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Comment lutter contre le trafic de drogue en Polynésie

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L’auteur de la course-poursuite du 28 novembre dernier est passé en comparution immédiate lundi 2 décembre au tribunal. Il encourt plusieurs années de prison après avoir forcé un barrage de police et blessé des agents de la DSP. Un fait rare au fenua que nous évoquons avec notre invité, le Directeur de la Sécurité Publique, Mario Banner.

Publié le 03/12/2019 à 11:35 - Mise à jour le 04/12/2019 à 15:06
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L’auteur de la course-poursuite du 28 novembre dernier est passé en comparution immédiate lundi 2 décembre au tribunal. Il encourt plusieurs années de prison après avoir forcé un barrage de police et blessé des agents de la DSP. Un fait rare au fenua que nous évoquons avec notre invité, le Directeur de la Sécurité Publique, Mario Banner.

Cette course-poursuite a particulièrement choqué. C’est une première du genre au fenua ?
« Effectivement, cet événement a particulièrement choqué les policiers ainsi que la population. À mon souvenir, ce que n’est la deuxième fois qu’on rencontre ce type de comportement. La première fois, c’était à Papara, il y a quelques semaines, avec 7 ou 8 gendarmes de blessés. Et donc là, ça s’est repassé à Papeete. »

Comment expliquez-vous cet acte ?
« Ce sont des cas isolés. Ce sont des gens qui sont complètement irresponsables. Ils vivent dans un autre monde. »

Deux fonctionnaires ont été blessés, comment se portent-ils ?
« Ils vont très bien, mais je tiens à préciser que le chauffard a forcé un barrage de la police municipale de Arue. Je salue par ailleurs le professionnalisme de nos amis policiers municipaux de Arue. Ensuite, il a percuté un fourgon tout neuf de la police nationale, ainsi qu’un motard qui a été éjecté. Heureusement que les dégâts corporels ne sont pas si graves que ça, c’est 6 à 8 jours d’ITT. Mais à peu de choses près, l’agent de la section d’intervention qui était intervenu directement sur l’intéressé alors que le fourgon arrivait, aurait pu se faire broyer les genoux. Vous imaginez un fonctionnaire qui se fait brouiller les genoux ? Il est fini à vie ce garçon-là ! C’est pour cela que ces choses-là qui se produisent sont complètement inadmissibles et irresponsables. »

Vous revenez d’Australie où vous avez participé à la réunion annuelle du Pacific Transnational Crime Network (PTCN). Vingt-et-un pays font partie de cet organisme dont la Polynésie. Il était important pour vous de lancer le débat sur l’ice, un vrai fléau dans le Pacifique Sud?
« Le PTCN est une structure internationale qui date de 17 ans déjà, et dont nous faisons partie. On s’aperçoit que l’ice qui est fabriqué entièrement dans le sud de la Chine dans la région de Guangzhou, empreinte deux voies internationales. La première, sur l’Australie, en direct, et ensuite l’Amérique centrale où les États-Unis s’alimentent. Nos ressortissants à nous vont aux États-Unis voire au Mexique pour acheter justement ce produit. Alors j’ai demandé à ce que ce soit inscrit à l’ordre du jour, la semaine dernière à Brisbane, ce fléau de l’ice, parce qu’à part la Polynésie, et bien-entendu la Nouvelle-Zélande et l’Australie, ce sont les îles Tonga et Fidji qui sont aussi touchées. Et encore, nous, on est au-dessus du lot par rapport à ces pays. Il faut absolument qu’au sein du PTCN, on puisse trouver une stratégie internationale qui consiste à empêcher ces produits d’intégrer la région Pacifique Sud. »

Est-ce que vous avez les moyens de lutter contre ce fléau aujourd’hui ?
« Je pense qu’avec l’appui des Australiens, des Néo-Zélandais, et de la France, on peut avoir les moyens, qui commencent déjà par un échange opérationnel de l’enseignement. C’est-à-dire que nous avons intégré un certain réseau qui s’appelle l’APAN qui nous permet de pouvoir obtenir les renseignements qu’on veut sur toutes les personnes, et surtout à tracer les individus que nous soupçonnons de trafic d’ice au même titre que les Australiens et les Néo-Zélandais. »

La situation est tellement critique que vous appelez même tout un chacun à en parler, car ne rien dire, c’est finalement se rendre complice….
« Au point où on en est, on est obligé d’en arriver là. La police, la gendarmerie, les douanes, ils ne peuvent pas tout faire. Donc j’en appelle à la responsabilité de tous. L’État s’y engage déjà, le Pays aussi puisqu’il veut même financer des formations pour les chiens. Je trouve ça très bien. Les associations, les confessions religieuses, s’engagent également. Mais surtout les parents. Ils ont fait des enfants, mais qu’ils regardent donc ce que leurs enfants font tous les jours. Je vous assure qu’il ne se passe pas un jour où on ne fait pas des contrôles où on ne trouve pas de l’ice et des pipettes sur des gamins de 15 ans. C’est tout à fait anormal. Tout comme le fait que des enfants, quelquefois, en pleine période scolaire, à 12-13 ans qu’on attrape en ville, et qu’on ramène chez leurs parents, ils nous envoient balader en nous disant ‘gardez-les chez vous !’. Mais je n’ai pas le droit de garder des enfants mineurs au commissariat de police. Et la responsabilité des parents alors ?! On va où là ?! (…) Il faut en parler. On ne peut faire tout tout seul. On ne peut pas mettre un policier, un gendarme, un douanier, derrière chaque cocotier ! »

On a vu que les trafiquants n’hésitaient pas à faire transporter la drogue in corpore. Ce mode de transport peut avoir de graves conséquences ?
« C’est ce qu’on appelle les mules. Ils s’enfoncent dans l’anus des ballons en plastique qu’on donne aux enfants pour les fêtes. Cela peut monter jusqu’à 25 ballons, donc c’est assez volumineux. Il y a des risques qu’il y a des poches qui se déchirent et il peut y avoir une mort instantanée, comme cela s’est passé en début d’année : un ressortissant polynésien est mort car un ballon avait explosé justement. »

Les fêtes de fin d’année approchent. Un mot sur la sécurité qui sera mise en place durant cette période ?
« La sécurité routière est l’un des grands sujets qui a été retenu par le Conseil territorial de prévention de la délinquance, donc nous augmentons nos contrôles. Et bien-entendu, comme à chaque Noël et au jour de l’An, nous multiplions tous nos contrôles, y compris sur réquisition du Procureur de la République qui nous permet également d’ouvrir les coffres des véhicules, où bien souvent, on a des surprises. »

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Sur les traces de l’empreinte carbone

L’empreinte carbone, on en parle beaucoup, mais de quoi s’agit-il exactement ? Un Polynésien émet en moyenne 3,8 tonnes de CO2 par an. Une empreinte en dessous de la moyenne nationale, mais qui ne vise pour l’instant que nos émissions directes. C’est-à-dire, sans tenir compte de l’acheminement des énergies fossiles. Or, loin de tout, la Polynésie affiche une très forte consommation d’hydrocarbures, notamment pour le transport terrestre, principal émetteur de gaz à effet de serre.

Taxer le sucre est-il efficace ?

Sodas, sirops, confitures, gelées et autres biscuits : plus aucun produit sucré n’échappe à la "taxe de consommation pour la prévention" sur le sucre. Même pas les importateurs, contraints de la répercuter sur les prix de vente. Applicable depuis le 1er janvier sur les jus de fruits et légumes avec sucres ajoutés, ou édulcorants de synthèse, cette taxe entend ainsi ratisser plus large. Mais pour l’association des diététiciens de Polynésie française, elle ne suffira pas à faire reculer l’obésité.

Coronavirus : le CHPF prêt à faire face

Il ne circule pas sur le territoire, mais les acteurs de santé se tiennent prêt à le recevoir. Rodé à l’exercice des épidémies, le CHPF nous a ouvert ses portes. Quel est le circuit pour un éventuel cas suspect et comment le patient est-il pris en charge si la contamination est confirmée ?

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