Les jeunes Polynésiens de métropole confrontés à la hausse du coût de la vie étudiante

Publié le

En métropole, de nombreux jeunes Polynésiens se préparent pour leur rentrée universitaire. Une rentrée qui risque de se faire à grands frais. Après l’UNEF, la FAGE, la Fédération des associations générales étudiantes, s’alarme, en effet, de la hausse du coût de la vie étudiante. Dans une étude dévoilée mercredi, le syndicat estime à plus de 360 000 francs en moyenne le coût de la rentrée 2023. Un montant en hausse de 4,68% par rapport à l'an passé.

Publié le 04/09/2023 à 14:11 - Mise à jour le 04/09/2023 à 14:11

En métropole, de nombreux jeunes Polynésiens se préparent pour leur rentrée universitaire. Une rentrée qui risque de se faire à grands frais. Après l’UNEF, la FAGE, la Fédération des associations générales étudiantes, s’alarme, en effet, de la hausse du coût de la vie étudiante. Dans une étude dévoilée mercredi, le syndicat estime à plus de 360 000 francs en moyenne le coût de la rentrée 2023. Un montant en hausse de 4,68% par rapport à l'an passé.

Étudier n’a jamais été aussi cher pour les jeunes. Selon l’indicateur annuel du coût de la rentrée universitaire publié par la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), le coût de la rentrée franchit la barre symbolique des 3 000 euros, soit plus de 360 000 francs. Un constat plus qu’inquiétant pour le syndicat.

« Ce que l’on observe, c’est que c’est principalement sur le logement et sur l’alimentation que l’on a la plus grosse hausse. Ça va venir impacter les étudiants dès la rentrée. C’est une tendance haussière que l’on a déjà depuis des années. Mais, cette année, c’est particulièrement accablant puisqu’on a déjà des étudiants qui sont sans logement à la rentrée, qui renoncent à faire des études car ils n’ont pas les moyens de continuer », constate, amer, Felix Sosso, le porte-parole de la FAGE.

Déjà fragilisé par l’inflation post covid, le pouvoir d’achat des étudiants va donc encore baisser, notamment en raison d’une flambée des frais de la vie courante de 8,8 %. Trois postes de dépenses contraintes sont visées : l’alimentation, qui connaît une hausse de 15 %, selon la FAGE, les loyers et cautions (plus 9 %) et les forfaits téléphone et Internet (plus 19 %).

– PUBLICITE –

Pour les étudiants polynésiens, qui ont déjà beaucoup investi dans leur déplacement en métropole, c’est la double peine. Vaihimu Tetua l’a vécue. Etudiante il y a encore quelques semaines, elle revient sur les difficultés d’une installation à Paris.

« Il faut économiser là où l’on peut »

« Il y a eu beaucoup de challenges. Quand je suis arrivée, je n’avais pas de logement. Je l’ai eu la semaine après mon arrivée. C’était pendant les cours, donc c’était compliqué. Et à Paris, tu as un studio pour 800 ou 1000 euros par mois -entre 96 000 et 120 000 francs, Ndlr-, donc ce n’est pas du tout le même budget. C’est assez difficile. Après, il faut s’adapter. Il faut économiser là où l’on peut et il y a beaucoup de bons plans pour les étudiants à Paris. Par exemple, des associations qui offrent des paniers alimentaires », témoigne l’ancienne étudiante.

A leur arrivée dans l’Hexagone, les étudiants polynésiens ne sont pas seuls. La Délégation polynésienne à Paris a pour mission de faciliter leur installation.  « La Délégation a un rôle auprès de ces étudiants, d’abord d’information et d’assistance dans leurs formalités, s’ils rencontrent, par exemple, des difficultés pour monter leurs dossiers de logement, leurs demandes de Carte Vitale, donc l’accès à la protection sociale », explique Sarah Teriitaumihau, la Déléguée de la Polynésie à Paris

Le gouvernement central a instauré de nouvelles aides mais elles ne permettent pas encore aux étudiants de faire face à ces hausses. Les allocations logement ont été revalorisées de 1,6 % seulement. Les bourses, elles, ont augmenté de 4400 à 15 000 francs par mois selon les échelons. Mais cela reste insuffisant pour compenser la hausse des frais de la vie courante, selon la FAGE. 

« Identifier les aides »

« Cette difficulté financière qui vient s’ajouter est terrible », déplore Sarah Teriitaumihau, « aujourd’hui, et ce sont les discussions que l’on a engagées cet été avec les associations nationales (…), il s’agit d’identifier les aides, financières, essentiellement, qui peuvent exister pour ces étudiants ».  

Si la première mission du CIDJ, le Centre d’information et de documentation jeunesse, reste l’orientation, son réseau de 500 professionnels lui permet aussi d’aiguiller les étudiants sur plusieurs fronts.

« On s’est surtout aperçu que les jeunes avaient besoin d’un gros soutien en début d’année, quand ils arrivent. Ensuite, ils volent, et tant mieux. Et on les revoit en fin d’année quand ils cherchent des temps de convivialité ou pour préparer l’année suivante », souligne Ferroudja Kaci, la responsable développement des services au public du CIDJ.

Le ministère de l’Enseignement supérieur avait annoncé une revalorisation de 20% du budget consacré aux bourses. De quoi élargir l’assiette des bénéficiaires à 35 000 boursiers. Mais cette annonce tarde à se concrétiser.

Dernières news