien sûr que certains sont inconscients, certains sont irresponsables. Tout ceux qui étaient dans ces boîtes de nuit ne sont pas venus se manifester. Ils se sont manifestés après, mais pas auprès du bureau de veille sanitaire. Ils sont allés directement à l’institut Malardé. Ce que l’on demande, c’est qu’il faut se mobiliser, tous ensemble, pour que nous puissions éviter la propagation de ce virus sinon ce n’est pas le docteur Raynal tout seul qui pourra tirer le Pays de cette affaire. »

« Lorsqu’on a ouvert le ciel, nous savions que nous prenions des risques »

Edouard Fritch

« Nous avons fait à ce jour, 8700 tests en moins d’un mois. Ces 8700 tests vont peut-être sauver 8000 familles aussi. Je regarde ça. Lorsqu’on a ouvert le ciel, nous savions que nous prenions des risques. Je l’ai dit. Dans le monde entier, la covid est toujours présent. Il faut vivre avec (…) Il nous faut d’autre part, sauver ce pays sur le plan social. (…) Aujourd’hui déjà, l’estimation de la CPS c’est que 9000 personnes auraient perdu leur emploi. J’ai le coeur qui bat quand je pense à ces gens-là. Je vais en même temps trouver de l’argent pour soutenir l’activité parce qu’il faut continuer à aider les entreprises, il faut continuer à soutenir ces salariés qui sont au Diese, qui ne sont pas licenciés pour l’heure. Et en même temps, il faut trouver de l’argent parce que le RSPF va gonfler, donc il faut trouver de l’argent pour alimenter les fonds sociaux et en même temps trouver des milliards pour la CPS et le Pays »

« C’est un dialogue de sourds »

Jaros Otcenasek du syndicat des pêcheurs

Du côté des syndicats, Jaros Otcenasek du syndicat des pêcheurs explique : « Nous on se sent un peu accusés, alors que le vice vient de l’extérieur. On a écrit une missive, on a écrit avec tout le syndicat pour dire de laisser les professeurs là bas et garder ceux d’ici parce que ils sont sains. Ils n’ont pas écouté. Ils les ont fait venir. Aujourd’hui on essaie par tous les moyens de noyer le poisson. (…) J’ai dit je rentre, ce n’est pas la peine. C’est du temps perdu. C’est un dialogue de sourds. »

Il estime que les chiffres officiels sur le nombre de cas de covid-19 confirmés sont erronés : « On a demandé quel est l’état vraiment du covid aujourd’hui, combien y a-t-il de cas, ça évolue de combien par jour ? 77 c’était dimanche. Aujourd’hui c’est à peu près 20 cas qui se déclarent par jour. On est à la CPS. Aujourd’hui on est à 110 à peu près. »

Le syndicaliste aurait souhaité un véritable dialogue et que les autorités reconnaissent une « erreur » : « C’est un dialogue de sourds. Au lieu de dire « ok on a fait une faute » et se mettre au tour de la table, et se demander ce qu’on peut faire, on veut accuser à tord et à travers, accuser des gens. (…) Si on avait écouté ce que nous avions demandé, on n’en serait pas là aujourd’hui. »

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