De 2017 à 2021, le Pays a dépensé 3,2 milliards en conseils pas toujours avisés

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La Chambre territoriale des comptes s'est penchée sur le recours aux prestataires externes par le Pays, sur la période 2017-2021, et plus particulièrement sur les études et conseils dans lesquelles la part de « conseil » est supérieure à celle de « service ». Ces prestataires sont intervenus dans des domaines variés (expertise pour 60%, accompagnement pour 32,8%, aide à la décision pour 3,1%, communication pour 2,9%, accompagnement ressources humaines pour 1,3%).

Publié le 17/10/2023 à 17:07 - Mise à jour le 17/10/2023 à 17:09

La Chambre territoriale des comptes s'est penchée sur le recours aux prestataires externes par le Pays, sur la période 2017-2021, et plus particulièrement sur les études et conseils dans lesquelles la part de « conseil » est supérieure à celle de « service ». Ces prestataires sont intervenus dans des domaines variés (expertise pour 60%, accompagnement pour 32,8%, aide à la décision pour 3,1%, communication pour 2,9%, accompagnement ressources humaines pour 1,3%).

S’il n’est « pas possible à partir des outils disponibles de dresser un inventaire fiable et exhaustif  » de ces dépenses, la Chambre avance une estimation de l’ordre de 550 millions de Fcfp de moyenne par an, en année pleine, entre 2017 et 2021, « hors année 2021 qui a conduit à un plus grand recours aux prestataires pour accompagner le Pays » , précise-t-elle.

Un consultant de « très haut niveau » … sans références

Parmi les prestations relevant de l' »aide à la décision » , la CTC note qu’une mission d’assistance auprès de la Présidence pour la « valorisation des relations avec la Chine de 2017 à 2021 » a été facturée 37,5 millions de Fcfp. Le prestataire devait « assurer la promotion du territoire auprès des autorités chinoises et accompagner les projets d’investissements » , notamment les deux grands projets qu’étaient le Mahana Beach d’Outumaoro (ancien nom du Village Tahitien) et le projet aquacole de Hao.

Autre acteur sollicité pour une « activité de quasi lobbying » , un prestataire basé à Paris, se présentant comme un consultant sénior de très haut niveau (sans jamais mentionner ses spécialités ni ses références) qui a bénéficié de deux marchés aux contours peu précis portant sur une « prestation de renforcement des relations avec les autorités nationales » . Il est par exemple venu en soutien de la Polynésie française sur des dossiers importants comme les transferts des aérodromes d’État de Raiatea, Bora-Bora et Rangiroa à la Polynésie française. Mais celui-ci a mis fin à son contrat prématurément, laissant des comptes « qui ne donnent pas une idée toujours précise des missions » qui lui ont été confiées, note la juridiction. « Il conteste le caractère laconique des comptes rendus et précise que les ‘prestations intellectuelles à haute valeur ajoutée nécessitent une masse de travail importante qui n’est pas reflétée dans les écrits rendus’  » , précise la Chambre. Masse de travail qui paraissait « se résumer en réalité » à quelques mails pour « mettre en relation les interlocuteurs » .

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La comm’ de la crise COVID externalisée

En outre, relève la Chambre, le Pays recourt aux prestataires d’études et de conseils de manière pérenne sur des sujets à fort enjeu comme pour le renforcement avec les autorités nationales, européennes et le suivi d’investissements étrangers, tâche incombant en principe à la délégation
polynésienne française.

Fait notable, la communication pour des dossiers majeurs (ex : inscription des Marquises au patrimoine mondial, communication de crise COVID…) est externalisée malgré l’existence d’un service de communication chargé de proposer des stratégies de communication. Des exemples qui « doivent amener le Pays à examiner le juste dimensionnement de certains services ou du nombre de collaborateurs de cabinet » , estime la CTC.

« Comme pour tout achat, la définition des besoins reste essentielle sous peine de dérapage dans le coût des prestations et la sélection des offres doit s’inscrire dans le respect des grands principes du droit de la commande publique, en particulier ceux d’égalité d’accès et de traitement de tous les candidats » , rappelle la Chambre.

Les recommandations de la CTC :

Le Rapport complet :

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