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Mataea : cartographie de l’état de santé des Polynésiens

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Facteurs de risques liés au contexte de vie mais aussi à la génétique : le programme de recherche Mataea porté par l'Institut Louis Malardé (ILM) entend dresser un état des lieux de la santé des Polynésiens et permettre surtout, de mieux comprendre la prévalence inhabituelle de certaines pathologies chroniques ou infectieuses.

Publié le 03/12/2021 à 16:42 - Mise à jour le 09/12/2021 à 9:07
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Facteurs de risques liés au contexte de vie mais aussi à la génétique : le programme de recherche Mataea porté par l'Institut Louis Malardé (ILM) entend dresser un état des lieux de la santé des Polynésiens et permettre surtout, de mieux comprendre la prévalence inhabituelle de certaines pathologies chroniques ou infectieuses.

Suspendu plusieurs fois en raison des vagues successives de Covid, le programme de recherche porté par l’ILM aura finalement bien lieu. L’accalmie de ces derniers mois a permis aux équipes de l’institut d’aller à la rencontre de 2 000 personnes âgées de 18 à 69 ans et résidant sur 18 îles des cinq archipels de la Polynésie française. Tirés au sort dans les données de recensement de l’ISPF, chaque participant a été invité à répondre à un questionnaire sur ses habitudes de vie et à se soumettre à des mesures “anthropométriques”, soit des proportions morphologiques.

Baptisé Mataea, ce programme de “cartographie de l’état de santé de la population de la Polynésie française” a vocation à dresser un “état des lieux de la santé” des populations de toute la Polynésie et d’évaluer non seulement le “poids des facteurs de risque contextuels” (mode de vie, lieu de vie, historique d’infection) mais aussi les “facteurs intrinsèques de susceptibilité (génétique, épigénétique, âge, sexe, microbiotes) “vis-à-vis des maladies non-transmissibles, des maladies infectieuses et des pathologies chroniques” indique l’ILM.  

Au-delà de la classique enquête sur les maladies chroniques, le programme de recherche va plus loin, comprenant également la collecte d’échantillons biologiques (sang, salive, selles). Des prélèvements qui seront ensuite soumis à différents types d’analyses biologique, génétique et microbiologique. Il s’agit de mieux cerner l’origine en Polynésie de la prévalence inhabituelle de certaines pathologies. Ainsi en 2017, 11 nouveaux cas de cancer primitif du foie associés à l’hépatite B ont été recensés. “On constate par exemple qu’il y a beaucoup plus de cas d’hépatite aux Australes qu’ailleurs en Polynésie, pourquoi cette population plus que d’autres ?” interroge le directeur de l’ILM, Hervé Varet. “Là, nous allons voir s’il y a une très grande disparité génétique ou s’il y a des caractéristiques génétiques spécifiques nos populations”.

Généticien des populations, Lluis Quitana-Murci, donnera une conférence jeudi prochain à 17h30 à l’Intercontinental Resort Tahiti.

Partenaire scientifique majeur dans ce programme de recherche, le célèbre généticien des populations Lluis Quitana-Murci arrive dès dimanche en Polynésie pour quatre jours de visite. Directeur de l’unité génétique évolutive humaine à l’Institut Pasteur de Paris, mais aussi membre de l’Académie des sciences, il donnera une conférence publique intitulée “Notre histoire génétique : migrations, métissages et adaptations” jeudi prochain à 17h30 à l’Intercontinental Resort Tahiti. Si cette étude doit permettre d’éclairer l’histoire biologique des Polynésiens, elle s’inscrit dans le cadre plus large de la zone Pacifique, où l’épidémie mondiale d’obésité touche une plus forte proportion de la population.

Enfin, les échantillons seront en partie analysés en Polynésie, dont la section sur les hépatites virales seront envoyées au CHPF, également partenaire du programme. Une autre partie sera envoyés à l’Institut Pasteur de Paris. L’année prochaine sera donc consacrée à l’analyse des données. Les résultats devraient ensuite permettre au ministère de la Santé de construire des programmes de prévention plus adaptés.

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