« On se rend compte que c’est catastrophique, confie Mehdi Tamaloult, infirmier cadre de santé. C’est-à-dire que le nombre de personnes hospitalisées, le nombre de personnes en réanimation, l’âge des personnes qui sont sur des lits de réanimation ou dans les services du Taaone fait qu’effectivement on se rend compte que la Polynésie vit un drame sanitaire et on aimerait que la Calédonie ne connaisse pas le même sort dans les semaines, les mois à venir. »
Ces infirmiers arrivés le 20 août suite à une demande d’Edouard Fritch à la Nouvelle-Calédonie, sont confrontés à une dure réalité : « Quand on parle avec quelqu’un et que le lendemain on apprend qu’il est mort… Comme on parle ensemble là. Ça peut être une personne qui est âgée ou jeune, ça dépend de son état de santé. Mais on peut communiquer et parler normalement et le lendemain le voir décroitre et ne rien pouvoir faire. Forcément il y a des actions qui sont mises en place, de l’oxygénothérapie etc. Mais oui on voit la personne partir. On voit la famille désœuvrée. N’avoir que 2 heures après le décès pour dire aurevoir à son proche. Puis la morgue arrive, et le corps part pour ne plus être vu par la famille », raconte Anne Le Callonnec, infirmière référente des renforts calédoniens.
Du côté des patients et du personnel du CHPF, l’arrivée des soignants de Nouvelle-Calédonie est vécue comme un réel soulagement : « Ce renfort est plus que bienvenu parce que tout de suite ils ont fait preuve de motivation à vouloir s’intégrer dans l’équipe et vraiment une volonté de vouloir mettre la main à la pâte et nous aider, nous dit Baptise Leroy, cadre de santé au service orthopédique. Et franchement… heureusement qu’ils sont arrivés«
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Les soignants, épuisés, lancent un appel à la population : « Faites vous vacciner s’il vous plait. Je lis des choses. On est sur le terrain. On n’est pas des fakes, on est réels, lance Mehdi Tamaloult. Je suis en chaire là devant vous. je vous assure, faites vous vacciner. Pour protéger vos anciens, pour protéger vos enfants, pour vous protéger, pour protéger vos amis. La vaccination aide. On peut faire une forme covid, mais non grave. Et quand vous êtes touchés au niveau respiratoire. Vous avez une partie de vos poumons qui sont détruits à vie. Ce qu’on appelle des fibroses pulmonaires, des nécroses. Donc il est essentiel, parce que des personnes jeunes… La personne qui va sortir là, elle a 50% d’atteinte pulmonaire… On ne peut pas revenir en arrière. »