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Le CHPF de Taaone toujours sans budget

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Le budget 2023 du CHPF de Taaone n’a toujours pas été adopté malgré une nouvelle réunion des membres du conseil d’administration de l’établissement, ce vendredi. Une prochaine rencontre est prévue jeudi dans un contexte tendu, les personnels dénonçant un manque de moyens et un hôpital au bord de l’implosion.

Publié le 06/01/2023 à 14:53 - Mise à jour le 07/01/2023 à 15:15
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Le budget 2023 du CHPF de Taaone n’a toujours pas été adopté malgré une nouvelle réunion des membres du conseil d’administration de l’établissement, ce vendredi. Une prochaine rencontre est prévue jeudi dans un contexte tendu, les personnels dénonçant un manque de moyens et un hôpital au bord de l’implosion.

Plusieurs dizaines de personnels du CHPF de Taaone s’étaient donné rendez-vous dans le parking de l’établissement, vendredi matin, pour dénoncer leurs conditions de travail alors qu’au même moment les membres du conseil d’administration se réunissaient pour tenter d’en arrêter le budget.

Des soignants qui se disent à bout du fait d’un manque criant de moyens. « La qualité des soins ne peut pas être là si l’on réduit le personnel. On laisse nos familles et nos enfants de côté, et ça, depuis le COVID. Dans mon service, la nuit, on est en sous-effectif (…) On veut être un hôpital performant, alors il faut aussi mettre les moyens humains », déplore Jenny Mai, infirmière en néonatologie.

Faute de soignants en nombre suffisant, des interventions sont régulièrement déprogrammées et des choix doivent être faits comme l’explique le docteur Philippe Dupire, le président de la commission médicale du CHPF : « On fait passer en priorité les malades en urgence absolue, ensuite les malades en urgence relative ». Et le médecin d’ajouter : « l’hôpital c’est un peu comme un avion. Quand le personnel n’est pas à bord, l’avion ne décolle pas. Dans un bloc opératoire, c’est pareil. S’il manque des personnels, on n’est pas capable d’opérer en sécurité, donc on ne va pas opérer et reporter ».

Et ce, alors que l’activité du CHPF de Taaone n’a cessé de croitre ces dernières années. « Au niveau du Pays, il y a des ressources financières qui ne sont pas forcément à la hauteur (…) La problématique, c’est d’ajuster le budget du CHPF à ses besoins », précise Philippe Dupire.

Mais cet ajustement tarde à venir. La réunion du conseil d’administration a été de courte durée alors qu’il manque « entre 5 et 6 milliards Fcfp de besoins de financement », selon docteur Dupire.

« Les discussions étaient très ouvertes et calmes. Un certain nombre d’administrateurs demandent à avoir des précisions sur ce qu’il va se passer après le vote que l’on est susceptible de faire sur ce budget », explique le ministre de la Santé, Jacques Raynal. Une nouvelle rencontre aura donc lieu jeudi, le temps notamment que les organisations syndicales présentent à leurs adhérents le contenu du projet de budget 2023.

« Il faut que nous trouvions les moyens nécessaires pour faire tourner cet hôpital au niveau dans lequel il se trouve, c’est à dire au niveau maximal », poursuit Jacques Raynal qui souhaite « éviter » la fermeture de certains services.  

Le ministre de la Santé compte faire appel à des cabinets spécialisés pour « mieux étalonner les différents services en fonction de l’activité (…) et formater un budget par rapport à cette activité et non plus formater comme cela se fait à l’heure actuelle, un petit peu à la louche et, surtout en fonction des budgets précédents ». « On essaye de trouver des solutions et on les trouvera (…) Il faut que l’on travaille de nouveau à la restructuration de l’hôpital », conclut-il.

Pour Patrick Galenon, le président du conseil d’administration de la CPS, il faut aussi « chercher l’argent où il est ». « Sur les maladies radio-induites, j’ai toujours combattu pour dire que c’est quand même l’Etat qui nous doit de l’argent », dit-il.

En 2022, le budget global du CHPF de Taaone s’élevait à un peu plus de 26 milliards Fcfp.

Mireille Duval, représentante du syndicat CSTP-FO au centre hôspitalier de Polynésie française, était l’invitée du journal :