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Les pharmaciens de Papara rentrent en guerre

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Publié le 20/04/2017 à 15:28 - Mise à jour le 20/04/2017 à 15:28
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Pour chaque commune la règle est la même. Il ne peut y avoir qu’une seule pharmacie pour 7000 habitants, sauf dérogation,  lorsque c’est l’intérêt de la population qui le justifie.

A Papara, commune de 11.390 habitants, une seconde pharmacie a ouvert en 2014 grâce à cette dérogation. Mais la première l’attaque en justice et l’a contrainte à fermer ses portes. Ce que nous confirme Me Thibaud Millet avocat des pharmaciens contestant l’ouverture de la pharmacie de la Taharuu, dont Jean Lutringer est le propriétaire.

Pour l’avocat, il est important de rappeler le contexte de cette affaire: “La maman du pharmacien, Jean Lutringer, dont l’officine vient d’être fermée aujourd’hui, a exploité durant des décennies la seule pharmacie de Papara. Puis, elle a ensuite vendu la pharmacie à mes clients, à un prix extrêmement élevé, justement parce qu’il existe des quotas qui protègent ce type d’investissement”.

Selon Me Thibaud Millet, il était convenu entre les deux parties que madame Lutringer, ne se réinstalle pas dans la commune, mais voila que c’est son fils qui s’installe comme pharmacien, en obtenant “une dérogation illégale qui a été annulée une première fois par la cour administrative d’appel de Paris et par le conseil d’Etat, et ensuite il obtient une deuxième dérogation illégale de façon caricaturale, puisqu’il l’obtient une semaine après l’annulation de la première.”

Pour l’avocat, ce qui pose problème à ses clients, c’est d’avoir effectué un investissement très très lourd en achetant la pharmacie à madame Lutringer, et de voir aujourd’hui son fils créer une pharmacie “gratuitement, vu qu’il ne rachète rien”, pour venir les concurrencer et remettre en cause leur activité.
 
Reste qu’à Tahiti, huit pharmacies ont été ouvertes grâce à une dérogation, et il n’y en a qu’une qui pose problème. Celle de la Taharuu. Pour son propriétaire, les deux kilomètres et demi de distance qui séparent les deux établissements et l’ouverture il y a peu d’un centre de santé regroupant douze praticiens, justifie l’existence de son établissement.

“Il y a deux bassins de population bien distincts à Papara. Ceux du Pk 35, où nous sommes situés et sur la partie Est de Papara, une population de 6 000 habitants, avec une croissance qui grimpe et un dynamisme important avec des nouveaux commerces”. Pour Jean Lutringer, cela justifie son implantation. De plus celui-ci emploie cinq salariés et est sur le point d’en embaucher un sixième. Preuve pour lui, qu’il y a une forte demande.

Il exposera ses arguments dans un nouveau dossier de demande d’autorisation, qui sera déposé le mois prochain. En attendant, c’est pour ses cinq salariés et pour les malades que le propriétaire s’inquiète.

La pharmacie a lancé une pétition qui compte déjà plus de 700 signatures. Une vingtaine de ces pétitionnaires étaient présent ce matin, pour soutenir les pharmaciens.

C’est le cas de Robert Peretia. “C’est important pour moi d’être là car imaginez que l’on ferme la pharmacie, on vient ici voir notre médecin, et après il faut payer le truck pour aller acheter nos médicaments, puis revenir. non, il faut arrêter. Pour ceux qui ont des véhicules, ça va, mais pour les autres, non. et si jamais la pharmacie ferme définitivement, on va barrer la route.”

Le Pays devrait se prononcer sur la réouverture avant le mois de septembre. Si elle est accordée, elle devrait à nouveau être attaquée en justice par l’autre pharmacie. Si elle est refusée, Papara restera la commune la moins bien dotée en nombre de pharmacie par habitants.
 

Rédaction Web avec Tamara Sentis et Tauhiti Tauniua Mu San

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