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Mobilité, internat, langues… : une enquête sur les collégiens de Polynésie

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Être élève de 3e en Polynésie ça veut dire quoi ? Déplacements entre les îles, internat, pratique d'une langue polynésienne... Une enquête a été menée :

Publié le 17/11/2020 à 16:15 - Mise à jour le 17/11/2020 à 16:42
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Être élève de 3e en Polynésie ça veut dire quoi ? Déplacements entre les îles, internat, pratique d'une langue polynésienne... Une enquête a été menée :

L’institut de la statistique en Polynésie a mené une enquête en partenariat avec la direction générale de l’éducation et des enseignements (DGEE) et l’institut national d’études démographiques.

Un questionnaire de 4 pages a été diffusé auprès de l’ensemble des élèves de 3e, dans l’objectif de mieux appréhender leur cadre de vie, leur situation familiale, leur lien à l’école ou encore leurs aspirations pour le futur.

En mai 2019, la Polynésie française comptait 4 350 collégiens et collégiennes en classe de 3e, en CJA ou en MFR.

L’offre scolaire la plus importante se trouve dans l’archipel de la Société, où vivent les trois quarts de la population de Polynésie française et dans la zone urbaine qui concentre également 65 % des habitants de Tahiti.

Ainsi les collèges de la zone urbaine de Tahiti accueillent près de la moitié des collégiens enquêtés (47 %) et les autres établissements situés à Tahiti un peu plus de 23 %. La grande majorité des élèves inscrits en classe de 3e (ou niveau 3e en CJA ou MFR) étudient à Tahiti et Moorea (75,6 %) où se concentrent la plupart des établissements ; on compte 6 collèges dans les Îles Sous-leVent, 3 aux Tuamotu-Gambier, 4 aux Marquises et seuls 2,7 % des élèves sont scolarisés aux Australes dans les collèges de Mataura et Rurutu.

Source ispf.pf

Des élèves qui bougent

Dispersés dans les collèges des cinq archipels, un quart des élèves a déjà effectué au moins une migration au-delà de l’archipel depuis le début de sa scolarité.

Aux Tuamotu-Gambier et aux Australes, ce sont près de la moitié des collégiens enquêtés qui ont vécu, à une étape de leur vie (petite enfance, entrée à l’école primaire ou entrée au collège) en dehors de
l’archipel où ils sont scolarisés en 2019. Une proportion importante des élèves de collège aux Australes et aux Tuamotu-Gambier (plus d’un quart d’entre eux) avait déjà changé d’archipel entre le lieu de
leur petite enfance et celui où ils commencèrent l’école primaire.
Plus d’un élève sur dix étudiant dans un collège des Îles sous le Vent et des Tuamotu-Gambier arrive d’un autre archipel.

L’internat…

Selon le lieu de scolarisation, les conditions de vie des collégiens sont très contrastées. Plus de 80 % des collégiens résident en effet en famille dans la Société contre 50 % aux collèges de Tubuai et Rurutu et seulement 38 % dans ceux de Hao, Rangiroa et Makemo.

Dans les Îles de la Société où 86 % des élèves déclarent vivre en famille, beaucoup de ces familles ont elles-mêmes migré depuis les îles périphériques pour des questions d’emploi, de santé ou pour accompagner la scolarité des plus jeunes. Le logement familial et les relais familiaux sur place sont de fait sur-sollicités et les conditions d’accueil décrites par les familles restées au loin révèlent des situations compliquées et des solidarités familiales mises à rude épreuve.

Dans les Tuamotu-Gambier, qui sont composées de plusieurs dizaines d’îles habitées, très éloignées et peu peuplées (seules de îles comptent plus de 1 000 habitants : Rangiroa et Mangareva), c’est une minorité qui vit la majorité du temps chez ses parents (37 %), sans doute depuis la classe de 6e voire de 5e.

Certaines communes expérimentent l’enseignement à distance, encadré par des volontaires ou des emplois aidés (contrat d’accès à l’emploi, CAE) afin de retarder autant que faire se peut, le départ des enfants en internat.

Les trois quarts des collégiens pratiquent une langue polynésienne

Les élèves interrogés déclarent pratiquer assez largement une langue polynésienne en famille : les trois quarts des collégiens en utilisent au moins une à la maison. C’est d’autant plus vrai lorsque l’on s’éloigne de Tahiti.

Les collégiens étudiant aux Australes, aux Tuamotu-Gambier et aux Marquises pratiquent à plus de 90 % une langue polynésienne à la maison. À Tahiti, l’usage unique du français est plus répandu qu’ailleurs comme plus d’un quart des collégiens de Papeete le déclarent ce qui atteste de la présence plus importante de métropolitains et de domiens.
De même, la pratique de l’anglais à la maison en plus du français et éventuellement d’une langue polynésienne caractérise également 12 % des collégiens dans les Îles du Vent.

Retrouvez l’étude complète en cliquant ICI

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