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Loi « anti-fessée » : en Polynésie, les avis partagés

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C’est un débat de société qui a pris de l’ampleur ces dernières années. Depuis le 2 juillet, la France a adopté définitivement la loi interdisant la fessée, les gifles ou encore les souffrances morales aux enfants.

Publié le 04/07/2019 à 17:40 - Mise à jour le 04/07/2019 à 17:40
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C’est un débat de société qui a pris de l’ampleur ces dernières années. Depuis le 2 juillet, la France a adopté définitivement la loi interdisant la fessée, les gifles ou encore les souffrances morales aux enfants.

La fessée, un geste désormais interdit par la loi. Si plusieurs parents admettent avoir déjà eu recours à des violences dites éducatives, un cadre légal vient d’être appliqué pour s’y opposer définitivement : « Pour moi, la violence est d’abord un constat d’échec dans les relations intra-familiales, dans la communication entre les personnes qui n’arrivent pas à trouver un consensus, d’autres modalités pour trouver des solutions, estime Nathalie Colin Fagotin, psychologue de la famille. La loi ça ne fait pas tout mais disons que ça va commencer à baliser le cadre dans lequel on va travailler en tant que professionnel. Ça va permettre aussi je pense de porter un peu plus des initiatives qui vont pouvoir non pas être éparpillées comme actuellement mais entrer dans le champs de la politique publique puisque, à mon sens, la violence intra-familiale est un sujet de société et de santé publique. »

Lire aussi : La France adopte définitivement la “loi anti-fessée”

Le droit français autorisait jusque là un droit de correction dans les familles, désormais le code civil indique que l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. Un sujet de société qui fait toujours autant débat : « Je suis pour cette loi. Ça semblait une évidence de ne pas lever la main sur ses enfants pour ma génération en tout cas, même si j’entends des gens que ça choque, pour qui c’est comme une ingérence de l’Etat dans l’éducation familiale », déclare François, jeune papa.

« Je suis contre cette loi. La raison est simple. Maintenant on n’arrive plus à éduquer nos enfants parce que tout est interdit. (…) c’est un peu exagéré. On n’a plus le droit de fesser nos enfants pour leur faire comprendre la bêtise qu’ils ont fait. (…) La France met n’importe quoi en place », estime de son côté Joachim, père de famille.

Certains craignent d’aller vers une société d’enfants-rois. Ce n’est pas l’avis de l’association Parent autrement plus que satisfaite de cette avancée : « On a beaucoup travaillé pour sensibiliser, faire comprendre au public ce que cette loi apporterait à la société. On est vraiment ravis qu’elle soit enfin adoptée, se réjouit Sara Aline, présidente de l’association. « C’est une loi civile donc ça n’aura pas beaucoup d’impact. On ne va pas aller en prison pour ça. C’est en fait surtout une prise de position forte de l’Etat qui envoie un message clair en faveur de l’enfant et du regard qu’on a sur l’enfant. (…) Ce n’est surtout pas une loi qui va favoriser les enfants-rois ou la délinquance. Au contraire, ça va permettre de mettre des règles qui sont claires mais bienveillantes pour tout le monde : les parents et les enfants »

« Ce n’est surtout pas une loi qui va favoriser les enfants-rois ou la délinquance »

Sara Aline, présidente de l’association Parent Autrement Tahiti

L’objectif de cette loi est avant tout d’accompagner les parents et de les sensibiliser. Un message fort donc, et ce n’est pas les enfants qui vous diront le contraire : « Je trouve que c’est très bien. Ma maman ne m’a jamais donné de fessée. (…) Quand je ne suis pas sage, maman trouve des solutions, on trouve des compromis. La fessée ce n’est pas bien. Ça apprend la violence à l’enfant, c’est tout », nous dit le petit Rainui.

Avec cette nouvelle loi, la France devient ainsi le 56e pays à interdire les châtiments corporels sur les enfants.

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