lundi 26 octobre 2020
A VOIR

|

L’univers de Hinatea… un monde pour aimer apprendre

Publié le

Connaissez-vous l’univers de Hinatea ? Vous l'avez peut-être découvert au cours du confinement en assurant l’école à la maison. Ce blog a été créé et est alimenté par une institutrice chevronnée. Supports, vidéo, constructions… vous y trouverez des tas d’idées pour aider votre enfant dans ses apprentissages... Rencontre avec sa créatrice :

Publié le 19/09/2020 à 6:26 - Mise à jour le 20/09/2020 à 14:31
Lecture 6 minutes

Connaissez-vous l’univers de Hinatea ? Vous l'avez peut-être découvert au cours du confinement en assurant l’école à la maison. Ce blog a été créé et est alimenté par une institutrice chevronnée. Supports, vidéo, constructions… vous y trouverez des tas d’idées pour aider votre enfant dans ses apprentissages... Rencontre avec sa créatrice :

On peut dire que la rentrée scolaire 2020 a été pour le moins perturbée. Fermetures de classes, d’écoles, en raisons de la Covid-19… inquiétudes des familles et des personnels d’établissements : difficile, durant cette première période, de trouver son rythme et celui de ses enfants. Une institutrice de l’île Soeur partage ses outils avec les familles et les enseignants pour favoriser la scolarité des élèves.

Hinatea Luyssen est une enfant de Tubuai. Ses études la conduisent à exercer le marketing loin du fenua… mais cette fille d’institutrice est sans cesse rattrapée par le domaine de l’éducation.
D’abord enseignante en français langues étrangères, elle finit par passer le concours de recrutement de professeur des écoles.

« Lorsque j’ai eu mon bac, j’ai décidé de partir à l’étranger pour faire des études », raconte Hinatea. « J’ai d’abord été manager de boutique, puis j’ai commencé à faire de la formation. Je me suis rendue compte que ça me plaisait énormément de transmettre un savoir. Puis j’ai eu mon fils : ça a été assez révélateur pour moi puisqu’en fait j’ai voulu lui donner tout ce que je pouvais. Le premier diplôme que j’ai passé est le CAP petite enfance. Le diplôme le plus accessible à tous. Petit à petit, je me suis aperçue que quand je faisais mes stages et que je regardais l’enseignante : je me voyais bien à sa place. J’ai alors passé une licence de sciences de l’éducation, et j’ai trouvé un poste dans une école privée bilingue avec des pédagogies alternatives, et la directrice de l’école m’a prise sous son aile »

Hinatea Luyssen, créatrice de l’Univers de Hinatea

La famille de la jeune femme doit finalement partir s’installer aux Etats-Unis, ce qui bouleverse ses projets professionnels : « Je me suis à nouveau demandé ce que j’allais faire, dans un contexte anglo-saxon : j’ai orienté mon master vers le Français langues étrangères. Je l’ai mené tout en apprenant le français à mon fils, qui refusait d’utiliser cette langue à la maison. On a développé un système, une organisation de travail axée sur le français. C’est comme ça que je me suis intéressée aux programmes, et petit à petit, j’ai développé des outils avec lui pour l’aider à avancer. J’ai passé mon Master, et de retour en France, j’ai pu donner des cours de français à des élèves d’origine étrangère ».

Plusieurs années passent et la jeune Polynésienne rentre alors au fenua… Là encore, la voilà rattrapée par le secteur éducatif. « J’ai passé le concours du CRPE mais je ne savais pas si j’étais faite pour l’éducation nationale. Ma mère était enseignante, conseillère pédagogique, et pour moi elle était tellement exceptionnelle que je ne pouvais pas faire aussi bien qu’elle. Mais chaque année je pensais à ce concours, et je savais que c’était la meilleure manière d’accompagner les enfants. J’ai passé le concours il y a un an avec beaucoup de doutes, parce qu’on quitte une vie pour un concours ! Mais je me suis lancée parce que j’avais l’impression que c’était là où je devais être. La formation a commencé : j’ai adoré. J’ai retrouvé le public que j’avais connu petite, et je me suis enfin sentie chez moi et à ma place ! »

En stage lors du confinement, Hinatea, qui n’avait pas de classe à elle, s’est mise à chercher comment aider les élèves polynésiens et leurs familles, dans leurs apprentissages.

Une page, puis un blog… et enfin : un univers… l’Univers de Hinatea

« Au moment du confinement : tout s’arrête. J’étais chez moi, non titulaire, j’attendais des consignes, je ne savais pas comment être utile. J’avais du temps : je me suis dit qu’il fallait qu’il serve à quelque chose. J’ai crée une page Facebook et on a commencé à échanger avec des parents qui avaient besoin de repères. Je me suis mise à proposer des choses, pour aider. Je ne me suis pas tout de suite rendue compte des difficultés rencontrées par les parents mais j’ai partagé ce que j’ai pu. Internet : je connais, et j’ai essayé d’aider ceux qui maîtrisent moins. J’ai d’abord proposé des outils numériques, mais il y a des familles qui n’ont pas internet ou qui ont une connexion lente. Il a fallu s’adapter. Les parents ont pu télécharger les outils ».

Un feuillet d’apprentissage de l’écriture sur le blog de Hinatea

Confrontée à beaucoup de questions, Hinatea multiplie les conseils aux familles pour les devoirs ou exercices à la maison. Avant tout, elle souhaite que les apprentissages restent ludiques, mais aussi accessibles.

À travers des supports qu’elle monte de toutes pièces : elle adapte les outils à l’environnement que connaissent les Polynésiens. La brique de lait est la même qu’au magasin. Le chapeau et le panier sont ceux du marché.

Extrait d’un exercice de mathématiques – DR Hinatea Luyssen

« C’est important pour moi de proposer quelque chose de local. C’est notre culture, les enfants peuvent s’identifier. Je me suis aperçue que les références culturelles peuvent être différentes, et parce qu’elles sont différentes : elles peuvent être un frein à la compréhension orale, écrite… on peut passer par des références locales pour casser la barrière, et pour pouvoir travailler d’autres compétences. Ça n’empêche qu’ils doivent s’ouvrir au monde et connaître ce qu’il se passe à l’extérieur. Je pense qu’il faut un mix, et des bases très fixes pour que les enfants puissent comprendre ce qu’il se passe autour d’eux ».

« Lorsque je traite un texte, il m’arrive de le réadapter. J’ai parfois des élèves qui sont issus d’une double culture et qui n’utilisent pas un langage littéraire au quotidien. Ils vont avoir plusieurs références culturelles en même temps, et le texte n’est alors pas forcément compris. Ce n’est pas qu’une question de vocabulaire : c’est aussi une question de références culturelles, et de pouvoir se projeter. Un enfant d’ici ne peut par exemple pas toujours se projeter sur des vendanges. Il faut qu’ils découvrent, mais pour y accéder, on va passer par l’image. Pourquoi pas inventer une histoire d’un petit Teva qui part à l’aventure et découvre les vendanges? On part de ce qu’on connaît et on explore. Mes personnages s’adaptent aussi »!

Ce qu’a changé la classe à la maison ? On a tous dû s’adapter !

Sur le blog de l’enseignante : des livres a feuilleter ou à écouter, en français ou en reo Tahiti, et des histoires qui varient en fonction de la période de l’année. Dans son univers, Hinatea aimerait emmener chaque enfant du fenua…

« Je reçois beaucoup de messages de parents et d’enseignants. Ça m’encourage. Ce n’est pas facile, l’enseignement, mais je veux partager ce que j’ai. Que des enseignants qui ont des années de carrière me soutiennent alors que je veux faire avancer ma classe, mes internautes, et pourquoi pas tout un peuple : ça m’encourage« !

Hinatea insiste sur le rôle que peuvent tenir les parents pour inculquer les savoirs fondamentaux. Il ne faut pas penser que l’on n’est pas apte, ou qu’on ne sait pas. « Faites ce que vous aimez avec vos petits : du jardinage, ce que vous voulez ! Si on a des élèves à qui on raconte des histoires, qui ont des activités avec leurs parents, en classe, c’est plus riche »!

« J’ai une classe à Moorea : je veux la porter jusqu’à la fin de l’année », explique l’enseignante. « J’ai mis la barre haut. Je me laisse porter par le vent, pour la suite. Je me laisse guider par mes envies de bien faire et d’aider. J’aimerais aussi dire aux enseignants qu’on peut faire des choses, facilement. Ces initiatives sont accessibles. J’aimerais insuffler une motivation chez les enseignants. Même si tout cela représente beaucoup de travail, j’ai envie de m’investir, pour nos enfants ».

Livre audio mis en ligne et conté par Hinatea
Des fiches d’apprentissage sur le blog de Hinatea

infos coronavirus

La pollution atmosphérique pourrait augmenter la mortalité par Covid-19 de 15%

Une exposition à long terme à la pollution de l'air ambiant pourrait entraîner un risque accru de mourir du Covid-19, d'environ 15% en moyenne dans le monde, selon une étude internationale publiée mardi.

Covid-19 : Les communes des îles du Vent, relais de lutte face à l’épidémie

Ce matin, à la présidence, les représentants communaux étaient conviés à participer à un séminaire d’information. Les échanges ont porté sur le contexte sanitaire actuel et les outils disponibles pour les élus.