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L’équivalent « Fonds vert » réintroduit dans le budget des Outre-mer grâce à un amendement de Maina Sage

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Publié le 08/11/2017 à 6:23 - Mise à jour le 08/11/2017 à 6:23
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La ministre des Outre-mer Annick Girardin avait annoncé en commission que l’équivalent « Fonds vert » (prêts à taux zéro pour les projets d’atténuation ou d’adaptation aux changements climatiques), promesse de François Hollande quand il s’était rendu en Polynésie en 2016, ne serait pas reconduit. 

L’idée est « d’abonder le fonds vert de manière plus importante sur l’ensemble des territoires outre-mer », en s’appuyant pour cela sur le sommet Climat du 12 décembre à Paris qui « doit nous servir pour obtenir ce fonds vert », a-t-elle expliqué jeudi, assurant que « tous les projets engagés en 2018 seront financées ». 

Cet équivalent « Fonds vert » avait été créé car les collectivités du Pacifique ne sont pas éligibles au fonds vert pour le climat ou à d’autres mécanismes existants dans les départements et régions d’Outre-mer, comme l’assurance Cat Nat (catastrophe naturelle), a défendu Maina Sage, estimant que la disparition de ce dispositif, en pleine COP 23, était « un mauvais signal ».

En Polynésie française, il a permis de financer en 2017 environ 12,5 millions d’euros d’investissement différents projets (école bioclimatique, lampadaires photovoltaïques, etc.), a-t-elle rappelé, et 20 millions d’euros de projets sont d’ores et déjà identifiés pour 2018.

« Cet équivalent +Fonds vert+ a impulsé une dynamique » dans le Pacifique, a souligné Ericka Bareigts (La Réunion, Nouvelle Gauche). « Ne lâchons pas ce qui marche », a demandé Yves Jego (Constructifs). 

Le budget Outre-mer pour 2018 est en hausse de 4,4% à structure constante par rapport à 2017, à 2,02 milliards d’euros, a indiqué Mme Girardin.

Plusieurs députés ont déploré que le fonds d’urgence outre-mer ne soit abondé que de 10 millions d’euros, alors que les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy viennent d’être dévastées par le cyclone Irma. « Le fonds d’urgence sera abondé autant qu’il le faudra », a assuré la ministre, avec « une taxation de tous les ministères » pour l’alimenter.

Les députés se sont aussi inquiétés de la diminution des crédits pour le logement et d’une baisse du budget de l’agence de l’Outre-mer pour la mobilité (Ladom), alors que les missions de cet organisme qui finance notamment les billets d’avions pour les jeunes étudiants, augmentent. 

Jean-Yves Rathenon (La Réunion, LFI), a dénoncé « un budget de repli », qui « ne jette pas les bases d’un avenir meilleur » pour les ultramarins, Jean-Philippe Nilor (Martinique, GDR) un budget « sans audace et sans ambition » et David Lorion (La Réunion, LR) un budget « en trompe l’oeil ». Ericka Bareigts s’est aussi inquiétée pour le Plan séisme Antilles ou la Cité des Outre-mer. Naïma Moutchou (LREM) a salué au contraire un budget « sincère ». 

« C’est la première fois que je me sens vraiment bien dans cette assemblée », a déclaré le député François Ruffin (LFI) en saluant ses collègues ultramarins. « Sans doute il y a des désaccords entre vous mais vous songez à l’intérêt de vos territoires et vous parvenez à passer par dessus ces désaccords », a-t-il noté, espérant « un effet de contagion sur l’ensemble des élus métropolitains ».

AFP

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