Fakarava toujours « à la recherche de son modèle de développement durable »

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La Chambre Territoriale des Comptes (CTC) a publié, ce lundi, un rapport d’observations définitives portant sur la commune de Fakarava, pour les exercices 2015 à 2022. La juridiction financière constate, entre autres, que la commune, qui attire un grand nombre de touristes en raison de la biosphère qu’elle abrite, n’a toujours pas trouvé « son modèle de développement durable ». La CTC note également qu’elle « est faiblement structurée et le fonctionnement de ses services au quotidien très peu formalisé ».

Publié le 27/03/2023 à 13:21 - Mise à jour le 27/03/2023 à 13:21

La Chambre Territoriale des Comptes (CTC) a publié, ce lundi, un rapport d’observations définitives portant sur la commune de Fakarava, pour les exercices 2015 à 2022. La juridiction financière constate, entre autres, que la commune, qui attire un grand nombre de touristes en raison de la biosphère qu’elle abrite, n’a toujours pas trouvé « son modèle de développement durable ». La CTC note également qu’elle « est faiblement structurée et le fonctionnement de ses services au quotidien très peu formalisé ».

« Fakarava est actuellement à la recherche de son modèle de développement durable ». Tel est l’un des constats dressés par la CTC dans son rapport d’observations définitives. Grâce à son label de réserve de biosphère « l’attractivité de la destination » a en effet été amplifiée ces dernières années mais sans que la commune ne définisse des « orientations en matière de développement touristique afin de le maîtriser et de l’adapter aux attentes des habitants ».

En 2019, l’atoll, réputé pour la beauté de ses fonds marins, avait reçu la visite de 12 680 touristes pour une population de 830 habitants. Or, « la municipalité actuelle semble se laisser porter par l’engouement lié à cette destination qui attire toujours plus sans prendre la mesure des décisions structurantes à prendre afin d’offrir à la population résidente mais aussi aux voyageurs de passage des services publics adaptés à ces enjeux », écrivent les magistrats de la Chambre.

Ils soulignent « que dans la gestion de la réserve de biosphère de Fakarava, la commune s’efface régulièrement et laisse la DIREN -la Direction de l’environnement, NDLR- porter les actions aussi bien dans leur animation que leur financement ». Une situation qui « interroge la Chambre sur l’implication réelle des élus communaux quant à la réussite de ce projet. »

Il en découle que « la commune accuse un retard en matière de services environnementaux ». Ainsi, « l’eau potable n’est toujours pas distribuée » et le « plan de gestion des déchets (…) n’est pas encore établi laissant perdurer une situation empirique en termes de collecte et de traitement ».

« Des situations génératrices de risques juridiques »

La CTC constate également que « la commune est faiblement structurée et le fonctionnement de ses services au quotidien très peu formalisé ». « La mise en place d’un pilotage administratif et financier visant à organiser et à professionnaliser les différents services de la commune doit être une priorité de la mandature actuelle », ajoute-elle. Elle recommande, en outre, une « généralisation des procédures de contrôle interne » pour « éviter de laisser perdurer des situations génératrices de risques juridiques forts ».

Autre grief, le fait que la Fakarava ne dispose « pas d’inventaire physique des biens permettant une actualisation du bilan patrimonial », ce qui fait que « le bilan comptable ne reflète pas aujourd’hui la réalité du patrimoine communal ».

En revanche, la situation financière de l’atoll ne présente pas de « risque majeur », fin 2021. « L’excédent brut de fonctionnement (EBF) et la capacité d’autofinancement (CAF) » sont « orientés favorablement à hauteur de 56 millions de FCFP », constate la CTC.

« Le niveau élevé des investissements communaux dans le cadre d’une politique plus ambitieuse que lors de la précédente mandature (aussi bien en acquisitions d’engins que de programme d’équipements dans plusieurs secteurs, abris de survie, rénovations d’écoles, extension de mairie, gestion de l’électricité) a nécessité le recours, pour la première fois, fin 2021, à un emprunt de 35,2 millions de Fcfp. Pour autant, son niveau actuel ne pose pas de difficulté majeure de remboursement », conclut la Chambre.

Les recommandations de la CTC

1 : Se doter, dès 2023, d’un inventaire physique exhaustif et actualisé du patrimoine communal.

2 :  Élaborer, au plus tôt, des procédures de suivi et de contrôle de l’encaissement de la taxe de séjour.

3 : Mettre en place, dès 2023, un suivi rigoureux de la gestion du parc de matériel afin d’en maîtriser l’affectation et les coûts.

4 : En tenant compte des ressources limitées, distribuer, dès 2023, de l’eau potabilisée aux bornes collectives.

5 :  Établir, en 2023, un plan de gestion des déchets communaux.

Le rapport complet de la CTC :

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