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Evasan : au coeur de l’action

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Les services de santé sont depuis de longues semaines dans une situation extrême avec un variant Delta qui ne cesse de gagner du terrain. En première ligne, le service d’urgence du CHPF porte assistance aux malades aux quatre coins de la Polynésie grâce aux Evasan. Notre journaliste Nicolas Perez a embarqué avec une de ces équipes d’urgentistes pour témoigner de leur quotidien...

Publié le 28/08/2021 à 18:47 - Mise à jour le 29/08/2021 à 18:08
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Les services de santé sont depuis de longues semaines dans une situation extrême avec un variant Delta qui ne cesse de gagner du terrain. En première ligne, le service d’urgence du CHPF porte assistance aux malades aux quatre coins de la Polynésie grâce aux Evasan. Notre journaliste Nicolas Perez a embarqué avec une de ces équipes d’urgentistes pour témoigner de leur quotidien...

Il est 11 heures lorsque le service de régulation du CHPF reçoit un appel du centre médical de Rangiroa. La raison : une personne âgée souffrant de la Covid et présentant difficultés respiratoires additionnées à des problèmes pulmonaires et d’obésité. Une multitude de facteurs qui poussent le médecin régulateur de permanence à déclencher une Evasan.

Un peu plus bas au service des urgences Vetea Reichart médecin urgentiste et ses collègues partent avec leur équipement spécialisé pour rejoindre l’avion qui les attend : “Depuis le début du mois on compte à peu près une quarantaine d’evasan pour ces patients ou juste pour les evasans covid. Donc on en fait quasiment plus d’une quotidienne”

Après une heure de vol, la piste d’atterrissage est en vue. L’équipe d’urgentistes s’équipe de combinaisons de protection avant de faire un rapide bilan avec les équipes surplace.
En parallèle Vetea tache de rassurer la famille qui ne pourra accompagner leur maman pour des raisons de sanitaires évidentes. “On ne peut pas faire de l’urgence sans faire du social et sans être empathique. On est obligés.”

Crédit Tahiti Nui Télévision

Pas une minute à perdre. Et après s’être assuré que la patiente est confortablement installée l’ensemble du convoi reprend les airs direction l’aéroport de Faa’a. Un vol sans encombre grâce aux équipes de pilotes chevronnés qui devront se faire décontaminer surplace par des équipes spécialisées. Une fois embarquée dans l’ambulance par l’équipe de Vetea, la patiente sera conduite en urgence, sirène hurlante, vers l’hôpital dans la filière Covid du CHPF.

Crédit Tahiti Nui Télévision

Arrivé, Vetea se confronte au flux quotidien et doit impérativement trouver une place pour sa patiente. Chose faite, Vetea et ses collègues sont déjà appelés pour une nouvelle urgence vitale sur la côte Ouest de Tahiti. Une intervention en collaboration avec les sapeurs-pompiers de la commune de Punaauia qui malheureusement connaîtra une fin tragique. Testée positive au Covid, la personne âgée et non vaccinée, aura succombé d’un arrêt cardiaque. Une nouvelle difficile à annoncer à ses proches qui ne pourront la serrer un dernière fois. “Je suis vraiment très triste pour la famille. Qu’ils l’apprennent et qu’ils le vivent comme ça. Après, le covid ce n’est pas une fatalité. On peut toujours se battre et on a toujours des armes pour ça. On ne peut pas revenir en arrière mais on peut toujours aller vers l’avant.”

De retour au CHPF, Vetea peut enfin s’occuper de sa patiente évasanée. Après une série d’examens, il peut la rassurer ainsi que sa famille sur son état de santé. Vaccinée, cette personne aura échappée à une forme grave du variant. “La patiente que nous avons évasanée tout à l’heure est vaccinée. On a même pu voir l’efficacité de ce vaccin. Le poumon de cette dame au scanner, il est propre. Effectivement elle a été évasanée parce qu’elle était un peu plus fragilisée par rapport à sa maladie du poumon de base. La vaccination a bien fonctionné chez elle et on voit tout de suite la différence entre un poumon est vacciné et celui ne l’est pas.”

Alors que le soleil décline dans le ciel, l’afflux de patient ne cesse de croitre et il est temps pour notre binôme de repartir vers une autre urgence, mais ça c’est une autre histoire.

Crédit : Tahiti Nui Télévision
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