A VOIR

|

La Toussaint, une journée qui rassemble les familles

Publié le

La Toussaint est célébrée le 1er novembre, journée au cours de laquelle sont honorés tous les saints. Au fenua, cette fête catholique est synonyme d’embellissement des tombes et de rassemblement familial.

Publié le 01/11/2022 à 17:21 - Mise à jour le 02/11/2022 à 10:59
Lecture 2 minutes

La Toussaint est célébrée le 1er novembre, journée au cours de laquelle sont honorés tous les saints. Au fenua, cette fête catholique est synonyme d’embellissement des tombes et de rassemblement familial.


Chaque année, à la Toussaint, la famille Flores apporte des bouquets de fleurs fraichement coupés pour orner les tombes de ses défunts. Ce rendez-vous annuel est devenu une tradition. “C’est le rituel pour nous de venir en famille, pour la Toussaint. Il y a ma grand-mère, ma mémé et ma maman. Les fleurs viennent de chez maman. Après, on ira faire un repas partagé à la maison” confie Angelina Flores.

La famille Teinaore est protestante, et pour elle, la Toussaint est avant tout synonyme d’embellissement des tombes. Elle ne s’oppose pas à s’associer aux catholiques pour la cérémonie du Turamaraa ou illumination des tombeaux : “Nous sommes protestants. Nous venons de temps en temps nettoyer la tombe de mon grand-père, celle de ma grand-mère, et de mon oncle. Et le jour de la Toussaint, on vient voir si elles sont bien propres. (…) S’il faut organiser avec les catholiques le Turamaraa, il n’y a pas de souci. Il n’y a qu’un seul Dieu, peu importe la religion. (…) On va aussi aller au cimetière de Papara pour voir les tombes de la grand-mère et du grand-père de mon mari. (…) J’ai choisi de prendre des fleurs artificielles pour qu’elles tiennent plus longtemps, au moins un an. Cela évite qu’on vienne chaque mois changer les bouquets de fleurs” indique Démicia.

Comme la majorité des familles présentes aujourd’hui dans les cimetières, le clan Tehiva est venu avec plusieurs générations. Au fil des années, le nombre de défunts augmente comme le nombre de mains pour confectionner les bouquets. “Mes deux soeurs venaient chaque année à la Toussaint depuis le décès de mes parents, c’était une tradition. Et depuis le décès de ma femme, je me suis joint à elles. Cela permet de rendre hommage. Il faut continuer de honorer l’esprit de nos défunts disparus. Il y a mes petits enfants, mes neveux, mes nièces… Et ce soir, on allumera les chandelles” déclare Rafio.

En Polynésie, la Toussaint va au-delà de la célébration des saints patrons. C’est avant tout une fête pour se rappeler de ceux qui nous ont quittés et célébrer ceux qui sont encore vivants.

Clément Clark Tefau, président de la communauté du Christ en Polynésie, invité du journal :