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Extractions à Makatea : un beau projet économique… ou un crime écologique ?

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Publié le 16/07/2017 à 16:06 - Mise à jour le 16/07/2017 à 16:06
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On a extrait des phosphates à Makatea pendant plus d’un demi-siècle. Depuis 50 ans, c’est terminé. Mais les extractions pourraient reprendre à l’initiative d’un Australien, Colin Randall. Il souhaite convaincre les habitants que ce projet est pour eux une chance. 

Deux clans se sont donc formés dans l’île : ceux qui sont en faveur du projet, comme le maire Julien Mai et ses proches. Et ceux qui y sont opposés, comme la présidente de l’association Fatu Fenua no Makatea, Tupuhina Nordman. Sa pétition, mise en ligne sur le site « sauvons la forêt », a déjà recueilli plus de 153 000 signatures. 

Les opposants au projet ont aussi  convaincu le cinéaste naturaliste Michel Huet, qui a filmé Makatea et accordé des interviews a des médias nationaux pour la préserver. Dans un entretien d’une page à Charlie Hebdo, la semaine dernière, il assure que « Makatea est reconnue comme un conservatoire naturel unique et fait d’ailleurs partie des espaces protégés français » et ajoute en parlant du projet d’extractions que « c’est un crime qui se prépare ».

Colin Randall estime au contraire que la reprise des extractions serait une chance pour l’économie de l’île, et donc pour ses habitants. Il devrait être rejoint vendredi matin par une délégation gouvernementale, qui a prévu de rencontrer la population sur place après une nuit de trajet sur le Tahiti Nui.

Mais beaucoup de propriétaires habitent à Tahiti, ou y sont actuellement en déplacement, comme le couple Poroi, propriétaire d’un « terrain stratégique » près du quai, et farouchement opposé au projet. « Cette délégation se déplace en catimini. Il faut protéger les espèces endémiques de Makatea : des oiseaux comme le rupe (pigeon vert), le ptilope, la rousserole et la tourterelle verte, et de nombreuses plantes comme le maire maatea » assure Elizabeth Poroi, qui assure qu’on peut faire bien d’autres chose pour développer l’île : « du miel, de l’agriculture, du tourisme vert… cette île ne ressemble pas aux autres, elle a un vrai potentiel, il y a même des grottes avec de l’eau douce ».

Seul un tiers des phosphates a déjà été extrait de Makatea. Il en reste donc encore beaucoup, et ce sera donc aux habitants de décider de choisir l’avenir qu’ils souhaitent pour leur île.
 

Mike Leyral

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