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Les langues polynésiennes sur la table du Cese

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Facteur de cohésion sociale, les langues d’outre-mer sont aujourd’hui une priorité du Conseil économique, social et environnemental (Cese) national. En Polynésie, l’institution est invitée à s’autosaisir de la question. Si le reo ma’ohi a connu un traumatisme dans les années 60, il reprend petit à petit sa place au côté du français. Conforté par les débuts prometteurs des écoles bilingues, tout le monde s’accorde à dire que la maîtrise des deux langues joue un rôle essentiel dans la construction de l’identité collective.

Publié le 12/12/2019 à 14:49 - Mise à jour le 12/12/2019 à 17:13
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Facteur de cohésion sociale, les langues d’outre-mer sont aujourd’hui une priorité du Conseil économique, social et environnemental (Cese) national. En Polynésie, l’institution est invitée à s’autosaisir de la question. Si le reo ma’ohi a connu un traumatisme dans les années 60, il reprend petit à petit sa place au côté du français. Conforté par les débuts prometteurs des écoles bilingues, tout le monde s’accorde à dire que la maîtrise des deux langues joue un rôle essentiel dans la construction de l’identité collective.

S’il y a bien une chose qui emporte l’adhésion de toute la classe politique, c’est le reo ma’ohi. Reléguées à la sphère privée dans les années 60, les langues polynésiennes retrouvent le chemin de l’école, lorsque la loi Deixonne est étendue à la Polynésie en 1981. Trente ans plus tard, elles sont présentes dans tous les cycles, et défendues par trois grandes académies.

Mais dans les îles Sous-le-Vent, soit Tahiti et Moorea, le tahitien n’est parlé que par 20% de la population, tandis que dans les Australes ou les Marquises, sanctuarisés du fait de leur éloignement, le nombre de locuteurs franchit la barre des 50%.

Malgré un certain progrès, le traumatisme est toujours là. « Il y a un choc psychologique que ce peuple a connu, rappelle Flora Devatine, présidente de l’Académie tahitienne. Tant qu’il n’aura pas été levé, on ne pourra pas le réparer. Nous devons reconnaître ce que nos parents, nos grand-parent ont vécu. »

Malheureusement, la révision de la constitution en 1992 fait perdre au reo ma’ohi son statut de langue co-officielle. L’effet collatéral n’a pas d’impact couperet, mais marque symboliquement une marche arrière. Deux ans plus tard, la loi organique dans son article 57 a bien tenté d’enrober le texte qualifiant le reo ma’ohi de « ciment de cohésion sociale », mais le mal est fait.

Ce recul législatif n’empêche pas pour autant le déploiement d’une politique éducative ambitieuse. A l’instar des écoles bilingues à parité horaire, comme c’est le cas à Moorea ou à Taha’a. Notamment parce que le cadre légal le permet.

« La volonté politique est assurée, il n’y a plus de débat là-dessus, à l’assemblée de la Polynésie on a eu un aval à l’unanimité », se réjouit Christelle Lehartel, ministre de l’Education. Même écho du côté des chercheurs. « Il y a vrai un consensus qui se dégage, commente Jacques Vernaudon, maître de conférences de linguistique à l’Université de la Polynésie française. Tout le monde a bien conscience que c’est une dimension essentielle de notre identité collective. » 

L’ensemble des Cese de France, y compris notre Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec), sont vivement invités à se saisir de cette question avant les états généraux du plurilinguisme, prévus en 2021 à La Réunion.

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