lundi 26 octobre 2020
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Manu Faaitoa, créateur de la première marque de montre polynésienne

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Manu Faaitoa a créé Temanus Tahiti, la première marque de montre polynésienne, il y a 10 ans. Fruit de l’alliance de ses deux origines, polynésienne par son père, mortuacienne par sa mère, ses montres qui se composent de perles, de nacre et de mécanismes de pointe se sont fait un petit nom dans le monde européen de l’horlogerie.

Publié le 05/10/2019 à 10:10 - Mise à jour le 03/02/2020 à 13:43
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Manu Faaitoa a créé Temanus Tahiti, la première marque de montre polynésienne, il y a 10 ans. Fruit de l’alliance de ses deux origines, polynésienne par son père, mortuacienne par sa mère, ses montres qui se composent de perles, de nacre et de mécanismes de pointe se sont fait un petit nom dans le monde européen de l’horlogerie.

La rencontre a lieu dans son atelier de Mahina, installé au fond du jardin familial. L’accueil est chaleureux et la conversation débute doucement. Mais Manu me prévient, « j’espère que tu as du temps, parce que je parle beaucoup ». Et il n’aura pas menti.

En un peu plus de trois heures, ce bon vivant de 51 ans nous aura fait découvrir tout ou presque de ce qui concerne son bébé : Temanus Tahiti, la première marque polynésienne de montre. Temanus avec un S, parce qu’en fait, ils sont deux Manu dans l’aventure : lui et sa femme.

« Mais les montres, les perles, la nacre, c’est lui, ce sont ses idées, précise-t-elle. Moi je ne m’occupe que de la couture et de la partie administrative. » Ce qui n’est pas rien, étant donné que la marque s’est fait une place sur le marché européen.

Les deux Manu derrière l’aventure Temanus Tahiti. (crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

« L’alliance de deux sangs »

Née il y a 10 ans, Temanus Tahiti, « c’est l’alliance de mes deux sangs : polynésien par mon papa et mortuacien par ma maman, explique l’homme derrière la marque. Donc un monde horloger et un monde de nacre et de perles. »

« Mes parents étaient un peu spéciaux, c’est peut-être pour ça que je le suis moi aussi, rigole-t-il. Ils étaient séparés par l’océan, comme ils disent. Mon papa avait besoin de ses cocotiers, ma maman avait besoin de ses sapins. Et moi au milieu, j’ai eu la chance de voyager entre ces deux arbres. Et quand j’étais chez ma maman, dans le monde horloger, à ce moment-là, il y a 50 ans, Morteau, Besançon, était la capitale européenne de l’horlogerie. Beaucoup de très belles entreprises de montres étaient dans ma région, étaient même dans ma ville. Et quand je venais à Tahiti chez mon papa, j’étais attiré par la perle et la nacre. Mais je ne voyais jamais le rapprochement entre ces choses : la nacre, la perle et la montre. Je pensais vraiment que quelqu’un d’autre aurait eu cette idée-là, mais au bout d’un moment j’ai décidé de le faire moi-même… »

17 ans d’expérience dans l’horlogerie

Avant de monter sa marque, Manu a travaillé 17 ans dans l’horlogerie en Suisse, après avoir appris l’électromécanique au collège, à Morteau. « Entre Morteau et la Suisse, il y a environ 8 km. Et à ce moment-là, le bassin horloger franc-comtois avait un petit peu disparu, c’est plutôt la Suisse qui a eu un bel essor, donc on trouvait facilement du travail en Suisse dans des sociétés horlogères. »

Son premier travail a été prototypiste dans une société de glace de montre qui fabriquait des vitres inrayables en saphir. « On ne faisait que quelques pièces, on n’était pas à la chaîne. Mais ce travail m’a obligé à être rusé et à trouver des solutions à des techniques qu’on nous demandait, se rappelle Manu. Cette activité m’a beaucoup aidé pour créer ma marque de montre. »

C’est l’un des derniers bébés de Temanus Tahiti, une montre mécanique qui fonctionne sans pile ni batterie. (crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Des exigences techniques

En effet, vouloir intégrer des pièces de nacre et des perles à ses montres n’aura pas été une mince affaire. Car « dans l’horlogerie, on demande des côtes bien particulières, poursuit Manu. Quand on demande du 18, ce n’est pas du 19, ni du 17. La précision est dans le millimètre, voire dans le micron, et c’était un peu compliqué de réaliser des pièces en nacre avec une telle précision. »

Mais Manu a fini par trouver un graveur à la hauteur du défi. Pour son plus grand bonheur, car « c’est un grand plaisir de mixer l’industriel avec l’artisanat », confie-t-il.

« Je suis plus connu, à mon humble échelle, en Europe ou en France, pour le gars qui vend des montres en nacre et en perle dans des noix de coco, qu’en Polynésie », confie Manu. (crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Un travail reconnu en Europe

Pour faire connaître sa marque de montre polynésienne, Manu n’a pas hésité à épuiser les salons, autant en Europe qu’au fenua. « Je pense que je suis celui qui fait le plus de salons au monde », dit-il d’ailleurs, avant d’éclater de rire.

Un travail qui a fini par payer, car l’année dernière, il a été l’invité d’honneur des 24 Heures du Temps, à Besançon. « Un beau salon professionnel de la montre », où il n’est pas passé inaperçu. 

« Les deux-trois écoles d’horlogerie ont été, 90% du temps, sur mon stand. Pas pour la montre, ils la connaissent par cœur, puisqu’ils sont dans des études d’horlogerie. Par contre, leur montrer qu’il existait des montres où on pouvait ajouter de la perle, de la nacre et faire de magnifiques choses autour de la mécanique, ils étaient tous très surpris, même les professeurs. »

Manu a encore bien des idées à développer autour de ses montres, et il se pourrait qu’on en entende encore parler avant la fin de l’année…

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