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Les médecins généralistes veulent augmenter leurs tarifs

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Que représente le secteur de la santé pour le Pays ? C’est la question que se posent en ce moment les syndicats de l’hôpital du Taaone, mais aussi les médecins généralistes. Alors que le CHPF fait face à une baisse de son budget de 4 milliards Fcfp, les médecins libéraux du fenua tirent aussi la sonnette d’alarme tout comme ceux de métropole, en grève depuis 11 jours.

Publié le 05/01/2023 à 15:20 - Mise à jour le 06/01/2023 à 17:05
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Que représente le secteur de la santé pour le Pays ? C’est la question que se posent en ce moment les syndicats de l’hôpital du Taaone, mais aussi les médecins généralistes. Alors que le CHPF fait face à une baisse de son budget de 4 milliards Fcfp, les médecins libéraux du fenua tirent aussi la sonnette d’alarme tout comme ceux de métropole, en grève depuis 11 jours.

Si l’hôpital craque, les médecins généralistes sont aussi à bout de souffle. Le système s’enlise, sans compter le coût de la vie en augmentation. Ils réclament une revalorisation de la consultation de base : ” Nous avons obtenu cette augmentation à 3800 Fcfp. En l’an 2000, elle était de 3300 Fcfp. Ce qui fait une augmentation de 5% sur 22 ans. Je ne connais pas beaucoup de tarifs qui n’aient pas bougé plus que ça en 22 ans. On travaille avec une convention, actuellement collective et modernisée, que l’on a bien voulu signer avec la CPS. Il n’empêche qu’on se met d’accord sur un tarif, mais on se met d’accord, cela ne doit pas être un tarif qui est imposé. Donc, on se rend compte, en fait, que l’on est bridés par cette relation conventionnelle” indique docteur Didier Bondoux, le président du syndicat des médecins libéraux de Polynésie française.

Une revalorisation pour faire face à l’inflation, mais aussi pour attirer de jeunes médecins. Car la profession ne fait plus rêver, tout comme en métropole : ” Il y a les tarifs et puis la vie a changé. On n’est plus corvéables à merci comme l’étaient les médecins d’antan. Les gens qui font des gardes dans le public récupèrent derrière avec des jours de repos, ce qui n’est pas forcement le cas dans le privé. La profession a beaucoup évolué sur les 25, 30 dernières années. Il est donc logique que la pratique même de la médecine évolue et la revalorisation doit aussi être en rapport”.

Au-delà d’une augmentation de la consultation, le syndicat des médecins libéraux pointe du doigt l’échec du système de déclaration du médecin traitant suspendu pour un an, mais également le système des longues maladies : ” A l’heure où je vous parle, il n’y a pas de liste de longues maladies officiellement établie. Cette liste de longues maladies, c’est à partir de là que l’on décide si une personne, avec des critères médicaux, peut obtenir le tiers-payant longue maladie ou non. Et pour le moment, cette liste n’a rien d’officiel “.

Si les discussions ne sont pas rompues avec le Pays, le secteur espère une amélioration rapide de la situation. Car au-delà de ces problématiques, c’est l’ensemble du système de santé polynésien qui est à bout de souffle. ” L’état de santé de la Polynésie, du point de vue médical, doit être largement amélioré. C’est évident que l’on ne peut pas stigmatiser uniquement la CPS. Il y a aussi une question politique : les relations avec le ministère de la Santé, la direction de la Santé et l’ARASS. Il y a des choses à améliorer. Nous, de notre point de vue, nous sommes des gens de terrain, on aimerait pas simplement être entendus mais être aussi un peu écoutés “, conclut Didier Bondoux.