Premier état des lieux des prisons polynésiennes depuis 2016

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Il ne s'était plus réuni depuis sa création en 2016. Le conseil d’évaluation unique des centres pénitentiaires, dont sont membres les directeurs de Nuutania et de Tatutu, a présenté son bilan de l’année 2022. L'occasion de dresser un état des lieux des prisons du fenua et de présenter les perspectives en matière de réinsertion.

Publié le 07/07/2023 à 17:03 - Mise à jour le 07/07/2023 à 17:16

Il ne s'était plus réuni depuis sa création en 2016. Le conseil d’évaluation unique des centres pénitentiaires, dont sont membres les directeurs de Nuutania et de Tatutu, a présenté son bilan de l’année 2022. L'occasion de dresser un état des lieux des prisons du fenua et de présenter les perspectives en matière de réinsertion.

Près de 500 personnes sont détenues dans les deux principaux centres de détention du fenua. Si celui de Tatutu, inauguré en 2017, est moderne, celui de Nuutania est vétuste. Inauguré en 1974, il dénombre 200 personnes incarcérées pour une capacité de 170 places.

C’est notamment pour évaluer ce problème de surpopulation carcérale que les autorités de l’État et du Pays, les instances judiciaires, la société civile mais aussi les représentants des confessions religieuses se sont réunies en conseil d’évaluation unique des centres pénitentiaires, ce vendredi. Créé en 2016, il devait théoriquement dresser un bilan chaque année. Il aura cependant fallu attendre 7 ans avant une nouvelle réunion.

« Tatutu doit être une des rares prisons de France qui n’a qu’un taux d’occupation de 73%, précise le Haut-Commissaire de la République Éric Spitz. Il y a encore 80 places de ‘libres’ mais ne souhaitons évidemment pas qu’elles se remplissent« . À Nuutania, le représentant de l’État concède que la situation est plus difficile : « l’administration pénintentiaire a programmé des investissements importants pour y améliorer la détention » , avance-t-il.

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Le conseil unique d’évaluation se penche aussi sur le respect des droits des détenus, la sécurité des agents pénitentiaires et des bâtiments, ou encore l’accès aux soins. À Tatutu, les détenus, parfois à la santé fragile, sont condamnés pour de longues peines.

Cellule de Tatutu (Crédit Photo : TNTV)

Ce matin, les échanges ont porté à la fois sur les problématiques des violences domestiques, du trafic d’ice mais aussi sur les perspectives de réinsertion que favorisent les formations proposées tout au long du parcours carcéral

Le Président de la Polynésie française Moetai Brotherson souhaite ainsi « prendre conscience des articulations qui existent déjà entre l’État, le Pays et les communes sur les actions de réinsertion » , qu’il s’agisse « de faapu ou de formations à l’artisanat » . « Il y a plein de choses qui sont mises en oeuvre, à nous de voir comment on peut les utiliser » .

Cette réunion permet en effet aux directeurs des établissements pénitentiaires de présenter et détailler les politiques publiques menées en matière de réinsertion, et les projets en cours. « L’idée, c’est de créer une passerelle entre l’intérieur, où on fait travailler et on forme une personne, et l’extérieur, explique le directeur du centre de détention de Tatutu Vincent Vernet. Après, elle peut être directement embauchée à sa sortie, dans le cadre de stages ou de contrats« . Le directeur mentionne notamment un « excellent chantier d’insertion » autour des métiers du bois.

La visite du centre de détention de Tatutu a aussi permis de mesurer les besoins en personnel pour le suivi des détenus. Par exemple, le centre n’a pas toujours eu de psychiatre. La nouvelle convention passée avec le Centre hospitalier de Polynésie française prévoit désormais un poste à mi-temps ; et deux postes de psychologues à temps plein.

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