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Coronavirus : « nous serons en mesure d’adapter les mesures à la situation » déclare Dominique Sorain

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Le haut-commissaire de la République en Polynésie était l'invité de nos journaux à l'occasion du 14-Juillet :

Publié le 15/07/2020 à 10:44 - Mise à jour le 15/07/2020 à 10:49
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Le haut-commissaire de la République en Polynésie était l'invité de nos journaux à l'occasion du 14-Juillet :

Un mot sur la cérémonie du 14 juillet célébrée de manière particulière cette année ?
« C’était une cérémonie simple surtout, sans grand défilé, sans réception. C’était comme ça à cause de la situation sanitaire donc il fallait faire attention mais nous avons tenu aussi à célébrer ceux qui s’étaient engagés dans la lutte contre ce virus, contre le coronavirus, c’est-à-dire les mutoi, les agents des compagnies aériennes, les militaires, les agents du Pays, les agents de l’Etat. C’était aussi un moyen de dire qu’ils ont bien travaillé tout simplement. Tout en rappelant aussi le principe de cette grande fête républicaine. C’est une fête aussi même si c’était un côté moins festif bien évidemment aujourd’hui. C’était tout ce qui représente la solidarité républicaine, le vivre ensemble. C’est important aussi. »

Le ciel polynésien s’ouvre à nouveau. Des tests seront effectués sur les passagers avant l’embarquement puis à l’arrivée en Polynésie. Ces mesures seront-elles suffisantes pour éviter le départ d’une épidémie en Polynésie ou bien l’apparition de nouveaux cas est inéluctable ?
« Nous avons gagné la première partie de la lutte contre le covid-19, c’est-à dire éviter qu’il y ait une propagation du virus sur le territoire. Et maintenant il fallait ouvrir le territoire aussi parce que bien sûr il faut protéger, se protéger, protéger la population, mais il faut aussi permettre le redémarrage économique et notamment du tourisme. Donc il y a un équilibre qui est à trouver. Et cet équilibre on le trouve au travers d’un dispositif très rigoureux. On est un des rares territoires à le mettre en oeuvre de cette façon avec comme vous le disiez, des tests avant de partir, des tests après être arrivés ici, mais surtout, il y a un document qui est à remplir par l’ensemble des voyageurs, qui permet de les suivre. C’est donc à la fois tracer, savoir où vont aller les personnes, dans quelles conditions elles vont séjourner, c’est aussi tester quand c’est nécessaire, et ce sera isoler quand une personne sera détectée. Et on a pu profiter des vols de continuité territoriale notamment pour, je dirai, essayer de « tester », employons ce terme, tous ces dispositifs. Et d’ailleurs on a vu, lorsque, dans les vols de continuité territoriale, des personnes étaient détectées positives avant d’embarquer, elles ne venaient pas sur le fenua. Donc il y a moyen de se protéger.
Donc ces deux tests successifs vont permettre d’apporter le plus de garanties possibles pour nous permettre d’accueillir progressivement, parce que tout ceci va être progressif. Il ne va pas y avoir des masses de voyageurs qui vont arriver du jour au lendemain. Ça va nous permettre d’avoir cette série de barrières successives pour travailler, rouvrir notre territoire dans les meilleures conditions possibles. Vis-à-vis de la métropole, et vis-à-vis des Etats-Unis aussi parce qu’il fallait être particulièrement rigoureux vis-à-vis des Etats-Unis. »

Si de nouveaux cas devaient apparaître dans la population dans les semaines ou mois à venir, s’il y a une explosion du nombre de cas, est-ce que la Polynésie pourrait être reconfinée totalement ou partiellement ?
« On ne se place pas dans la perspective d’un reconfinement total. Les choses ont évoluées depuis le début de l’épidémie où, dans le monde entier on était confrontés à quelque chose qu’on ne connaissait pas. Il fallait réagir vite. Nous avons réagi vite en prenant des mesures fortes avec le président Edouard Fritch. Au travers des pratiques que nous avons mises en place, nous avons appris et ça signifie que nous serons en mesure d’adapter les mesures à la situation, c’est-à-dire quand je parle de « tracer, tester, isoler » les personnes qui arrivent ici et qui pourraient être touchées par la covid, ça signifie qu’on peut avoir des mesures beaucoup plus ciblées en fonction des situations que nous rencontrerons. »

« respecter les gestes barrières. Ça c’est absolument indispensable« 

Dominique Sorain, haut-commissaire de la République en Polynésie française

Malgré tout, la population s’inquiète de voir le virus faire son retour en Polynésie. Vous comprenez cette appréhension ?
« Bien sûr, il y a une inquiétude. On est dans le cadre d’une épidémie mondiale où il y a des millions et des millions de cas, où il y a eu des centaine de milliers de morts. C’est normal cette inquiétude. Après, il nous appartient de pouvoir aussi prendre les mesures pour rassurer la population, en matière de sécurité sanitaire, que ça reste notre objectif prioritaire. Mais il faut aussi que le Pays continue à vivre, d’un point de vue social, d’un point de vue économique et le monde entier est confronté à cette difficulté. mais ce que nous avons souhaité faire, en liaison très étroitement, et je tiens à le dire, ce sont vraiment des décisions communes que nous prenons, il s’agissait de s’entourer des plus grandes précautions possibles en matière d’accès de personnes extérieures, qu’il s’agisse de touristes ou de nos résidents qui reviennent ici au pays, ou des fonctionnaires qui sont affectés sur le territoire. Il faut prendre le maximum de précautions et aussi respecter les gestes barrières. Ça c’est absolument indispensable. Il faut qu’on se remobilise parce qu’il y a eu une petite démobilisation. Je comprends aussi parce que c’est le naturel polynésien d’accueil. I faut toujours accueillir de la meilleure façon possible mais avec des gestes barrières. »

Sur un plan financier, cette crise sanitaire a un impacte majeur sur les économies de la Polynésie. Le Pays se doit d’emprunter mais il semble peiner à obtenir des prêts auprès de l’Etat. Le gouvernement central a-t-il moins confiance dans l’économie locale ?
« Non il n’y a pas moins de confiance. Le gouvernement central aide l’ensemble des territoires. il y a déjà des mesures qui ont été mises en place ici en Polynésie par l’Etat. Ce sont les aides du fonds de secours pour les entreprises. Il y a eu 13 000 dossiers pour 2 milliards de Fcfp payés, il y a des prêts garantis par l’Etat qui ont été octroyés aux entreprises. 643 entreprises en ont bénéficié pour 31 milliards de Fcfp et le Pays va aussi bénéficier d’un prêt qui est en cours de discussion. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’autres interventions. Il s’agit de faire face aux besoins les plus urgents. C’est-à-dire qu’il faut mettre en place des mesures qui permettent d’assurer la trésorerie du Pays et de la CPS aussi. Les deux, pour faire en sorte qu’il n’y ai pas de difficulté de paiement. »

Si une réelle première vague devait toucher le fenua, est-ce qu’aujourd’hui, avec quelques mois de recul, nous avons les moyens humains et matériels pour assurer la prise en charge des malades ?
« Oui le Pays a un système de santé. le ministère de la Santé, l’hôpital ici ont mené un travail très important pour s’équiper en nombre de lits, en nombre de respirateurs, en testant de nouvelles méthodes de travail aussi avec une nouvelle organisation. Donc il y a eu une progression en terme d’équipement sanitaire, médical, hospitalier, pour faire face à cette situation. Il y a une prise en compte de tout ça. »

Dernière question, d’ordre politique : Emmanuel Macron a dû reporter sa visite en Polynésie compte-tenu de la situation : savez-vous s’il se rendra en Polynésie avant la fin de son mandat ?
« Il n’y a pas très longtemps, avec le président Edouard Fritch nous avons eu une visio-conférence avec le président Macron. Il nous a dit qu’il voulait venir à nouveau avant la fin de l’année en Polynésie française. Alors bien sûr, tout ceci dépend de l’actualité, du programme important du président de la République. Il y a même des dates comme la fin du mois d’octobre qui ont été évoquées. Rien n’est décidé encore. Rien n’est arbitré mais le président de la République veut venir en Polynésie française. »

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Sur les traces de l’empreinte carbone

L’empreinte carbone, on en parle beaucoup, mais de quoi s’agit-il exactement ? Un Polynésien émet en moyenne 3,8 tonnes de CO2 par an. Une empreinte en dessous de la moyenne nationale, mais qui ne vise pour l’instant que nos émissions directes. C’est-à-dire, sans tenir compte de l’acheminement des énergies fossiles. Or, loin de tout, la Polynésie affiche une très forte consommation d’hydrocarbures, notamment pour le transport terrestre, principal émetteur de gaz à effet de serre.

Taxer le sucre est-il efficace ?

Sodas, sirops, confitures, gelées et autres biscuits : plus aucun produit sucré n’échappe à la "taxe de consommation pour la prévention" sur le sucre. Même pas les importateurs, contraints de la répercuter sur les prix de vente. Applicable depuis le 1er janvier sur les jus de fruits et légumes avec sucres ajoutés, ou édulcorants de synthèse, cette taxe entend ainsi ratisser plus large. Mais pour l’association des diététiciens de Polynésie française, elle ne suffira pas à faire reculer l’obésité.

Coronavirus : le CHPF prêt à faire face

Il ne circule pas sur le territoire, mais les acteurs de santé se tiennent prêt à le recevoir. Rodé à l’exercice des épidémies, le CHPF nous a ouvert ses portes. Quel est le circuit pour un éventuel cas suspect et comment le patient est-il pris en charge si la contamination est confirmée ?

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