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Liaisons maritimes inter-îles : les armateurs s’organisent pour assurer les rotations

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La covid n'épargne pas le secteur maritime. Les équipages des cargos qui réalisent les liaisons inter-insulaires sont eux aussi fragilisés. Comment garantir les dessertes sans risquer de contaminer les îles éloignées ? Un casse-tête que tentent de résoudre armateurs, affaires maritimes, autorités et services sanitaires.

Publié le 25/08/2021 à 21:05 - Mise à jour le 26/08/2021 à 10:32
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La covid n'épargne pas le secteur maritime. Les équipages des cargos qui réalisent les liaisons inter-insulaires sont eux aussi fragilisés. Comment garantir les dessertes sans risquer de contaminer les îles éloignées ? Un casse-tête que tentent de résoudre armateurs, affaires maritimes, autorités et services sanitaires.

Particulièrement vulnérables dans ce contexte de crise, les îles éloignées tentent de se protéger du virus, mais ont besoin des cargos et goélettes pour s’approvisionner en denrées alimentaires et de première nécessité.

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Navires comme avions sont principaux vecteurs de la covid pour ces zones préservées des flux intensifs. Et si en moyenne 80% des équipages des bateaux actuellement en rotation sont vaccinés : le “risque zéro n’existe pas”, indique Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé. Le maintien des dessertes a fait l’objet d’une réunion, mercredi en fin d’après-midi, avec la direction des affaires maritimes, les services de l’État, de la santé publique et les armateurs.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

La promiscuité accélère la contamination

“La problématique majeure, c’est que l’ensemble de l’équipage se retrouve dans un cercle fermé. Il se retrouve pour travailler, pour déjeuner, pour une vie communautaire. Dès lors, dès qu’une personne est contaminée, la contagion est très rapide”, décrit Hervé Varet. “Nous savons qu’il n’y a pas de schéma qui supprime tout risque. Nous tentons aujourd’hui de minimiser un maximum ce risque. Une personne vaccinée, une personne testée, peut, malgré tout, embarquer le virus. Virus qui peut se déclencher au cours d’un trajet. Nous travaillons sur des protocoles simples et systématiques. Nous proposons une surveillance sanitaire hebdomadaire des équipages. Certaines compagnies ont des protocoles efficaces. Il faut savoir que le taux moyen de vaccination chez les marins tourne autour de 80% selon les armateurs”.

Hervé Varet, directeur de l’ILM. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)
(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

“Pour l’instant, nous sommes plutôt épargnés parce-que nos marins font de nombreux efforts et nous remontent les informations très rapidement. Mais on sait que la situation devient de plus en plus compliqué, ce qui nous incite à la vigilance” explique Lorène, agent d’une compagnie de navigation.

La multiplication des cas de covid impactera-t-elle les dessertes?

Comme Tahiti Infos le révélait mercredi, 11 marins du Taporo VIII sur les 14 que compte l’équipage, ont déclaré la covid en cours de desserte. Alors comment préserver les rotations sans menacer la santé des populations ? Des pénuries et une perturbation des circuits sont-ils envisagés ?

“Nous avons une organisation du transport qui prévoit toujours deux bateaux par île, alors nous arrivons à trouver des solutions”, précise Catherine Rochetau, la directrice des affaires maritimes. “Nous essayons d’accompagner les armements dans leurs missions, les équipages mais aussi les arrivées à terre. Cependant, comme tout le monde, les marins ne sont pas épargnés par la covid. Nous nous efforçons de mettre en place des protocoles. Par ailleurs, dès cette semaine : la vaccination de tous les personnels navigants va devenir obligatoire. Les armateurs ont exprimé leur difficulté à composer des équipages complets. Ils ont également évoqué l’organisation, parfois, à terre. Il peut y avoir du monde sur les quais. Ce sont des points à gérer de manière collective. Plus on anticipe moins on aura de risques de rupture de service.

Frédéric Sautron, administrateur d’État des Tuamotu-Gambier. (Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

“La desserte de ces atolls est essentielle” rappelle l’administrateur des Tuamotu Gambier, Frédéric Sautron. “Nous sommes parfois à un passage mensuel dans certaines îles, et le bateau est la seule source d’approvisionnement en denrées alimentaires et en carburant. Il faut préserver à tout prix le maintien des rotations afin de permettre une continuité de la vie. Nous devons trouver le juste équilibre pour limiter le risque. Pour le moment, il n’y a pas de pénurie identifiée. Nous sommes en contact avec les élus de toutes les zones et nous recensons les différentes problématiques. Nous sommes vigilants et surtout, nous nous efforçons d’être dans l’anticipation. À l’aéroport, un filtre sanitaire est installé depuis une semaine. Cela participe à la diminution des cas. À nous de sécuriser le maritime mais également les habitudes à terre. Nous ne devons pas relâcher la vigilance. Aujourd’hui, le nombre de cas actifs a été divisé par deux aux Tuamotu. Nous souhaitons continuer dans cette dynamique”.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

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