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Education : Snetaa FO Polynésie se lève contre l’affectation en métropole de 4 lauréats polynésiens

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Quatre lauréats polynésiens de concours enseignants ont été affectés en métropole pour la prochaine rentrée scolaire. Une situation que dénonce dans un communiqué le Snetaa Fo Polynésie, qui "exige" de la ministre de l'Education, Christelle Lehartel, "que ces lauréats effectuent leur stage en Polynésie".

Publié le 05/08/2020 à 16:02 - Mise à jour le 05/08/2020 à 16:02
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Quatre lauréats polynésiens de concours enseignants ont été affectés en métropole pour la prochaine rentrée scolaire. Une situation que dénonce dans un communiqué le Snetaa Fo Polynésie, qui "exige" de la ministre de l'Education, Christelle Lehartel, "que ces lauréats effectuent leur stage en Polynésie".

La branche locale du premier syndicat de l’enseignement professionnel dénonce l’affectation en métropole de quatre lauréats polynésiens de concours enseignants. Il s’agit d’une lauréate en Biotechnologies option santé-environnement et de trois lauréats en Génie électrique option électrotechnique et énergie, qui devront effectuer leur année de stage dans les académies de Besançon, Créteil et Nancy-Metz dès la rentrée prochaine.

« Contrairement à ce qu’affirme madame la ministre de l’Education du Pays, plus de la moitié de la vingtaine de postes en Electrotechnique n’est pas occupée par des enseignants aux intérêt matériels et moraux reconnus en Polynésie. Une dizaine de postes en Biotechnologies est également dans cette situation, assure le Snetaa FO Polynésie dans un communiqué envoyé aux médias. Madame la ministre affirme avoir tout fait pour garder ces quatre lauréats. Cela est faux ! Ces dernières années, des solutions ont toujours été apportées pour maintenir les lauréats en Polynésie. (…) Et cette année, le SNETAA FO Polynésie a à nouveau proposé de véritables solutions à la DGEE, mais celles-ci sont malheureusement restées lettre morte. Madame la ministre a les moyens de garder ces jeunes. Si elle souhaite réellement le faire, qu’elle en prenne la décision politique ! », assène le syndicat.

Syndicat qui rappelle qu’en 2011, « les secrétaires territoriaux du SNETAA FO Polynésie s’étaient battus pour le maintien en Polynésie de la totalité des lauréats, s’opposant au vice-recteur M. Cirioni, qui voulait voir partir pour la métropole près d’une vingtaine de jeunes. Le ministre de l’Education d’alors M. Tauhiti Nena, s’était engagé dans la bataille et avait soutenu les lauréats polynésiens, jusqu’à effectivement obtenir leur maintien. »

Des frais de déplacement élevés et une installation précipitée

Pour le Snetaa FO Polynésie, « le ministère et ses services ne prennent aucunement en considération la dimension humaine et familiale de ces jeunes lauréats ».

« Cette affectation en métropole, à plus de 16 000 km de la Polynésie, engendrera des frais de déplacement élevés, avec une préparation et une installation difficiles et précipitées, car la crise sanitaire a retardé à juillet les résultats des concours. Alors qu’aujourd’hui, aucune prise en charge n’est prévue par l’Etat et encore moins par le Pays, qui par cette décision les oblige pourtant à quitter le territoire », argumente le syndicat de l’enseignement professionnel, qui estime que « l’affectation de jeunes lauréats en Polynésie contribue au redémarrage économique du Pays, les salaires étant par ailleurs versés par l’Etat. Dans un contexte où la crise sanitaire a entraîné une forte perte des heures de travail, représentant 9.300 emplois perdus en équivalent temps plein, au regard des chiffres de cotisation à la CPS ».

« Le SNETAA FO Polynésie est étonné que madame la ministre ne fasse aujourd’hui aucun effort pour ces jeunes, alors même qu’elle a permis l’attribution du CIMM (centre des intérêts matériels et moraux, NDLR) en Polynésie à des personnels qui n’y ont pas d’attache, passés outre la procédure, leur permettant de rester en fonction dans l’éducation en Polynésie. Nous continuons à dénoncer l’attribution de CIMM de complaisance.
Notre connaissance des réalités techniques et réglementaires, nos travaux, notre considération pour les personnels et pour l’éducation, nous permettent d’être force de proposition et de dialogue et d’exiger dans cette situation que ces lauréats effectuent leur stage en Polynésie »,
conclut le communiqué.

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