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Hubert Clément, témoin de la bombe

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Publié le 30/06/2016 à 13:57 - Mise à jour le 30/06/2016 à 13:57
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A la veille du cinquantenaire de la première bombe nucléaire tirée en Polynésie, les associations 193 et Moruroa e tatou organisaient, vendredi,  une séance publique au CESC. Séance à laquelle ils avaient conviés une éminente spécialiste japonaise du nucléaire et un ancien tavana de la ville de Hiroshima.
 
Le public, qui pouvait assister à la séance, était pourtant peu nombreux. Parmi eux, Hubert Clément, un français de métropole venu spécialement commémorer le cinquantenaire du premier tir : Hubert Clément.
 
Cet homme n’a passé qu’une année en Polynésie, l’année 1968, et il en garde un souvenir plutôt amer. Venu en sa qualité d’engagé dans la marine, il a passé un an au poste de serveur sur le Morvan, le bâtiment de base qui se situait à Dindon, au niveau du point zéro.
 
Sur sa bande de cinq amis qui y travaillaient, il est aujourd’hui le seul encore en vie. “Je viens ici en leur mémoire” indique t’il, avant d’ajouter, “L’histoire du nucléaire fait partie de l’histoire de la Polynésie, les jeunes ne doivent pas oublier. Sinon, un jour ou l’autre, ils seront, non pas rappelés à vivre les essais nucléaires, mais simplement se faire duper par des politiques quels qu’ils soient  et quel que soit leur bord.”
 
Concernant son état de santé, Hubert Clément reste positif et indique ” Je prends six pilules par jour et tout va bien“. Il souffre de problèmes au cœur et à la tyroïde. Sa fille, elle aussi, souffre d’une maladie  reconnue comme radio-induite.
 
Ce n’est pourtant pas pour parler de lui et de ses problèmes, qu’il est à Tahiti aujourd’hui. “Le problème ce n’est pas ce que j’ai, moi, ou quelle rancœur j’ai, à titre personnel. C’est un combat collectif pour la mémoire. Pour que l’on puisse enfin reconnaître.

 

Rédaction web (Interview Thomas Chabrol et Tauhiti Tauniua)

 

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