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Logement : seuls 20% des ménages ont les moyens d’accéder au parc privé dans la zone urbaine

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Quelle politique publique de l'habitat en Polynésie, pour la décennie à venir? Une étude a été réalisée durant un an par les autorités, afin de déterminer une stratégie... car à ce jour, les freins qui empêchent l'accession à la location ou à l'achat impactent de nombreuses familles.

Publié le 17/02/2021 à 18:14 - Mise à jour le 20/02/2021 à 8:54
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Quelle politique publique de l'habitat en Polynésie, pour la décennie à venir? Une étude a été réalisée durant un an par les autorités, afin de déterminer une stratégie... car à ce jour, les freins qui empêchent l'accession à la location ou à l'achat impactent de nombreuses familles.

30% des Polynésiens qui constituent la « classe moyenne » sont dans l’impossibilité d’accéder à un logement social, mais sont aussi exclus du marché libre. Résultat : une proportion élevée d’habitats considérés comme insalubres, perdure.

Les chiffres sont édifiants : 25% des logements situés dans la zone urbaine – entre Mahina et Papara + Moorea – relèvent de l’habitat « indigne ». Et pour cause : 1 ménage sur 4 dispose de ressources inférieures à 150 000 francs par mois. Et sur les 3500 demandes locatives effectuées l’an dernier auprès de l’OPH : peu ont abouti compte tenu des faibles capacités du parc de logements sociaux. D’autre part, les phénomènes de dégradation sont parfois étendus à des quartiers entiers, remarquent les pouvoirs publics. L’absence d’un cadre juridique définissant la décence des logements est également un frein majeur à la conduite d’une intervention sur ce parc, précisent-ils.

Une feuille de route 2021 – 2030

Elus, acteurs institutionnels, professionnels et associatifs sont consultés, depuis plus d’un an par le Ministère du logement et de l’aménagement et la Délégation à l’habitat et à la ville, afin d’établir une politique publique plus adaptée. Ensemble, ils ont défini une stratégie sur les 9 prochaines années.

Objectif : apporter des réponses concrètes en matière de production et d’amélioration de l’habitat en tenant compte des modes de vie et des aspirations des ménages. Elle assure également la mise en œuvre opérationnelle des objectifs du schéma d’aménagement général en matière d’habitat.

Parmi les constats également réalisés : les ménages rencontrent de fortes difficultés à acquérir ou à louer un logement en adéquation avec leurs ressources financières et leur souhait d’habitat. Le marché immobilier connaît une grande tension, liée notamment à la difficulté de mobilisation du foncier mais aussi à l’absence d’outils de régulation. Il en résulte une forte hausse des prix des logements. Par ailleurs, le développement des résidences secondaires et touristiques, ainsi que l’accroissement des logements vacants, renforcent le manque d’offre disponible pour les familles aux revenus modestes et moyens.
Si le parc social offre actuellement une solution de logements abordables, il ressort que les classes intermédiaires ont des revenus à la fois trop élevés pour être logés dans le parc social, et insuffisants pour accéder au marché privé.

Une évolution des modes de vie

Davantage d’habitants, et une population au profil jeune et familial : la configuration nécessite des ajustements. Le nombre de personnes par foyer polynésien demeure élevé notamment en raison de l’accueil au sein de la famille élargie. Toutefois, les évolutions sociétales actuelles conduisent à un recul de ce modèle. Les jeunes sont plus souvent désireux d’accéder à l’autonomie dans leur logement,
ou à se rapprocher de leur lieu de formation.

La restitution de cette étude aura lieu demain matin à la Présidence. Parmi les mesures qui seront détaillées : l’annonce de la création d’un observatoire de l’habitat, et un budget de 15 milliards par an consacré à la politique publique de l’habitat.

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