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Le boom des ventes de voitures “made in China”

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DOSSIER DE LA RÉDACTION – Ces cinq dernières années, les voitures chinoises n’ont cessé de grappiller des parts de marché aux constructeurs européens, américains et japonais. Leurs prix minimes attirent les clients mais pas seulement. Leur qualité a également progressé au point que pratiquement une voiture sur dix vendues aujourd’hui au fenua est "made in China".

Publié le 11/04/2019 à 9:33 - Mise à jour le 19/06/2019 à 8:27
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DOSSIER DE LA RÉDACTION – Ces cinq dernières années, les voitures chinoises n’ont cessé de grappiller des parts de marché aux constructeurs européens, américains et japonais. Leurs prix minimes attirent les clients mais pas seulement. Leur qualité a également progressé au point que pratiquement une voiture sur dix vendues aujourd’hui au fenua est "made in China".

BYD, Great Wall, MG, Landwind ou DFM… Contrairement aux apparences, derrière ces noms à consonance anglophone, on trouve des constructeurs chinois. Ces voitures dont les logos étaient encore inconnus de tous il y a peu, on en croise désormais quotidiennement sur nos routes.

Après la crise de ces dernières années, les concessionnaires locaux se sont lancés dans leur commercialisation pour tenter de gagner des parts de marché. Et le résultat dépasse leurs espérances. Chaque mois, davantage de Polynésiens optent pour ces véhicules made in China.

En premier lieu pour leurs prix, 20 à 25% moins élevés que ceux des modèles de gamme similaire chez les constructeurs traditionnels. Et en termes de qualité et d’équipements, on est loin de ce qui se faisait il y a encore quelques années.

“Ces dix dernières années, les voitures chinoises ont fait un réel progrès au niveau fiabilité, au niveau motorisation, au niveau options, et cela ne m’étonne pas du tout de l’engouement auprès des Polynésiens, explique Pierre Fassler, chef des ventes à DFM Motors. On avoisine les 350 véhicules vendus depuis un an et on continue sur ce rythme-là.”

Pour vendre en Chine, les constructeurs occidentaux sont contraints par les autorités de produire leurs voitures conjointement avec leurs homologues chinois. Ce qui permet à ces derniers de s’imprégner, voire de copier, leur savoir-faire et ainsi de rattraper leur retard.

“Ils se sont inspirés de ce qui se faisait ailleurs dans le monde, confie Daniel Rapon, directeur du groupe Tahiti Automobiles. Et puis le marché intérieur chinois explose clairement, donc les Chinois n’ont pas forcément besoin, aujourd’hui dans le monde de l’automobile, d’exporter, parce que leur marché leur suffit largement. Certains grands groupes, dont ceux avec lesquels nous travaillons, ont pris parti de travailler pour l’export et dès lors qu’ils avaient besoin de travailler pour l’export, ça nécessitait une adéquation de la qualité avec les grands standards internationaux d’aujourd’hui.”

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En janvier 2015, 3,6% des voitures vendues en Polynésie étaient d’origine chinoise. Aujourd’hui, c’est près d’une sur dix qui provient des usines de l’Empire du milieu.

Chez un concessionnaire de la place, nous retrouvons Sylvain, venu avec femme et enfants essayer un modèle familial. Et il est conquis. “C’est bluffant pour le rapport qualité/prix”, souffle-t-il.

En Europe, les ventes de ces voitures peinent à décoller. Le made in China rebute les acheteurs. Mais en Polynésie, cela ne pose pas de problème. “Pour moi la Chine a beaucoup évolué et ils font des produits de plus en plus de meilleure qualité, poursuit Sylvain. Il ne faut pas avoir de préjugés là-dessus. C’est sûr que ce n’est pas une voiture de grande marque, mais c’est déjà pas mal pour un début.”

En termes de service après-vente aussi, d’énormes progrès ont été réalisés. En cas de casse ou de panne, toutes les pièces sont rapidement disponibles.

“Le circuit d’approvisionnement de pièces détachées se trouve aujourd’hui parfaitement rodé, on a des catalogues électroniques comme tous les autres constructeurs, assure le directeur du groupe Tahiti Automobiles. Très honnêtement, on ne voit aucune différence dans le traitement SAV d’un véhicule importé de Chine dans les marques les plus représentatives par rapport à d’autres constructeurs.”

Les professionnels polynésiens se rendent d’ailleurs régulièrement sur les chaines de production chinoises pour les évaluer, à Shanghai notamment. Et ils sont stupéfaits par ce qu’ils y voient.

“C’est tout à fait l’équivalence voire même un peu plus bluffant que certaines grandes usines américaines ou européennes, confie Daniel Rapon. Le modernisme est là. La Chine d’aujourd’hui n’a plus rien à envier à ses homologues internationaux.”

Quant au prix très attractif, il s’explique par une main d’œuvre moins chère mais aussi par les économies d’échelle, car ces usines produisent des millions de véhicules par an.

Les professionnels du secteur prophétisent que les voitures chinoises séduiront encore davantage d’acheteurs polynésiens dans les années à venir.

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