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Les enseignants polynésiens s’inquiètent de la réforme de la voie professionnelle

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Malgré l'appel des syndicats métropolitains, seule une quarantaine d'enseignants ont suivi le mouvement de grève contre la nouvelle réforme du lycée professionnelle voulue par Emmanuel Macron. Les enseignants dénoncent une énième réforme de la voie professionnelle ces quinze dernières années, sans qu’aucun bilan n’en ait été tiré.

Publié le 18/10/2022 à 14:59 - Mise à jour le 18/10/2022 à 17:30
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Malgré l'appel des syndicats métropolitains, seule une quarantaine d'enseignants ont suivi le mouvement de grève contre la nouvelle réforme du lycée professionnelle voulue par Emmanuel Macron. Les enseignants dénoncent une énième réforme de la voie professionnelle ces quinze dernières années, sans qu’aucun bilan n’en ait été tiré.

Timide relais du mouvement national au Fenua. S’ils étaient une quarantaine d’enseignants à se mobiliser pour la grève du 18 octobre à l’appel des syndicats nationaux de l’éducation, ils étaient bien décidés à faire part de leur craintes sur le projet de réforme des lycées professionnels esquissé par Emmanuel Macron en septembre dernier.

A quelques semaines du déplacement de la ministre de l’Éducation Christelle Lehartel à Paris pour le dialogue de gestion avec son homologue de l’Éducation nationale, les syndicats ont d’ores et déjà annoncé qu’ils feront remonter leurs doléances au vice-recteur et au haut-commissaire.

Au cœur des préoccupations ? la volonté du président de la République d’augmenter les temps de stages en lycée professionnels “d’au moins 50 %”, afin d’ “avoir un système qui se rapproche de l’apprentissage”. Et ce, dès la rentrée 2023.

Quelle adaptation de la réforme à Tahiti ?

Si réforme il y a, elle doit se faire “en bonne intelligence“, estime Temarama Varney, trésorier du syndicat des enseignants de l’UNSA Polynésie. Avec le vœu que la spécificité de la Polynésie soit prise en compte dans les échanges avec le gouvernement central.

En effet, pour Maheanuu Routier, secrétaire territorial du SNEETA-FO, l’adaptation de la réforme au fenua pose problème : “Contrairement à ce qu’il y a en métropole, ici l’enseignement professionnel représente 50% des élèves des lycées. Ce qu’on attend, c’est qu’il n’y ait plus de modification des enseignements, parce qu’avec la dernière réforme, on a perdu des heures d’enseignement général“.

Un volume d’enseignement réduit pour faire plus de place aux semaines passées en alternance, avec une augmentation du nombre de semaines de stages de 50% (de 22 semaines à 33 semaines sur 3 ans). La crainte soulevée par les syndicats est de voir les programmes d’enseignement bâclés, et fatalement le nombre de postes d’enseignants réduit, notamment pour les titulaires dont les matières n’ont qu’un petit volume horaire.

(Crédit Photo : Tahiti Nui Télévision)

Des inquiétudes d’autant plus grandes que les enseignants ont du mal à placer les élèves en entreprise, une tendance particulièrement vraie pendant le COVID et qui, selon les syndicats, ne semble pas s’inverser. “Les entreprises ont de moins en moins envie d’avoir nos élèves dans leur structure, s’inquiète Maheanuu. (…) Quand on a par exemple une cinquantaine d’employés, on ne peut pas dédier une personne pour un stagiaire, cela a un impact non négligeable sur un chantier”.

Contactée par nos journalistes, la direction Générale de l’Éducation et des Enseignements n’a pas encore précisé sa position sur ces annonces.