mardi 17 mai 2022
A VOIR

|

Covid-19 : regain de l’épidémie en Polynésie

Publié le

Avec 790 cas en 48 heures et un taux d'incidence de 503 cas pour 100 000 habitants, le variant Omicron affole les compteurs. Bien que les autorités appellent à la vigilance et au maintien des mesures barrières, elles se disent toutefois optimistes, étant donné le peu d'hospitalisations et de formes graves de la maladie à ce jour.

Publié le 02/02/2022 à 15:20 - Mise à jour le 04/02/2022 à 16:13
Lecture 5 minutes

Avec 790 cas en 48 heures et un taux d'incidence de 503 cas pour 100 000 habitants, le variant Omicron affole les compteurs. Bien que les autorités appellent à la vigilance et au maintien des mesures barrières, elles se disent toutefois optimistes, étant donné le peu d'hospitalisations et de formes graves de la maladie à ce jour.

De jour en jour, des chiffres qui augmentent. Alors que le 31 janvier, on était encore à 465 nouveaux cas en 72 heures et 2 hospitalisations pour Covid aigu (contre 222 cas en 48 heures au 28 janvier), au 2 février, on dénombre 790 nouveaux cas en 48 heures et 2 nouvelles hospitalisations.

À ce jour, 1 388 cas actifs sont comptabilisés en Polynésie, faisant grimper le taux d’incidence à 503/100 000 habitants sur 7 jours.

Une augmentation des cas locaux quotidiens

“La circulation d’Omicron est intense. L’épidémie est en cours et est même très forte. On a un nombre de nouveaux cas confirmés par les tests qui augmente fortement” a indiqué Henri-Pierre Mallet, médecin épidémiologiste à la plateforme Covid, qui précise cependant que l’épidémie est “complètement sous évaluée” : “le taux de positivité des tests est très élevé. alors que la quantité de dépistages réalisés est stable. On a une sous estimation très importante du nombre réel de cas car beaucoup de personnes sont asymptomatiques et ne se font pas tester”. Le taux de positivité global est de 9% : 30% chez les symptomatiques et 3% chez les asymptomatiques.

Une très forte contagiosité mais pas de formes graves

Le variant Omicron, bien plus contagieux, est le responsable de cette flambée épidémique : “On considère que tous les cas aujourd’hui sont des Omicron”. Et d’ajouter : “Omicron circule de façon silencieuse. Il est évident qu’il va circuler de partout”. Quand au variant Delta, cela fait plus de deux semaines qu’il n’a pas été détecté au fenua. Deux cas du sous-variant BA.2 ont eux été détectés la semaine dernière, mais ce variant “n’a montré aucune spécificité ou conséquence pour l’instant sur l’épidémie et sur l’impact sanitaire dans les pays. Pas de préoccupation dessus pour le moment, même si on va le surveiller. On n’est pas sur un nouveau variant réel”.

Lire aussi > Le pass vaccinal entrera en vigueur le 8 février en Polynésie

Si la transmission locale de Omicron est aujourd’hui avérée sur -probablement- l’ensemble de la Polynésie, elle est surtout intense sur Tahiti et Moorea. Le nombre de cas importés est lui en diminution. Ils ne représentent plus que 9% des cas (2,8% des voyageurs).

Mais bonne nouvelle : “Nous ne sommes pas face à des cas graves, les personnes hospitalisées sont relativement âgées et ont des comorbidités. (…) Pour l’instant, les conséquences de Omicron sont négligeables” tempère Mallet qui se veut rassurant. Les taux d’hospitalisations et de décès sont encore très faibles pour le moment. Alors que 160 personnes ont dû être hospitalisées pour la grippe saisonnières et 6 en sont décédées depuis décembre. Une épidémie qui, elle, est en décroissance.

En effet, avec le variant Omicron, les cas sont jeunes : la moyenne d’âge est de 33 ans et 65% ont moins de 40 ans (6% ont plus de 60 ans). Il y a aussi “une grosse circulation en milieu scolaire car tous les enfants ne savent pas qu’ils sont malades et vont en cours” a déclaré l’épidémiologiste. “Il ne s’agit pas de fermer les classes (…) mais un enfant malade ne doit pas aller à l’école même s’il n’est pas testé positif. Un enfant malade reste à la maison et ne va pas voir papi et mamie au risque de les contaminer. (…) On ne va pas serrer les mains à tout le monde, on ne fait pas des bisous. On fait attention”” a-t-il martelé.

Une protection par l’immunité vaccinale acquise

“Les contaminations flambent actuellement, et l’immunité (naturelle et vaccinale, NDLR) n’arrête pas l’Omicron, mais le rend encore plus bénin. C’est l’hypothèse actuelle” a déclaré le médecin épidémiologiste, qui parle de gros rhume concernant ce variant et qui appelle à la vaccination.

“On a une grosse épidémie, mais cette épidémie ne semble pas grave”

Henri-Pierre Mallet

Daniel Ponia, responsable de la vaccination, a par ailleurs indiqué que le taux de fréquentation dans les centres de vaccination étaient important : “Le taux de couverture vaccinale augmente régulièrement et avoisine les 78%. Nous allons continuer nos efforts pour vacciner la population”. Cependant, près de 34 000 Polynésiens ne sont pas à jour de leur rappel.

Lire aussi > Vaccination : les horaires du centre de la Présidence

Les centres de vaccinations situés à la crème Tama Here de Pirae, à Faa’a Heiri et au kiosque infos santé à Paofai seront fermés du jeudi 3 février au vendredi 11 février. Une décision prise “pour concentrer nos efforts sous le chapiteau de la présidence, et mutualiser nos moyens” a précisé Ponia, en ajoutant que de nombreux personnels de santé avaient contracté la Covid.

Il sera également désormais possible de vacciner les enfants de 5 à 11 ans, ce samedi 5 février de 8 heures à 11 heures à l’institut Mathilde Frebault à Mamao. Une vaccination possible, mais sans obligation, et sans que cela conditionne l’obtention du pass sanitaire ou vaccinal.

Le vaccin Novavax bientôt en Polynésie

Il sera bientôt possible de se faire vacciner avec le vaccin Novavax en Polynésie : “Nous avons pris la décision de pouvoir l’utiliser. L’État prévoit de nous envoyer. On va l’intégrer au schéma vaccinal. Il peut être intéressant pour des gens qui auraient eu des réactions au Janssen, par exemple. Mais il n’y a pas de livraison attendue avant la fin du mois. On ne l’utilise pas encore mais on l’utilisera” a indiqué Henri-Pierre Mallet.

4 mois maximum pour faire sa dose de rappel

Romain Flory, chef de projet santé numérique, et responsable process et data à la plateforme Covid, a confirmé que comme dans l’Hexagone, à partir du 15 février, le délai maximum pour faire sa dose de rappel passera de 7 à 4 mois : “Pour le moment, on a jusqu’à 7 mois maximum pour faire sa dose de rappel, sinon le pass qu’on a devient caduque. À partir du 15 février, on aura 4 mois maximum. La dernière dose devra donc dater de moins de 4 mois”. Il précise que les 3 doses permettent d’avoir un pass “illimité”. dans le temps, idem pour les personnes qui ont contacté le Covid et reçu 2 doses de vaccin.

Pour précision, il est possible de se rendre aux urgences sans pass sanitaire ou vaccinal.

infos coronavirus