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Syndicats reçus à la présidence : la prime de pouvoir d’achat, un point de blocage

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Ils avaient soumis 15 doléances au gouvernement début octobre pour lutter contre l’inflation : les syndicats de salariés ont été reçus hier après-midi à la présidence pour en parler. L’occasion pour eux de revenir également sur les mises en œuvre du protocole d’accord qui avait mis fin à la grève générale en novembre 2021.

Publié le 03/11/2022 à 9:30 - Mise à jour le 03/11/2022 à 10:53
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Ils avaient soumis 15 doléances au gouvernement début octobre pour lutter contre l’inflation : les syndicats de salariés ont été reçus hier après-midi à la présidence pour en parler. L’occasion pour eux de revenir également sur les mises en œuvre du protocole d’accord qui avait mis fin à la grève générale en novembre 2021.

L’intersyndicale composée de la CSTP/FO, de la CSIP, de Otahi, O ‘oe to ‘oe rima ont été reçus jeudi après-midi à la Présidence.

Retraite, licenciement, CST, ou encore Cesec : cette rencontre de près de 4 heures avec le gouvernement a permis de se pencher sur les 15 doléances listées par les organisations syndicales. L’occasion également de revenir sur les avancées du protocole d’accord signé le 29 novembre 2021 et qui a mis fin à la grève générale.

Le président Edouard Fritch était accompagné du ministre des Finances et de l’Économie en charge de la Protection Sociale Généralisée, Yvonnick Raffin, de la ministre du Travail et des Solidarités, Virginie Bruant, et de la ministre de l’Éducation et de la Modernisation de l’Administration, Christelle Lehartel. Le ministre des Grands Travaux en charge des Relations avec les Institutions, René Temeharo, est venu en cours de réunion.

Les 15 doléances exposées par l’intersyndicales dans son courrier du 4 octobre dernier ont été passées en revue et discutées. Un point d’avancement détaillé a été fait sur les avancées obtenues, les points d’accords, et sur les aspects qui nécessitent encore d’être travaillés. Au fil des échanges, chaque ministre a apporté les précisions et les explications parfois techniques demandées sur les points relevant de ses attributions.

La prime de pouvoir d’achat, un point de blocage

“Les discussions se sont très bien passées, dans une ambiance calme et apaisée. Le dialogue était constructif. On a repris factuellement les points un par un, et on a fait un point de l’avancée, où on en était, ce qui reste à faire, ce qu’on va faire etc. (…) Les syndicats nous ont fait part de leur inquiétude sur la prime, mais c’était difficilement anticipable puisqu’on ne s’attendait pas à ce blocage-là. C’est vrai que quand la prime a été mise en place, on s’attendait à ce que vraiment, dans les discussions, ça soit positif, et a priori, ça leur pose un peu des soucis dans les négociations salariales qu’ils mènent aujourd’hui. Cela nous surprend un peu. On va donc s’approcher des organisations patronnales pour comprendre pourquoi cette prime bloque dans les négociations, car ce n’était pas le but” a précisé la ministre Virginie Bruant.

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“Concernant la prime, ils ont pris l’engagement d’appeler le MEDEF. Parce que nous leur avons dit que c’était de leur faute si les grilles des négociations salariales capotent depuis l’annonce de cette prime. Le gouvernement a transformé le penalty en loi de pays. (…) Aujourd’hui, je crois qu’avec l’inflation de 7%, ce n’est plus possible, surtout avec l’augmentation du coût de la vie. Donc il faut forcément rattraper le pouvoir d’achat des salariés. Et cette prime, à notre sens, a été préparée par le MEDEF pour faire échec aux négociations salariales. En sachant qu’avec cette prime, de toute façon, il n’y a pas de minima. Et il y a déjà des entreprises qui nous ont annoncé ne rien donner à leurs salariés. Comment voulez-vous qu’on accepte cela ? (…) Il n’y a que le SMIG qui a augmenté, et il n’y a pas d’effet domino sur les autres catégories. Il faut répercuter ces hausses sur toutes les grilles de salaires de toutes les catégories” a ajouté pour sa part Lucie Tiffenat, secrétaire générale du syndicat Otahi.

Gouvernement et syndicats ont convenu de maintenir le dialogue et de se revoir assez rapidement. Vendredi, le MEDEF a indiqué qu’ils s’exprimerait sur le sujet.