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Grève à TRE Transport : un imbroglio juridique

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Le jeudi 22 décembre au matin, une information parvient à TNTV selon laquelle les employés de l’huilerie de Tahiti se mettent en grève et organisent un piquet devant la société. Le coprah en provenance des îles n’est alors plus déchargé. Ce ne sont finalement pas des employés de l’huilerie de Tahiti qui font grève, mais ceux d’une société assurant le déchargement et le transport du coprah. Une société au coeur d'un imbroglio juridique non résolu.

Publié le 28/12/2022 à 10:20 - Mise à jour le 28/12/2022 à 12:04
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Le jeudi 22 décembre au matin, une information parvient à TNTV selon laquelle les employés de l’huilerie de Tahiti se mettent en grève et organisent un piquet devant la société. Le coprah en provenance des îles n’est alors plus déchargé. Ce ne sont finalement pas des employés de l’huilerie de Tahiti qui font grève, mais ceux d’une société assurant le déchargement et le transport du coprah. Une société au coeur d'un imbroglio juridique non résolu.

Tout commence le 17 octobre 2022. Suite à des difficultés financières, la société A Tehihira et fils, assurant depuis des années le déchargement et le transport de sacs de coprah, signifie à l’huilerie de Tahiti l’arrêt de son activité à partir du 10 novembre 2022.

L’huilerie de Tahiti prospecte immédiatement pour trouver un nouveau prestataire. Trois jeunes investisseurs polynésiens y voient une opportunité et créent le 27 octobre la société TRE Transport, dont l’activité principale est le transport routier. Cette société propose alors à l’huilerie de Tahiti d’assurer le transport de son coprah.

Des contrats qui fâchent

Soucieuse d’assurer correctement la prestation, la société TRE Transport se serait rapprochée de l’ancien prestataire pour lui acheter une partie de son matériel. Dans la foulée, le gérant de la société A Tehihira et fils aurait proposé à la société TRE Transport d’embaucher son personnel, qui se retrouve alors sans activité.

Le 14 novembre 2022, les gérants de la société TRE Transport propose des contrats à durée déterminée aux 18 personnes concernées avec effet rétroactif le 10 novembre 2022, date de la cessation d’activité de la société A Tehihira et fils. Sur les 18, un seul signe son CDD, le reste bénéficie d’un contrat oral qui fait office de contrat à durée indéterminée de droit privé. Le travail peut alors commencer.

(Crédit Photo : TNTV)

Le 14 décembre 2022, la société TRE Transport propose à ses nouveaux salariés des contrats à durée indéterminée écrits. À l’approche des fêtes de fin d’année, les gérants décident d’octroyer une avance sur salaire de 30.000 francs. Sur les 18 salariés, 13 signent, 4 refusent tandis 1 est en arrêt maladie.

Les quatre non-signataires demandent à rencontrer les gérants le 16 décembre pour revoir les modalités d’embauche. Les quatre personnes en question auraient fait valoir leur fonction d’ancien délégué du personnel de la société A Tehihira et fils pour exiger que la société TRE Transport leur fasse signer des contrats identiques à ceux qu’ils avaient avant la fin d’activité de leur précédent employeur.

Les gérants de TRE Transport ont demandé un temps de réflexion, mais à peine une demi-heure après la rencontre ils reçoivent un courrier de la CSTP-FO leur signifiant un préavis de grève. Le premier point de revendication est le transfert de la totalité des contrats de travail de l’entreprise Tehihira et fils à l’entreprise TRE Transport. Les quatre points suivants ont trait au maintient des taux horaires individuels et des primes d’ancienneté, la revalorisation des salaires et le reclassement du personnel.

“Ce n’est plus mon problème”

Contactés par téléphone, les gérants de la société TRE Transport assurent que leur société “n’a jamais eu vocation à se substituer à la société A Tehihira et fils”. Ils estiment également que l’embauche des anciens salariés de la société A Tehihira et fils ne peut pas être considéré comme un transfert de contrat car “il n’y a pas eu de cession de fond de commerce”. Du côté de la société A Tehihira et fils, son gérant affirme que son activité a totalement cessé et “qu’il n’a plus rien à voir dans l’affaire”. Il conclue en disant : “ce n’est plus mon problème”.

Selon la direction du travail, la société TRE Transport, toujours en cours de création, ne répondrait pas aux dispositions relatifs au transfert de contrat de travail. Et selon l’ISPF, à la date du 23 décembre 2022, la société A Tehihira et fils était toujours en activité. Toujours selon l’ISPF, le siège de la société TRE Transport se situe à Punaauia et celui de la société A Tehihira et fils à Pirae. Le piquet de grève devrait être sur l’un des deux sites et non devant les locaux de l’Huilerie de Tahiti.

Le choix de Motu Uta s’est probablement fait pour un meilleur retentissement médiatique ou parce que la société A Tehihira et fils dispose d’un local dans les locaux de l’Huilerie de Tahiti avec une secrétaire… toujours en activité.