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L’école à la maison bientôt interdite ?

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L’école à la maison sera-t-elle bientôt interdite ? Le Président de la République l’a annoncé il y a quelques jours : il souhaite que tous les enfants aillent à l’école. En Polynésie, une cinquantaine de familles a choisi de retirer les enfants du système scolaire traditionnel, pour une éducation à domicile. Si la nouvelle loi est votée, et est appliquée en Polynésie, cela deviendra illégal. Nous avons rencontré quelques-unes de ces familles pour comprendre leur choix.

Publié le 11/10/2020 à 10:47 - Mise à jour le 11/10/2020 à 10:47
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L’école à la maison sera-t-elle bientôt interdite ? Le Président de la République l’a annoncé il y a quelques jours : il souhaite que tous les enfants aillent à l’école. En Polynésie, une cinquantaine de familles a choisi de retirer les enfants du système scolaire traditionnel, pour une éducation à domicile. Si la nouvelle loi est votée, et est appliquée en Polynésie, cela deviendra illégal. Nous avons rencontré quelques-unes de ces familles pour comprendre leur choix.

Une perceuse à trois ans, une scie à un an et demi : la scène est inimaginable en classe. Pour leurs deux enfants, Tamatoa et Maite ont choisi l’école à la maison. Une manière d’apprendre qu’ils jugent plus douce. Toute forme de violence, physique ou verbale, y est proscrite. Chacun apprend selon ses envies. 

« J’ai l’impression qu’à l’école on est très figé sur le contenu de ce que nos enfants apprennent. S’ils vont réussir à tenir le programme de l’année ou du trimestre… Nous on n’a pas cette pression-là, parce qu’on sait que quand on les encourage à aller vers ce qu’ils aiment, ce qu’ils apprécient, eh bien ils développent ce goût de l’apprentissage. Et ils sont prêts ensuite à apprendre absolument tout et par eux-mêmes », assure Maite Mai.

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Une fois par semaine, une famille en accueille d’autres pour partager les découvertes. Aujourd’hui, Tamatoa et Maite reçoivent parents et enfants chez eux, sur le plateau de Taravao. Ce jour-là les enfants ont choisi les ateliers slackline, fabrication de vivo et pandanus, sans oublier un peu de lecture et de botanique. La prochaine fois, ils comptent visiter la ferme voisine.

Toute la semaine, enfants et parents peuvent aussi se retrouver à l’Eco-Lieu, à Faa’a. Pas une école, mais un concentré de matériel pour apprendre.

Pour un abonnement de 5.000 Fcfp par mois, les enfants peuvent profiter de nombreux jeux pédagogiques. Certains parents proposent aussi de petits cours, comme la langue des signes pour bébé.

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Ces familles refusent les contraintes de l’école, la pression des notes, l’apprentissage assis devant une table ou encore le manque d’adaptation à chaque élève.

Ces parents rêvent aussi pour leurs enfants d’un monde plus ouvert sur la nature. La salle de classe est remplacée par un potager.

« Moi ce que j’aime, c’est qu’à l’Eco-Lieu et à la Maison, je fais ce que je veux, confie Keanui, 9 ans. Je vais dans la cours, je choisis une activité, je fais du trapèze, je fais le jardin. »

Finis aussi les fast-foods. La plupart de ces familles veulent manger plus sainement des produits qu’elles cultivent et préparent elles-mêmes. Ces parents ne veulent pas être réintégrés de force dans un système scolaire qu’ils rejettent.

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

« Ce qu’on craint avec cette mesure, c’est que le gouvernement veuille reprendre le pouvoir, le contrôle, sur des familles qui sont libérées d’un système pour pouvoir penser différemment de ce que le système impose, explique Sara Aline, présidente de Parent autrement et responsable de l’Eco-Lieu. Et finalement ces familles-là ne nourrissent plus cette façon de penser, ce système capitaliste. L’école à la maison, c’est une façon de créer une autre société, de créer un autre système beaucoup plus libre avec un esprit critique qui est fort chez nos enfants. Et donc forcément, ça ne les arrange pas. »

La décision du président de la République vise surtout à scolariser les enfants isolés dans une famille sectaire pour éviter les dérives islamistes par exemple. Cette radicalité n’existe pas en Polynésie.

Pour les parents qui la choisissent, l’école à domicile vise plutôt à trouver soi-même son équilibre, à son rythme, sans la peur de l’échec, et avec le plaisir de la réussite.

Malgré nos sollicitations, le ministère de l’Education n’a pas souhaité réagir à l’annonce du Président de la République sur la suppression prochaine de l’école à la maison.

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