mercredi 1 décembre 2021
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Grève générale : un préavis déposé

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Les pourparlers ont duré tout au long de la journée hier, et le dépôt du préavis de grève générale s'est confirmé ce matin. Quatre des principales centrales syndicales l’ont déjà signé, mais pas A Ti'a I Mua. Pouvoir d’achat, augmentation du SMIG, et surtout nouvelle gouvernance de la Caisse de Prévoyance Sociale font partie des points de revendication des partenaires sociaux.

Publié le 16/11/2021 à 9:31 - Mise à jour le 16/11/2021 à 11:35
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Les pourparlers ont duré tout au long de la journée hier, et le dépôt du préavis de grève générale s'est confirmé ce matin. Quatre des principales centrales syndicales l’ont déjà signé, mais pas A Ti'a I Mua. Pouvoir d’achat, augmentation du SMIG, et surtout nouvelle gouvernance de la Caisse de Prévoyance Sociale font partie des points de revendication des partenaires sociaux.

Certains points restent encore à préciser, mais la majorité des organisations représentantes des salariés sont tombées d’accord sur le principe d’une grève générale.

Lundi matin, les détails étaient encore âprement débattus. “Dans le projet de loi de la PSG, ils parlent de la création d’une TVA sociale. Ok, faites-la, pour financer le fonctionnement de l’hôpital” a indiqué Eugène Sommers, trésorier de la CSIP.

Des revendications recensées dans un petit dossier jaune qui a tourné toute la journée entre les différentes centrales syndicales.  

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Pouvoir d’achat qui s’amenuise, réforme de la PSG, mise en place d’une TVA sociale, loi sur l’obligation vaccinale : “On sait qu’il y a à peu près 20% des salariés qui ne sont pas vaccinés, donc environ 12 000 salariés vont être sanctionnés ou mis à la porte. Si le gouvernement est prêt à faire ça, qu’il le fasse” s’insurge Patrick Galenon, le secrétaire général de la CSTP/ FO.

Si tous ces points sont mis en avant, c’est l’examen en urgence d’un texte sur la gouvernance de la Protection Sociale Généralisée qui aurait mis le feu aux poudres, en fin de semaine dernière. Parmi les doléances du gouvernement : l’instauration d’une limite d’âge à 65 ans pour siéger dans le futur conseil d’administration de la Caisse. Mesure qui exclurait les principaux leaders des syndicats de salariés. Et qui a donc du mal à passer.

Ce texte a d’ailleurs reçu un avis défavorable du CESEC. Pour Patrick Galenon, c’est la réforme dans son ensemble qui pose problème : “Sur la PSG, on a fait en 2010, 109 recommandations et elles n’ont pas été suivies. Si on les avais suivies à l’époque, on serait positif aujourd’hui. On en a pas tenu compte, et aujourd’hui, on nous dit que c’est la gouvernance le problème. Ce n’est pas la gouvernance. Faire des économies à la santé n’a rien à voir avec la gouvernance”.

(Crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Plusieurs secteurs d’activité sont concernés : les métiers de la plateforme portuaire, éducation, santé ou encore police. Faute d’accord : la grève générale serait effective le 24 novembre prochain. Le préavis a été déposé ce mardi. “Pour le gouvernement, ce n’est jamais le moment de faire grève. À ce moment-là, il n’a qu’à faire le nécessaire pour qu’on ne soit pas en grève. Les salariés sont déjà convaincus de cette grève, car ils sont harcelés, méprisés. C’est de l’esclavagisme”, conclue Patrick Galenon.

Et du côté des patrons, cette annonce passe mal. Olivier Kressmann, le vice-président du Medef Polynésie, était l’invité de notre journal. “C’est incompréhensible parce que je pense pas que ça va dans le bon sens de ce que tout le monde attend pour que la Polynésie se relève de la situation catastrophique dans laquelle elle est aujourd’hui, de nos comptes sociaux, du monde économique. Les entreprises aujourd’hui vont commencer à payer le prix des PGE contractés, et avec une activité qui a encore été affaiblie fin 2021. Donc on est très loin d’être sortis des difficultés économiques, et comme toute grève, cela va venir impacter l’activité économique, et c’est en cela qu’on la trouve incompréhensible avec des motifs dont on a du mal à comprendre l’objet” a-t-il déclaré.

Dans un communiqué envoyé ce mardi, la confédération syndicale A Ti’a i mua indique ne pas être signataire du préavis de grève générale déposé ce matin : “l’intersyndicale ne nous a pas invités aux réunions préparatoires, ne nous a pas communiqués les revendications. Nous n’avons pas eu le temps de réunir notre comité directeur, nos délégués syndicaux des entreprises pour décider ensemble. Quelles que soit les revendications à l’origine de ce préavis de grève, la méthode ne nous convient pas”. Et d’ajouter que “l’heure n’est pas à la grève”.

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