dimanche 20 juin 2021
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Des pistes pour rendre à la nacre ses lettres de noblesse

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Comment rendre ses lettres de noblesse à la nacre perlière de Tahiti. C’est l’objet de l’étude Econacre, initiée en 2019 par la direction des Ressources Marines, et présentée vendredi aux professionnels du secteur. La nacre noire comme ressource de revenu complémentaire pour les producteurs de perles pourrait aussi encourager la création d’entreprises.

Publié le 15/02/2021 à 16:09 - Mise à jour le 15/02/2021 à 16:11
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Comment rendre ses lettres de noblesse à la nacre perlière de Tahiti. C’est l’objet de l’étude Econacre, initiée en 2019 par la direction des Ressources Marines, et présentée vendredi aux professionnels du secteur. La nacre noire comme ressource de revenu complémentaire pour les producteurs de perles pourrait aussi encourager la création d’entreprises.

La Direction des Ressources Marines a organisé, vendredi matin, un atelier pour restituer l’étude Econacre, dédiée à l’identification de pistes de valorisation des huitres perlières, Pinctada margaritifera. Outre la production de perles, les coquilles et la chaire de ces mollusques emblématiques des lagons polynésiens sont en effet peu valorisées aujourd’hui alors que les débouchés potentiels sont nombreux.

Cet atelier a rassemblé une grande diversité de participants : perliculteurs, artisans, chercheurs, banquiers, porteurs de projets et représentants de l’administration, qui ont pu prendre connaissance des résultats de l’étude et échanger sur les moyens de développer de nouveaux projets.

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Bien avant qu’elle ne devienne un produit d’élevage pour l’exploitation de la fameuse perle de Tahiti, la coquille de nacre à l’état sauvage pouvaient atteindre la taille de 37 cm. Mais avec l’explosion du marché de la perle noire, la nacriculture a été reléguée au dernier plan, au grand regret des artisans du fenua.

« Ces métiers souffrent parce qu’ils n’ont pas assez de coquilles de qualité, explique Cédrik Lo, responsable de projet perliculture. Donc on va faire en sorte qu’ils puissent s’approvisionner. Il y a l’artisanat, mais la formation des jeunes, nos graveurs qui sont exceptionnels et qui font des objets d’art magnifiques. Il ne faut pas perdre cette qualité et cette compétence. »

L’étude Econacre a notamment identifié deux scénarios potentiels qui pourraient être menés en parallèle. Le premier scénario s’appuie sur des ressources et techniques connues et disponibles dans les îles afin de générer des activités aux effets directs et immédiats (revenus, formation technique) pour les populations locales et améliorer la gestion des coquilles issues de l’activité perlicole. La deuxième approche consiste à aller chercher des voies de valorisation à l’international en développant des filières de transformation à haute valeur ajoutée encore peu développées.

« C’est une stratégie qu’on veut mettre en place, poursuit Cédrik Lo. C’est préserver en même temps nos lagons, ne pas les surcharger et développer suivant les sites, les îles. Il y aura des îles qui seront plus nacrières et d’autres qui vont rester perlicoles. C’est adapter en fonction des sites une démarche innovante qui va apporter de l’emploi, de la formation, dans les îles, aux Tuamotu ou ailleurs, pour la population locale. »

(crédit photo : Tahiti Nui Télévision)

Plusieurs pistes ont ainsi pu être identifiées pour consolider l’élevage et le conditionnement des huîtres, renforcer l’artisanat d’art, valoriser la filière korori, et développer des projets de diversification vers les filières de l’agriculture et de l’alimentation animale et du BTP. La Direction des Ressources Marines se tient à dispositions des porteurs de projets potentiels pour les accompagner dans le montage de projet pilotes.

En 2018, près de 1 700 tonnes de coquillages vides, bruts ou simplement préparés de l’espèce Pinctada Margaritifera, la nacre noire, ont été exportées pour un montant de 210 millions de Fcfp.

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