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Contre la violence chez les jeunes, la prévention et l’action collective

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Trois jours après l’agression au couteau d’un jeune collégien de Henri Hiro, l'heure est aux interrogations. Le Pays mène plusieurs actions pour accompagner et guider la jeunesse à travers la Délégation pour la Prévention de la Délinquance de la Jeunesse (DPDJ), qui lance une nouvelle opération de sensibilisation.

Publié le 13/10/2022 à 9:35 - Mise à jour le 13/10/2022 à 11:09
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Trois jours après l’agression au couteau d’un jeune collégien de Henri Hiro, l'heure est aux interrogations. Le Pays mène plusieurs actions pour accompagner et guider la jeunesse à travers la Délégation pour la Prévention de la Délinquance de la Jeunesse (DPDJ), qui lance une nouvelle opération de sensibilisation.


TNTV : Quelles sont les missions de la Délégation pour la Prévention de la Délinquance de la Jeunesse (DPDJ) ? En quoi les activités que vous proposez aux jeunes les guident?

Teiva Manutahi, chef de service de la DPDJ : “Dans nos missions, on a la promotion de la jeunesse, on a la prévention des risques de délinquance et on a comme mission de soutenir la parentalité. On ne peut pas penser le jeune sans sa famille et sans ses parents. On accompagne des jeunes qui vont bien, qu’il faut aider à aller encore mieux, et des jeunes qui vont un peu moins bien et qui peuvent avoir des comportements déviants ou violents. Eux aussi ont besoin d’aide. Eux aussi souffrent d’un traumatisme, qui peut être dû à des blocages, à une dynamique familiale un peu tendue. Parfois, une déception amoureuse dans un couple de jeunes peut conduire à des dépressions et à la manifestation de comportements difficiles à comprendre et à traduire”.

Vous les guidez notamment au travers d’activités le mercredi après-midi en centre-ville.

“En partenariat avec la mairie, les médiateurs, mais aussi la DTPN, on a mis en place un panel d’activité. L’année dernière c’était beaucoup plus axé sur le sport et le ludique. Cette année c’est beaucoup plus dans l’éducation à la citoyenneté, par la délivrance sur le parc Paofai d’une formation PSC1 (premiers secours, NDLR) avec la société fenua prev. Cela les engage à servir, et ça les fait monter en compétence lorsqu’ils vont postuler pour un emploi”.


Pour capter la jeunesse, la DPDJ ne manque pas d’idées. C’est aussi par le biais d’influenceurs que vous voulez faire passer des messages, c’est un bon moyen?

“Si on veut s’adapter, il faut comprendre la jeunesse. Les canaux utilisés aujourd’hui sont les réseaux sociaux, Tik Tok, Instagram ou Facebook. Pour que nos messages de prévention soient vus, sus et compris par l’ensemble de la population, on a pris la décision d’utiliser des influenceurs (Merehau par exemple)”.

“Pour éviter tout type de drame, il faut miser sur la prévention”

Teiva Manutahi, chef de service de la DPDJ

Les actions que vous menez portent leurs fruits, on l’a vu en centre-ville où la violence est beaucoup moins marquée qu’avant. En revanche, ce n’est pas le cas dans les établissements scolaires. Comment avez-vous réagi après cette agression au couteau sur un jeune de 13 ans?

“Mes premières pensées vont évidemment aux deux familles, aussi bien de l’auteur que de la victime. Je pense aussi au jeune lui-même, qui peut-être encore aujourd’hui s’interroge sur ce qui l’a conduit à faire cela. Nous avons signé depuis un mois avec la DGEE une convention permettant à mon service d’aller dans les établissements. Nous y allions déjà l’année dernière. Pour éviter tout type de drame, il faut miser sur la prévention”.

Est-ce suffisant selon vous?

“On serait tenté de dire que ce n’est jamais suffisant. J’ai envie de penser qu’on n’est pas seuls. Il faut s’appuyer sur les parents eux-mêmes, sur le tissu associatif, les confessions religieuses, le partenaire communal qui est un partenaire de proximité… Je veux penser qu’ensemble, on peut donner toutes les chances à notre jeunesse de réussir”.