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Covid-19 : Les patrons refusent de payer pour l’isolement des cas contact

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Les rencontres se poursuivent dans la cadre du préavis de grève générale. Après avoir reçu les syndicats de salariés mercredi le haut-commissaire et le président du Pays se sont entretenus avec les organisations patronales. Objectif : désamorcer la grève générale… Deux points ont particulièrement alimenté les discussions : la quatorzaine et la prise en charge des salariés identifiés cas contacts…

Publié le 03/09/2020 à 16:33 - Mise à jour le 03/09/2020 à 16:38
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Les rencontres se poursuivent dans la cadre du préavis de grève générale. Après avoir reçu les syndicats de salariés mercredi le haut-commissaire et le président du Pays se sont entretenus avec les organisations patronales. Objectif : désamorcer la grève générale… Deux points ont particulièrement alimenté les discussions : la quatorzaine et la prise en charge des salariés identifiés cas contacts…

« Surtout, une question importante, c’est celle des cas contact qui effectivement sont contactés par le Bureau de veille sanitaire, qui sont mis sous surveillance. Nous avons rassuré les syndicats : il ne s’agit pas pour nous de leur imposer un confinement. Ce sont des discussions qu’ils doivent avoir avec leurs patrons, avec leurs entrepreneurs pour que l’on s’organise pour éviter l’expansion de cette suspicion, (…) Donc, il faut, avec les gestes barrières, les laisser travailler, et c’est ce que nous leur avons proposé ce matin« , a déclaré le président Edouard Fritch mercredi après sa rencontre avec les syndicats de salariés.

Lire aussi – Cas contact : « il faut, avec les gestes barrières, les laisser travailler » déclare Edouard Fritch

Mais les patrons ne sont pas ouverts à cette idée : « Le Code du travail est très clair : quand le chef d’entreprise connait le risque d’une personne, il ne peut pas la faire revenir dans l’entreprise. Il faudrait refaire les textes, sortir une nouvelle loi qui protège le chef d’entreprise, et la deuxième chose c’est la prise en charge financière. Vu le nombre de cas qui sont arrêtés, ça devient impossible. L’entreprise ne pourrait plus payer des gens qui ne sont même pas en activité » déclare ce jeudi Christophe Plée président de la Confédération des petites et moyennes entreprises, après une rencontre avec les autorités.

« L’entreprise ne pourrait plus payer des gens qui ne sont même pas en activité« 

Christophe Plée président de la CPME

Lors du point presse ce jeudi, le ministre de la Santé Jacques Raynal expliquait qu’une « attestation de la veille sanitaire leur est fournie et ils doivent la remettre à l’employeur. Il y est indiqué que le salarié doit être isolé en entreprise dans des conditions aménagées, de sécurité pour tout le monde, quand c’est possible, ou en télétravail à domicile quand c’est possible. Si ces deux options ne sont pas possibles, l’isolement devra se faire à domicile, quand à l’indemnisation du salarié ne pouvant être en arrêt maladie, les discussions sont en cours. »

Pour Christophe Plée, les attestations délivrées par le BVS « n’ont aucune valeur juridique et aucune valeur d’attestation pour paiement de la part du chef d’entreprise sur des gens qui ne sont pas en activité, et que ça n’engageait que les personnes qui émettaient cette attestation même dans la nouvelle version avec la Médecine du travail qui n’est absolument pas au courant. (…) C’est une discussion qu’on a ouverte avec le gouvernement, avec le haut-commissariat sur la prise en charge de ces personnes là parce que c’est d’abord une revendication des salariés mais c’est aussi une perte d’exploitation pour les entreprises, et si on demandait aux entreprises de payer ça, ce serait les mettre encore plus bas que terre. »

Même son de cloche du côté d’Olivier Kressmann vice président du Medef : « Aujourd’hui on est sur une problématique principale, c’est le financement des cas contact. Aujourd’hui, l’important pour nous c’était d’avoir les chiffres : (…) à peu près 3000 personnes concernées. Donc ça veut dire qu’il y a une vraie problématique derrière de projection économique sur ce que ça coûte et c’était important pour moi que les autorités prennent conscience de ce poids économique et que ce n’est même pas la peine d’imaginer que les entreprises puissent le supporter en l’état. »

« Quelqu’un peut me donner la date de fin de cette histoire ? Non« 

Les représentants des patrons regrettent le manque de « projection » de l’Etat et du Pays : « Quelqu’un peut me donner la date de fin de cette histoire ? Non. Donc ça peut durer encore un moment. Et ça, ça veut dire qu’il ne faut pas faire de l’empirique. Il faut préparer les choses sérieusement, mettre en place des protocoles selon les 3 niveaux de cas de personnes contact, et dérouler ces protocoles. Et ces protocoles, ils ne sont pas inventés par la veille sanitaire, ils ne sont pas inventés par la direction du travail, ni par le ministère de l’Economie. Ils sont inventés par tout le monde ensemble autour de la table. »

« On a fait part au président et au haut-commissaire que quand même, on aurait pu faire quelques projections mais bon voilà… », regrette Christophe Plée qui retient de son côté « que la discussion a bien avancé, a été cordiale. Les gens s’entendent, on parle. Ils nous ont demandé du temps pour mouliner ces chiffres parce que nous on est très très inquiets. Pour l’instant, la CPME dit à tous ces adhérents, à toutes les entreprises, vous ne bougez pas par rapport à ces attestations. Vous n’acceptez pas la personne à qui on a dit qu’elle était isolée. Elle reste isolée. Pour l’instant, ce n’est pas la problématique des chefs d’entreprise. C’est une demande sanitaire.« 

Autre point évoqué lors de la rencontre entre les représentants des patrons et les autorités : les tests. Les patrons souhaitent un renforcement des contrôles à l’arrivée : « On a dit qu’il faudrait essayer de passer sur des tests PCR (…) Qu’on comprenait les syndicats de salariés qui étaient inquiets par rapport à l’entrée sur le territoire de gens qui ne respectent pas les règles et donc il faut renforcer cette partie là. À été exclue la quatorzaine, la septaine, le nombre de contrôles a été évoqué », déclare Christophe Plée.

Une réunion tripartite devrait avoir lieu lundi.

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