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Maiao “l’île interdite”, s’ouvre peu à peu

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Une délégation gouvernementale a fait le déplacement à Maiao mardi 4 juin. Un déplacement accueilli favorablement par la population qui n’a pas l’habitude d’avoir de la visite. L’occasion de faire le point sur les besoins de l’île qui n’a ni réseau électrique ni eau potable.

Publié le 06/06/2019 à 9:05 - Mise à jour le 24/06/2019 à 17:30
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Une délégation gouvernementale a fait le déplacement à Maiao mardi 4 juin. Un déplacement accueilli favorablement par la population qui n’a pas l’habitude d’avoir de la visite. L’occasion de faire le point sur les besoins de l’île qui n’a ni réseau électrique ni eau potable.

Au quai de Vaiare, il est rare de voir accoster un navire autre que ceux qui assurent la liaison entre Tahiti et Moorea. Pour l’occasion, le Tahiti Nui accueille pas moins d’une cinquantaine d’élèves du collège d’Afareaitu. Leur déplacement à Maiao est un projet culturel qui se concrétise. “On a été au concours du Heiva Taure’a et on a pris le thème du pandanus, donc là, maintenant, les enfants vont aller montrer à la population de Maiao ce qu’ils ont préparé sur ce thème” explique Vaitiare Tetuaiteroi, professeure au collège d’Afareaitu.

Après 5 heures de navigation depuis Moorea, Maiao se dévoile aux aurores sous un ciel dégagé et sur une mer d’huile. C’est plutôt bon signe pour la suite des événements. Le débarquement par Avarei se fait sans difficulté.

Située à plus de 100 kilomètres à l’ouest de Moorea, Maiao compte aujourd’hui 350 habitants. Des familles qui vivent principalement du commerce du coprah et du pandanus. Aujourd’hui justement, c’est jour de paie pour la population, le Tupua’e Manu 3 est à quai. Plus de 600 rouleaux de pandanus doivent être livrées sur l’île sœur. Le pandanus est une vraie manne financière, mais les producteurs ne rêvent que d’une chose : une augmentation du prix de vente de la botte fixé depuis plusieurs années à 2 500 Fcfp. “Le tarif le plus adapté pour moi, c’est 3 500 Fcfp. C’est correct car cela représente beaucoup de travail” nous dit Fabien Rupea, habitant de Maiao.

Pendant ce temps, au village Taora o Mere, dans la salle paroissiale, on retrouve d’un côté le gouvernement, et de l’autre, les représentants de la municipalité. Au centre des préoccupations : deux dossiers urgents. Le premier concerne la mise en place d’un nouveau réseau électrique. Depuis 1996, les habitants de Maiao ne disposent que d’un système individuel d’électrification photovoltaïque ou d’un groupe électrogène. Le gouvernement entend mettre en place un réseau adapté au niveau de vie de la population et à leurs capacités financières. Une opération dont le coût total est estimé à 340 millions de  Fcfp. Le Pays est prêt à prendre en charge 70% du financement.

“On s’oriente vers du hybride. Cela veut dire qu’en coût d’exploitation, ce sera supportable par la commune, et surtout par les consommateurs. La grande nouvelle, c’est que la population de Maiao accepte aujourd’hui qu’il y ait un réseau électrique sur leur commune et ils sont même prêts, disent-ils, jusqu’à payer 10 000 Fcfp d’électricité. Donc c’est à nous de voir de quelle façon nous pourrions répondre à leurs conditions” déclare Edouard Fritch, président de la Polynésie.

L’adduction en eau potable inexistante est la deuxième préoccupation des habitants de Maiao. Depuis toujours, ils utilisent principalement de l’eau de pluie stockée dans des citernes ainsi que de l’eau saumâtre. La solution existe, mais tout comme l’électrification de l’île, cela demande un investissement conséquent. “Ils ont donc décidé d’exploiter la lentille d’eau ici. C’est une bonne idée. Je crois que c’est accessible en tous les cas. S’il faut passer à d’autres systèmes comme l’osmose inverse, ce serait coûteux pour la population” poursuit Fritch.

Autre dossier évoqué, la construction d’un abri de survie et le remplacement de l’actuelle navette maritime devenue trop exiguë et inadaptée aux besoins de la population. Mais la grosse opération de la journée est certainement la distribution de 22 bons d’aide à l’aménagement de l’habitat individuel pour un montant total de près de 17 millions de Fcfp. Une aide en matériel que les bénéficiaires doivent absolument utiliser à leur compte. Des dérives constatées par le passé ont poussé le ministère à plus de vigilance. “Si dans les contrôles effectués on s’aperçoit qu’il y a des gens qui ne respectent pas notre réglementation et la loi, alors à ce moment-là, on peut demander le remboursement total au-delà des autres mesures judiciaires qui peuvent s’accompagner” nous dit Jean-Christophe Bouissou, ministre du logement.

Profitant d’une mer calme, le débarquement de plusieurs tonnes de matériel a duré toute la journée jusqu’à 22 heures. Six autres bons Aahi doivent être délivrés prochainement à Maiao.
 

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