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Restrictions d’entrée en Polynésie : “On pense tous que la haute saison est morte”, confie le PDG d’Air Tahiti Nui

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Michel Monvoisin, le PDG d'Air Tahiti Nui, était notre invité en plateau samedi soir. Concernant les restrictions prochaines d'entrée en Polynésie, il a confié que les professionnels du tourisme pensent "tous que la haute saison est morte et que 2021 sera probablement une année pire que 2020. Parce qu'à partir du moment où on rate la haute saison, c'est fini."

Publié le 31/01/2021 à 10:13 - Mise à jour le 01/02/2021 à 10:30
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Michel Monvoisin, le PDG d'Air Tahiti Nui, était notre invité en plateau samedi soir. Concernant les restrictions prochaines d'entrée en Polynésie, il a confié que les professionnels du tourisme pensent "tous que la haute saison est morte et que 2021 sera probablement une année pire que 2020. Parce qu'à partir du moment où on rate la haute saison, c'est fini."

Le motif touristique ne fait plus partie des motifs impérieux. Est-ce que vous vous attendiez à une telle décision ?
“Ça a été plutôt brutal et soudain comme décision, c’est un fait.”

C’est un coup dur pour Air Tahiti Nui ?
“C’est un coup dur et je voudrais saluer votre reportage (lire aussi Fermeture des frontières : « On commençait à sortir la tête de l’eau, on nous remet la tête sous l’eau », déplore Bianca Urarii). Je crois que Bianca a bien résumé l’état d’esprit de l’ensemble de la profession, que ce soient les hôtels, les compagnies aériennes ou les pensions de famille.”

Comment est-ce que vous envisagez l’avenir ?
“Pour le moment c’est la question la plus complexe puisqu’il faut qu’on refasse un peu nos prévisions. Ça a été soudain comme décision. On nous enlève nos recettes et on nous laisse nos charges, donc l’équation est un peu compliquée à résoudre quand même.”

Cette décision a été annoncée par le Premier ministre Jean Castex. Est-ce que vous avez l’impression qu’elle a été imposée par l’État ?
“Clairement. Ce qu’il apparaît, c’est que l’État a mis en place un certain nombre de restrictions. Il a souhaité que ces restrictions soient étendues à la Polynésie française. Il n’a pas fait d’exception pour les départements d’outre-mer et la métropole. Dont acte, l’État est souverain. Ce que nous on ose espérer et d’ailleurs je ne veux même pas croire que l’État n’assumera pas ses responsabilités. Et quand je dis assumer ses responsabilités, c’est-à-dire que l’État, en face, nous attribue le même type de soutien, les mêmes aides financières qu’à l’ensemble des acteurs et des entreprises du tourisme en métropole et dans les départements d’outre-mer.”

Le Pays compte annoncer des premières mesures d’urgence la semaine prochaine. Qu’est-ce que vous en attendez ?
“Ben déjà il faut saluer l’intervention du Pays. Mais ça fait plusieurs mois que nous on attend des aides un peu plus marquées de l’État en terme de soutien.”

Il est question d’une fermeture des frontières de 2 mois à compter de la semaine prochaine. Avez-vous plus de précisions de votre côté ?
“Non, je n’ai pas de précisions. Nous sommes convoqués à une réunion lundi matin au haut-commissariat pour les modalités d’application. Je suis un peu comme tout le monde, j’attends effectivement les déclarations de l’État à ce sujet. Je pense que le haut-commissaire va les faire prochainement.”

Le résultat de la fermeture des frontières, c’est également plus de touristes américains ?
“De ma compréhension, pour le moment ça toucherait effectivement les Américains également. J’attends les précisions, mais c’est ce qui ressort de notre compréhension.”

Il serait question d’une rotation d’Air Tahiti Nui en métropole par semaine. Est-ce que vous le confirmez ?
“Pour le moment on n’a pas touché à notre programme de vols. Il faut le savoir, Air Tahiti Nui n’a jamais abandonné ses passagers, donc nous ne les abandonnerons pas cette fois-ci non plus. Maintenant effectivement nous adapterons notre programme de vols en fonction de la demande. À un moment donné, si les avions sont vides, on ne va pas les faire voler à vide non plus.”

ATN vient d’achever un plan de départs volontaires et a souscrit à un prêt garanti par l’Etat. Est-ce que ce sera suffisant pour traverser cette période sombre qui s’annonce ?
“On va travailler très rapidement dessus. Les prêts garantis par l’Etat, pour le moment nous les avons encaissés. Le différé, nous avons entendu Bruno Lemaire annoncer que les différés d’un an sont systématiques à partir du moment où on les demande. Nous avons demandé ce différé. Quant au remboursement des PGE, au moment venu on verra ce qu’il en est.”

Quand est-ce que vous pensez vous relever ?
“À chaque fois qu’on fait des simulations et qu’on relève la tête…, puisque nous avons relevé la tête ! Les engagements étaient plutôt bons, nos réservations étaient bonnes : avril-mai-juin, ça repartait. Nous, ce qui nous inquiète dans la profession, parce que j’ai beaucoup échangé avec les hôteliers, ce qui nous inquiète et ce qui n’est pas bien compris, c’est qu’en ce moment nous sommes en train de vendre la haute saison. Nous avons préparé des promotions pour vendre la haute saison. Or aujourd’hui, avec les incertitudes que vont amener ces fermetures, on pense tous que la haute saison est morte et que 2021 sera probablement une année pire que 2020. Parce qu’à partir du moment où on rate la haute saison, c’est fini. Il faudra se repencher sur 2022 et c’est ça qui nous inquiète au plus haut point.”

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