jeudi 28 octobre 2021
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Christelle Lehartel : “La continuité pédagogique ne peut pas durer très longtemps. On a besoin d’une présence”

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À la veille de la rentrée et après une longue période sans école en présentiel au fenua, la ministre Christelle Lehartel fait le point.

Publié le 19/09/2021 à 12:08 - Mise à jour le 19/09/2021 à 12:09
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À la veille de la rentrée et après une longue période sans école en présentiel au fenua, la ministre Christelle Lehartel fait le point.

En dehors de quelques jours en août, les élèves n’ont pas mis les pieds à l’école pendant 4 mois quasiment. Que prévoyez-vous pour leur remettre le pied à l’étrier ?
“Effectivement à la rentrée au mois d’août, nos enfants ne sont venus qu’une semaine pour leur rentrée. Ensuite nous avons eu quand même trois semaines de continuité pédagogique. Donc on ne peut pas dire que les enfants étaient complètement détachés de l’école puisqu’ils ont eu quand même cette continuité pédagogique. Cette fois-ci pour cette rentrée de lundi, un dispositif spécial va être mis en place puisque nous avons demandé à nos équipes pédagogiques de faire une rentrée particulière puisque nos enfants ont vécu aussi une période particulière lors de cette continuité pédagogique.”

On sait que la continuité pédagogique est inégalitaire. C’est plus facile de travailler à la maison quand on a un ordinateur, une imprimante et une bonne connexion par exemple. Comment comptez-vous réduire ces écarts sociaux et scolaires provoqués par le confinement ?
“Comme je l’ai dit la dernière fois, suite au retex (démarche d’analyse a posteriori de la gestion d’un événement, NDLR) que nous avons fait par rapport à la crise sanitaire de l’année dernière, nous avons effectivement constaté que beaucoup d’enfants étaient inégaux par rapport à leur continuité pédagogique dû au manque d’outils numériques. Du coup cette fois ci, pour égaliser un peu tous les contenus et les compétences de chacun, nous avons beaucoup œuvré sur les livrets papier que nous avons pu remettre directement aux enfants. Donc nous avons essayé de combler un peu ce manque là par rapport à tous nos élèves. Et comme je le disais tout à l’heure, on va reprendre calmement la semaine prochaine, avec beaucoup de bienveillance, avec beaucoup de tolérance. Et nos enseignants sont prêts.”

Ça c’était pendant la continuité mais maintenant qu’ils vont revenir à l’école, est-ce qu’il y a des mesures que vous avez mises en place pour les remettre à niveau ?
“Que ce soit au niveau pédagogique, scolaire et sanitairement parlant, nous allons continuer à être très très vigilants par rapport à tout ce qui est hygiène, encadrement dans les salles de classe, dans les établissements scolaires. Et au niveau du scolaire, vous savez, il faut faire confiance à nos enseignants. (…) On l’a bien vu, la continuité pédagogique ne peut pas durer très longtemps. On a besoin d’une présence. Et surtout on s’inquiète pour nos enfants qui sont éloignés du monde scolaire. Que ce soit nos enfants, nos familles, ce n’est pas donné à tout le monde on l’a vu. Mais faites confiance à nos enseignants. Nos enseignants sont prêts puisqu’ils ont travaillé encore même pendant leurs vacances avec leurs équipes de manière à accueillir le mieux possible nos élèves pour la rentrée.”

Vous avez dit que le confinement précédent avait provoqué du décrochage. Que dites vous ce soit aux parents et aux enfants qui ont lâché les apprentissages et n’ont pas envie d’y revenir ?
“(…) Je crois que l’école, quel que soit le Pays où on est, est une institution très importante pour l’avenir d’un pays, pour l’avenir de la jeunesse. (…) Pour faire avancer l’économie d’un Pays, la base c’est l’éducation. Donc revenez à l’école. On le sait tous, tout se construit à l’école. L’enfant se construit à l’école. Le futur adulte se construit à l’école. Et nous avons tous besoin d’une base d’éducation.”

Il n’y a eu aucun test, aucune note depuis la rentrée. C’est le retour des leçons mais aussi des contrôles ?
“Non justement. Cette fois-ci on a demandé expressément à nos enseignants qu’il n’y ai pas du tout de contrôle, pas d’évaluation. Certes, les enseignants ont récolté tous les livrets scolaires qui ont été distribués pendant cette continuité pédagogique. Il y a eu un suivi numérique. Ils vont reprendre petit à petit tout ce qui a été abordé pendant cette continuité pédagogique. Les évaluations se feront vers la fin de cette période, fin octobre, juste avant les vacances de Toussaint.”

Et comment cela va-t-il se passer pour toutes les classes en contrôle continu pour le bac, le brevet ?
“Pour l’instant rien ne change. Le contrôle continu va se faire pour les classes à examen. Pour l’instant, rien ne perturbe l’élaboration et le passage de nos enfants aux examens.”

Un mouvement de grève devrait affecter les transports en commun à Tahaa le jour de la rentrée. Y êtes-vous préparés ?
“Bien sûr qu’on est préparés. Ça a été une surprise. Ça m’attriste parce que nous sommes en train de mettre tous les moyens en place pour que cette rentrée se passe dans de bonnes conditions, et voilà que cette nouvelle de Tahaa arrive. Alors, je suis triste parce que certes, ils me disent des choses n’ont pas été payées. Mais comment voulez-vous que j’honore des factures pour des services qui n’ont pas été faits ? Même si je le voulais, je ne peux même pas honorer leurs factures. Certes, il y a encore des discussions qui vont être en cours parce que, de ce que j’ai compris, dans leur situation, ils rencontrent une situation économique puisque les transporteurs de Tahaa ne travaillent qu’avec l’école. C’est leur seule activité. Une tristesse parce que eux mêmes vont bloquer l’arrivée de leurs enfants à l’école. Mais je pense qu’on pourra trouver une solution. On va discuter et si réellement ils ont des problèmes économiques, ensemble on pourra résoudre leur situation. (…) Je fais appel à leur bon sens. J’aimerai bien que, vraiment, pour la population de Tahaa, qu’ils aillent récupérer les enfants lundi matin et qu’ils les accompagnent à l’école comme ils ont eu l’habitude de faire et comme ils doivent le faire, comme cela a été dit dans leur convention signée avec la DGEE.”

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