mardi 18 mai 2021
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Edouard Fritch : « il faut que nous exprimions notre solidarité par des gestes forts »

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Dominique Sorain et Édouard Fritch ont annoncé ensemble, vendredi matin, l'allègement du confinement dans les îles autres que Tahiti et Moorea. Mais que signifie-t-il exactement ? TNTV fait le point avec le président du Pays.

Publié le 18/04/2020 à 11:15 - Mise à jour le 18/04/2020 à 11:15
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Dominique Sorain et Édouard Fritch ont annoncé ensemble, vendredi matin, l'allègement du confinement dans les îles autres que Tahiti et Moorea. Mais que signifie-t-il exactement ? TNTV fait le point avec le président du Pays.

TNTV : Quelle est la différence entre un déconfinement et un allègement dans les îles ?
Edouard Fritch : « Il y a une différence importance entre l’allègement, et le déconfinement qui est la levée de toutes les contraintes liées au confinement, les gestes barrières, la distanciation, les autorisations de déplacement… Dans l’allègement du confinement que nous avons décidé avec le Haut-commissaire, il s’agit d’aménager certaines contraintes liées au confinement comme la possibilité d’aller et venir, la possibilité de continuer les activités courantes de la journée : dans les archipels c’est important, c’est le faapu, la pêche. (…) Nous avons aussi pris une décision importante pour tout ce qui relève de la religion puisque nous autorisons aujourd’hui la tenue d’offices, de messes, dans les différentes églises ou temples des îles, avec une quantité limitée bien-sûr. Mais par contre, nous rappelons en permanence ce qu’il faut continuer à respecter les gestes que nous connaissons tous aujourd’hui et la distanciation.
Bien-sûr, les questions se sont posées en ce qui concerne les écoles, puisque notre volonté, la mienne en particulier, a été d’ouvrir rapidement les établissements scolaires de façon à pouvoir recevoir les enfants dans ces établissements, tout en respectant naturellement les contraintes liées aux gestes et à la distanciation. »

Les recevoir pour les cours ?
« Non, pas encore. Nous sommes bien d’accord là-dessus. Nous recevons les enfants pour qu’ils puissent être dans de bonnes conditions dans le cadre de la continuité pédagogique. (…) C’est un acte volontaire de la part des parents de venir dans les établissements scolaires dans les îles pour accompagner leurs enfants et les laisser travailler avec l’accompagnement des enseignants. »

Avez-vous un horizon concernant le déconfinement global en Polynésie ? Le 29 avril est toujours la date prévue de la fin du confinement ?
« En tous les cas, c’est l’objectif que nous nous sommes fixés. (…) Je veux être très très prudent sur le déconfinement. Ce qui est prévu, c’est que mercredi 29 avril, nous puissions faire un point de la situation, voir comment évolue la propagation du coronavirus dans notre Pays, et surtout aux îles du Vent, voir comment cette propagation se fait au travers de contacts… Jusqu’à présent, nous avons de la chance, il n’y a pas de coronavirus né en Polynésie française, ils ont tous été importés chez nous. Donc il faut à tout prix, avant de se prononcer sur quoi que ce soit, faire le point de cette situation.
Ce qui est encourageant déjà pour nous aujourd’hui, c’est de constater effectivement que depuis lundi, le nombre de personnes atteintes par le coronavirus se stabilise à 55 alors que le nombre de tests -vous le savez depuis 2-3 jours maintenant- a été augmenté. C’est un signe fort bien-sûr. Ceci veut dire, en tous les cas, que le coronavirus ne se propage pas dans notre Pays. Mais il faut être vigilant, car on ne sait pas, on ne connait pas exactement les réactions de ce virus. Il faut rester prudent jusqu’au 29 avril. »

Est-ce que le Prêts Garanti par l’État va bientôt être accessible aux Polynésiens ?
« Tout le monde est pressé parce que nous commençons à connaître des situations difficiles aujourd’hui. Cela fait pratiquement un mois de confinement. Pour certaines entreprises, cela fait un mois qu’il n’y a plus du tout d’activité, naturellement, cela commence à bouillir, si vous voulez. Nous devons avec l’État signer une convention sur les fonds de garantie. Rappelez-vous de ce fonds qui a été créé en métropole, et dont nous allons bénéficier et qui sera signé entre l’État et le Pays puisqu’il y a une participation prévue de la Polynésie française. Nous allons signer ce fonds de garantie dès lundi, et sur le reste, oui, les choses continuent, bien-sûr. (…) Le vice-président me disait que jeudi déjà, nous estimions à près de 4 milliards d’interventions prévues pour prendre en charge les salaires qui ont manqué etc. Donc oui, les dossiers arrivent, les dossiers sont constitués, et les aides -je l’espère en tous les cas-, vont commencer à être livrées dès la semaine prochaine. »

Antony Géros propose que les élus, à la manière des Néo-Zélandais, rognent sur leurs indemnités afin d’alimenter un fonds social, un revenu minimum pour tout le monde. Est-ce que c’est quelque chose qui vous semble envisageable, ou est-ce que vous avez d’autres solutions pour permettre de sortir de cette crise qui est aussi sociale ?
« Vous savez, déjà pour nos compatriotes qui sont actuellement bloqués en métropole, je pense aussi aux évasanés qui vont mettre un peu de temps pour rentrer, nous avons décidé avec la députée Maina Sage de constituer un espèce de fonds privé qui sera alimenté par des dons. La députée Maina Sage a mis sa participation. Nous, au niveau du conseil des Ministres, je pense qu’on mettra jusqu’à environ 5 000 euros qui viendront s’ajouter aux 2 000 euros de la députée. Oui, je crois qu’il faut, à un moment donné, que nous exprimions notre solidarité par des gestes forts. Après, je ne veux pas non plus forcer les gens. À mon avis, ce n’est pas une décision qui doit être d’un groupe… Je crois que cela doit être spontané : je peux mettre un petit peu d’argent, je mets un petit peu d’argent, j’ai envie d’aider, j’aide. Et beaucoup de personnes aujourd’hui, très spontanément et très volontairement, effectivement, tendent la main à ceux qui en ont besoin. Je ne pense pas que sur ce genre de décision, il faut qu’il y ait l’ombre de la politique. Je crois que ce sont des décisions tout à fait personnelles. Et oui, nous faisons des efforts déjà, je ne l’ai jamais dit et je le dis ce soir, oui nous allons participer. »

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