vendredi 23 avril 2021
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Immeuble GIP : une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui déposée

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Depuis plusieurs semaines les propriétaires et locataires de l'immeuble Toa Arai, surnommé "immeuble GIP" expriment leurs inquiétudes quant à l'état de fragilité du bâtiment. Maître Bourion, qui représente 22 familles et le propriétaire de la maison voisine lance une procédure en référé.

Publié le 04/01/2021 à 15:08 - Mise à jour le 04/01/2021 à 15:35
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Depuis plusieurs semaines les propriétaires et locataires de l'immeuble Toa Arai, surnommé "immeuble GIP" expriment leurs inquiétudes quant à l'état de fragilité du bâtiment. Maître Bourion, qui représente 22 familles et le propriétaire de la maison voisine lance une procédure en référé.

L’immeuble Toa Arai, inauguré au début des années 2000, se situe à l’entrée du quartier de La Mission. Il compte 30 logements privés. La moitié des appartements sont actuellement en location. Depuis quelques mois, des fissures ont commencé à apparaître dans une partie des logements. Des fuites d’eau ont également été constatées. Plusieurs familles ont pris un avocat pour faire valoir leurs droits, et tenter de trouver une solution adaptée et rapide à ce problème.

« Je représente 22 propriétaires et locataires ainsi que la maison qui jouxte cette immeuble », indique maître Dominique Bourion, avocat. « Cet immeuble se fissure: on ne peut d’ailleurs plus parler de fissures mais de grandes crevasses. Les gens peuvent voir le locataire d’en dessous tellement elles sont importantes. L’immeuble est vraiment dans un état de détérioration grave et je pense qu’il faut s’en inquiéter »!

Une plainte contre X déposée

« J’ai déposé une plainte pénale devant le procureur de la République le 31 décembre pour mise en danger de la santé, de la sécurité et de la vie d’autrui. Je ne peux accuser personne, je ferai également un référé expertise pour déterminer comment on en est arrivés là. C’est un immeuble habité depuis 9 ans, et qui normalement ne devrait pas bouger. Il y a un autre immeuble qui a été construit juste à côté, et qui est adossé à cet immeuble là. Est-ce que c’est la raison ou pas : je n’en sais rien, on le verra avec l’expertise. En tous cas, il y a une trentaine de familles dans cet immeuble avec des enfants, cela fait une cinquantaine de personnes. On ne peut pas se dire dans quelques mois, si l’immeuble s’écroule, que l’on aurait du réagir », prévient l’avocat.

« Les gens vivent dans la terreur, ils entendent de grands craquements dans la nuit, c’est inquiétant »

maître Dominique Bourion

« La mairie a tout de suite dépêché son chef de service, elle a pris acte et a fait ce qu’elle avait à faire. Le constructeur de cet immeuble – qui est aussi celui de l’immeuble d’à côté – a immédiatement pris des mesures de renforcement. Ca montre qu’ils n’ont pas pris les choses à la légère, mais cela continue néanmoins à s’aggraver ».

Maître Dominique Bourion représente 22 familles de propriétaires et locataire ainsi qu’un voisin direct – Crédit photo TNTV

« Il y a un risque au quotidien, mais les familles ne peuvent pas se reloger. Les propriétaires ont un prêt bancaire à rembourser. Les locataires louent un bien dont ils ne jouissent pas normalement. Si on doit évacuer toutes ces personnes : on les met où« , s’interroge maître Bourion.

Il ajoute : « Il y a une procédure pénale en cours. J’ai juste un réquisitoire pour l’instant. Il met en cause le promoteur, qui était la SCI l’amicale des marins II, et qui est en liquidation aujourd’hui. Il y a eu des détournements de fonds publics puisque l’OPH a financé cette construction alors qu’elle n’était pas éligible aux deniers de l’OPH. Il y a eu une procédure pénale que mes clients ne connaissaient pas. Je l’ai communiquée au procureur de la République. Il ne semble pas que cet immeuble ait été construit véritablement de manière normale ».

Et de conclure : « Mes clients sont extrêmement inquiets pour leurs vies est celles de leurs familles. Quand il pleut, l’eau coule d’un appartement à un autre, en empruntant les circuits électriques. C’est très dangereux. Je vais faire un référé pour avoir une expertise très rapidement pour savoir s’il faut détruire l’immeuble et qui sont les responsables ».

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