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Covid-19 : quel danger pour nos enfants?

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La rentrée des classes a eu lieu il y a deux semaines dans un contexte jusque-là inédit : des classes voire des écoles entières ont fermé provisoirement leurs portes en raison de cas suspicieux ou avérés de Covid 19. Quel danger pour nos enfants? Les pédiatres du fenua tentent de rassurer les parents.

Publié le 28/08/2020 à 14:27 - Mise à jour le 28/08/2020 à 14:46
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La rentrée des classes a eu lieu il y a deux semaines dans un contexte jusque-là inédit : des classes voire des écoles entières ont fermé provisoirement leurs portes en raison de cas suspicieux ou avérés de Covid 19. Quel danger pour nos enfants? Les pédiatres du fenua tentent de rassurer les parents.

Le virus circule, aujourd’hui, en Polynésie, au-delà des clusters… c’est le principe du niveau d’alerte 3.

Si la majorité des écoles reste ouvertes, beaucoup de parents sont néanmoins inquiets. Une situation qui les incite à solliciter massivement les services de pédiatrie.

Dans une note publiée en interne, et signée par plusieurs pédiatres de l’hôpital du Taaone, l’un médecins indique : « la diffusion et la circulation du SARS-CoV-2 en Polynésie depuis le mois de juillet, et l’augmentation récente du nombre de cas génèrent beaucoup d’inquiétude dans la population. La rentrée des classes maintenue, encouragée, et encadrée par les autorités sanitaires du Pays est particulièrement impactée.

Les stratégies appliquées en cas de diagnostic positif varient d’un établissement à l’autre, allant du dépistage des cas contact, jusqu’à la fermeture pure et simple des établissements ». Une situation qui alimente un sentiment de défiance des familles vis à vis des recommandations sanitaires, ajoute la note. « Nous, les pédiatres, recevons un grand nombre d’appels de familles qui demandent des éclaircissements sur les conditions de scolarisation, voire (…) qui réclament un certificat médical pour justifier la non scolarisation de leurs enfants. »

La communauté des pédiatres de Polynésie échange sur ces questions, et envisage de se positionner sur ces modalités de scolarisation des enfants. Elle souhaite rassurer les parents, et apaiser ce climat de tension.

Le docteur Stéphane Darteyre est membre de la société d’étude des pathologies pédiatriques. Il explique que : « des recommandations ont été écrites par la société française de pédiatrie et plusieurs sociétés pédiatriques en France, et nous nous alignons sur ces recommandations. Le risque n’est pas zéro, mais il est très faible, notamment le risque de formes sévères. C’est démontré partout dans le monde. Ici, dans nos services, nous n’avons eu aucun cas d’enfant hospitalisé avec un virus SARS-CoV-2 ou covid »

L’interview du docteur Stéphane Darteyre

Stéphane Darteyre, pédiatre, membre de la société d’études des pathologies pédiatriques

Peut-on en conclure queles enfants sont plus résistants que nous, les adultes ?

« Il faut accepter que la science ne peut pas tout expliquer. De nombreuses recherches sont en cours mais on n’a pas encore toutes les réponses. Ce que l’on sait, c’est que la majorité d’enfants sont dits porteurs sains : c’est-à-dire qu’ils ne développent pas ou peu de symptômes. On sait également qu’ils ne sont pas aussi réservoirs qu’on veut le dire. La transmission d’enfant à adulte existe mais elle est, semble-t-il, relativement faible ».

Qui sont les enfants à risques ?

« Les données confirment qu’il n’y a pas vraiment de recommandation particulière, même pour ceux qui ont des pathologies chroniques. Ils sont autorisés aussi à aller à l’école parce qu’on n’a pas de formes sévères chez ces enfants, en tous cas, ici. Si on considère le rapport bénéfice/ risque, pour nous, il y a davantage de risques à maintenir les enfants non scolarisés, non sociabilisés, dans des situation, parfois, d’isolement extrême, avec des maladies chroniques. Ils ne viennent pas toujours à l’hôpital durant ce moment, et ces enfants prennent un risque. Risque plus grand que celui qu’ils encourent au contact d’enfants éventuellement porteurs sains.« 

Être positif signifie que l’on a contracté la Covid 19 ?

« Un cas est défini par un patient malade, qui a des symptômes. Par définition, une personne qui est atteinte du coronavirus doit avoir des symptômes cliniques. On a en plus le test PCR qui permet de confirmer la présence du virus à l’intérieur des fosses nasales, et donc qui laisse suspecter que la personne est infectée. Mais il faut l’association d’une PCR positive et de signes cliniques, pour dire qu’il s’agit de cas d’infection authentique du virus (…)
Nous utilisons les tests PCR en pédiatrie très régulièrement. Cela permet de détecter la présence d’un virus dans les fosses nasales ; Si vous êtes positifs et que vous n’avez pas de virus, cela veut dire que vous êtes potentiellement un porteur sain, c’est-à-dire que vous êtes susceptibles de transmettre le virus aux autres. Il y a des mesures de précaution à prendre pour ces personnes. Il faut faire le distinguo entre les gens qui ont des symptômes et ceux qui n’en ont pas, ce qui n’est pas toujours évident parce-que parfois, les symptômes sont très légers (…)
Comme pour toute épidémie, il y a des critères à évaluer, notamment celui de la mortalité. Mais il y a aussi le nombre de personnes qui gardent des séquelles. Ce sont deux critères majeurs d’évaluation de l’impact d’une épidémie sur une population ».

Les gestes barrières sont-ils suffisants pour que les enfants soient protégés dans les écoles ?
La note de service signée par plusieurs pédiatres du centre hospitalier de la Polynésie française, suggère de laisser les enfants aller à l’école : « Il paraît (…) raisonnable de proposer le maintien de la scolarisation des enfants dans les établissements scolaires, sous réserve de l’apprentissage et du respect des mesures d’hygiène, à l’école comme à la maison ».

Pour le docteur Dartayre : « S’il y a une chose à retenir, c’est que les mains sont très importantes. Il faut les laver fréquement, surtout quand on a touché des contacts inertes parce qu’on va mettre du virus dessus, d’autres personnes vont les prendre sur leurs mains et les porter à leur bouche. Un des grands intérêts du masque, c’est d’éviter de porter leurs mains à la bouche. Les gestes barrière, chez les enfants, sont fondamentaux, et c’est important de les leur inculquer parce-qu’ils pourront les protéger de d’autres contaminations (…)
Les recommandations disent toutes que les enfants doivent rester scolarisés sauf s’ils sont malades. Comme c’est le cas pour toute autre maladie infectieuse, contagieuse.
(…) On ne peut pas empêcher un virus de circuler, mais ce que l’on peut essayer d’éviter, c’est qu’il y ait des formes graves et des décès. Tout le monde œuvre, aujourd’hui, pour essayer de limiter l’impact de ce virus, et notamment les formes sévères (…)
Ce qui est important, et ce que nous recommandons, nous, les pédiatres, c’est que les enfants soient dans un environnement de calme, et pas de stress. Ca peut, ça aussi, aggraver des pathologies pré-existantes, des troubles psychiques… cela a d’ailleurs déjà été rapporté par certaines publications.  L’idée, c’est vraiment que face à toute épidémie, comme face à toute épreuve, dans un groupe humain, c’est toujours l’amour et la solidarité qui renforcent, et pas la peur et la division ».

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