Légalisation du pakalolo : pourquoi pas chez nous ?

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Publié le 04/01/2018 à 12:03 - Mise à jour le 04/01/2018 à 12:03

Légaliser le cannabis : rêve ou réalité ? En Polynésie française, la question est posée depuis de nombreuses années. Mais la réponse ne peut venir du gouvernement local. La compétence législative revient à l’Etat français.

Si la légalisation de cette drogue fait l’objet de nombreux débats, elle ne semble pas être sur le point d’être autorisée par le pouvoir central. Au contraire de plusieurs états américains, comme la Californie, qui vient de légaliser le cannabis à usage récréatif.

En Polynésie, plusieurs voix s’élèvent pour aller dans ce sens. Karl Anihia, président de l’association Tahiti Herb Culture, soutient :

« Avec le pakalolo, il y a une vraie économie parallèle ici au fenua. Si on laisse comme ça, c’est une économie qui nous échappe. Par contre, si on l’encadre, ça permettra aux agriculteurs de rentrer dans le système… »

Les personnes contre la légalisation mettent en avant les arguments de protection et de la jeunesse et de santé publique. Les consommateurs de paka sont de plus en plus jeunes. Un phénomène qui pourrait être accentué par la légalisation.

Mais l’association souhaite ouvrir le débat. Le président estime, au contraire, qu’ouvrir le marché permettrait d’atténuer les risques de cette drogue. Il continue :

« A l’heure actuelle où cela est interdit, tout le monde peut s’en procurer où il veut avec qui il veut, sans aucun contrôle sur le produit. C’est là où ça devient dangereux. »

Le président de l’association est rejoint sur certains points par le député Moetai Brotherson. Ce dernier se dit favorable à la dépénalisation de l’usage récréatif du cannabis et pour une légalisation des usages thérapeutiques et industriels.

L’élu veut pour exemple le changement de cap en matière de prohibition du Portugal. Selon lui, en dépénalisant certaines drogues, ce gouvernement a réussi à faire baisser le nombre d’addictions.

Moetai Brotherson souhaite que le débat. Sans pour autant négliger les risques pour les jeunes.

« Il faut préserver ce public. »

La question sera-t-elle un jour débattue ? Pour l’heure, la balle est dans le camp de l’Etat.

Rédaction web avec Davidson Bennett 

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