mercredi 1 décembre 2021
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Le foyer Te Aratia dans la tourmente

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Rien ne va plus au foyer Te Aratia depuis le 18 mars dernier. Engagée dans un bras de fer judiciaire avec le Camica (conseil d'administration de la mission catholique de Tahiti), la directrice du foyer, sœur Joséphine, dénonce les pressions de l’église catholique pour la pousser vers la sortie, quitte à couper la ligne téléphonique du foyer, selon ses résidentes. Mais ce n’est pas tout...

Publié le 05/11/2021 à 18:23 - Mise à jour le 22/11/2021 à 13:35
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Rien ne va plus au foyer Te Aratia depuis le 18 mars dernier. Engagée dans un bras de fer judiciaire avec le Camica (conseil d'administration de la mission catholique de Tahiti), la directrice du foyer, sœur Joséphine, dénonce les pressions de l’église catholique pour la pousser vers la sortie, quitte à couper la ligne téléphonique du foyer, selon ses résidentes. Mais ce n’est pas tout...

Que vont devenir les étudiants logés au foyer Te Aratia ? C’est la question qui hante sœur Joséphine, encore bouleversée par les récents événements. Car après la coupure téléphonique 15 jours plus tôt, le foyer a eu la mauvaise surprise de voir débarquer des agents d’EDT dans sa cour pour couper l’électricité. “Une monitrice du foyer a demandé d’attendre la directrice. Je ne sais pas si des ordres ont aussi été donnés pour couper l’eau, mais c’est probable. Monseigneur Cottanceau n’applique pas les modes de résolution des litiges par des voies compatibles avec les principes de dialogue pratiquées habituellement dans l’Église” explique Yves Lau, du comité de soutien de sœur Joséphine.

Des décisions qui perturbent le fonctionnement du foyer et les conditions de vie de ses pensionnaires. Pour Orimai Mama qui côtoie le foyer depuis trois ans, l’équation est simple : pas de ligne téléphonique = pas d’internet. “On a plus internet depuis quelques jours maintenant, et c’est un peu compliqué car on est étudiant et on en a besoin pour effectuer nos travaux” confie-t-elle.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Les ennuis ont commencé le 18 mars pour sœur Joséphine. Ce jour-là, la responsable du foyer s’est vue notifier son licenciement pour faute par le Camica lui ordonnant de rendre les clés.

Une décision abusive juge l’intéressée, qui rappelle qu’elle n’est pas employée par le Camica, mais par l’association Te Tiaì Mamoe Maitaì, propriétaire du foyer. Le tribunal lui a d’ailleurs donné raison en première instance. Mais pour son comité de soutien, le conflit remonte a bien plus longtemps : “Cela fait maintenant près de trois ans que l’enseignement catholique veut faire main basse sur le maximum des subventions attribuées par la Polynésie française. [Sœur Joséphine] subit depuis près de six mois maintenant un harcèlement par le directeur de l’enseignement catholique duquel monseigneur Cottanceau se dit solidaire”.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Pour sa défense, la responsable rappelle que le foyer Te Aratia via l’association Te tiaì Mamoe Maitaì est financé par des subventions publiques, qui ne peuvent donc pas revenir au Camica. Ce dernier a d’ailleurs fait appel de la décision.

Le Camica n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

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