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Covid-19 : au coeur du service de réanimation du CHPF

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Le service réanimation du Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) nous a ouvert ses portes. Le Dr Laure Baudouin, chef du service d'anesthésie-réanimation, nous explique comment ses équipes s'organisent face à la covid-19.

Publié le 02/11/2020 à 12:05 - Mise à jour le 02/11/2020 à 12:05
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Le service réanimation du Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) nous a ouvert ses portes. Le Dr Laure Baudouin, chef du service d'anesthésie-réanimation, nous explique comment ses équipes s'organisent face à la covid-19.

Le service réanimation du CHPF a une capacité de 45 lits. À chaque fois qu’un soignant doit voir un patient covid+, il y a tout un protocole à respecter.

« On commence par mettre un masque FFP2 pour la protection respiratoire, explique le Dr Baudouin. Ensuite on va mettre une charlotte qui va permettre qu’on ait le moins de peau visible. On va mettre une surblouse qui est hermétique pour protéger les vêtements. On met une paire de lunettes au-dessus de nos lunettes pour réussir à se protéger le plus possible au niveau du visage. Par dessus, on va rajouter un casque et puis enfin on met des gants et là on est apte à entrer pour s’occuper d’un patient covid. »

Le protocole se poursuit après la visite. « Quand on sort de la chambre d’un patient, à chaque fois qu’on enlève quelque chose, on utilise de la solution hydroalcoolique, poursuit le médecin. On commence par enlever la casaque et les gants. On se frotte les mains. Ensuite on va enlever le casque, les lunettes. On se frotte les mains. Ensuite on va pouvoir enlever la charlotte, se frotter les mains. Et à la fin on enlève le masque pour changer de masque si on a été dans un milieu contaminant. »

Depuis le début de l’épidémie au fenua, les personnes hospitalisées en réa ont des profils différents. « On a tout type de patient, relève le Dr Baudouin. Au niveau du covid, on va avoir d’une part les patients qui ont des problèmes respiratoires donc une atteinte pulmonaire de leur covid et d’autre part des patients qui ont des maladies déjà et ces maladies vont décompenser à cause du covid. Et le troisième type de patient qu’on peut avoir c’est vous, moi, on a l’appendicite et puis on a été en contact avec quelqu’un qui a le covid, et on se retrouve covid+ donc dans un secteur covid. »

Quant aux traitements, « au fur et à mesure, on s’adapte à ce que les études nous montrent. La chloroquine n’a pas fait preuve de son efficacité. Pour l’instant c’est la dexaméthasone qui est le plus efficace et qu’on utilise pour tous les patients qui ont besoin d’oxygène.
On a plusieurs niveaux d’oxygénation. On a des petites lunettes au début et puis après on peut passer à un masque qui apporte plus d’oxygène. Après on peut passer à l’oxygène à haut débit avec une espèce d’équivalent de petites moustaches. Et puis à la fin, c’est l’intubation.

L’ECMO, c’est une circulation extracorporelle pour aller oxygéner le sang, pour pallier le déficit des poumons. C’est le plus qu’on puisse faire actuellement. »

Si aucun membre de la famille n’est accepté en zone covid, une exception est faite pour les personnes en fin de vie. « Quand on voit qu’un patient est au bout de ce qu’on peut lui apporter… le papa, la maman, le mari ou un enfant vient et peut accompagner le patient qui risque de partir. »

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